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IITRODVCTIOI.
J'ai traduit le présent livre d'un récit très-exact et très-véridique qui nous est venu du pays de Cooper et de Washington- Irving. Paris est le sujet de ce thème varié à Tinfini , et si vous me demandez : A quoi bon un pareil livre? je vous demanderai, à vous y ma belle dame , qui me lisez : A quoi bon un miroir ? Ce livre est écrit pour que Paris puisse y découvrir, en souriant d'un air fin, comme il sourit à toutes choses, ses plus beaux monuments , ses plus riches demeures , ses plaisirs de chaque jour, ses fêtes de chaque soir. — Et d'ailleurs, l'auteur original de ce récit, qui est un homme très-versé dans les beauxarts, un observateur bienveillant et cependant subtil, et moi son très- humble traducteur, tout comme j'ai eu Thonneur d'être le traducteur de Sterne, nous ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes dans cette histoire écrite en courant. — Non, Dieu merci! lui et moi nous ne serons pas livrés à nos propres forces pour saisir cette image changeante et mobile du monde
parisien. D'autres descripteurs plus experts que nous deux,
Il INTRODUCTION.
d'autres historiens plus fidèles, les plus habiles graveurs de Londres et un très-ingénieux dessinateur de Paris , se sont misa l'œuvre afin que nous puissions rencontrer plus facilement le fidèle reflet que nous cherchons. Donc, soyez favorables à ce livre écrit au delà des mers, gravé à Londres, traduit et dessiné à Paris.
Je vous dirai peu de choses de l'écrivain original, car il a mis dans son voyage beaucoup de sa bonne humeur, de son esprit, de sa bienveillance naturelle. Il était jeune encore lorsqu'il vint à Paris , pour y laisser le trop-plein de sa fougue et de sa jeunesse. La chose ne fut pas si facile qu'il l'avait cru d'abord; mais enfin, à force de zèle et de persévérance, et de nuits passées au bal de l'Opéra , et de jours consacrés à l'éternelle fête parisienne, à force d'argent jeté çà et là, au hasard, comme il faut jeter l'argent pour qu'il vous rapporte quelque peu de variété d'intérêt et de plaisir, notre jeune homme eut bientôt revêtu le vieil homme. Il était arrivé à Paris un Parisien évaporé, tout disposé aux plus vives folies ; il en sortit un grave Américain , tout préparé aux calmes et tranquilles honneurs que la mère patrie tient en réserve pour les fils de sa prédilection. — Ce que nous pouvons vous dire de plus net sur notre voyageur, c'est que son observation était calme, sa volonté ferme , son étude pleine de sens; c'est qu'il avait en lui-même l'instinct des observateurs habiles; c'est qu'enfin il avait laissé à la porte même de la cité parisienne la froideur nationale, pour obéir à l'enthousiasme passionné des grandes choses et des beaux-arts. — Mais quoi! je suis bien bon de me perdre dans tous ces préliminaires , comme si, à la page suivante, vous n'alliez pas en savoir autant que moi sur notre auteur !