‹ Un hiver en LaponieChapitre 11 sur 228 · LE ROI CHEZ LE FERMIER · texte numérisé non relu

LE ROI CHEZ LE FERMIER

Tofte, car les fermiers et leurs femmes donnent toujours l'exemple de l'activité et de l'industrie. Après le déjeuner on distribue les travaux pour la journée, ettout sepasse conformément aux prescriptions : l'égalité des coutumes sociales ne donne à personne le privilège de négliger un devoir. Le diner est servi à onze heures. Le fermier découpe, et sa femme, ou la ménagère, met devant chacun un morceau de galette et une portion de beurre. On a toujours des pommes de terre au dîner. A cinq heures, troisième repas; quant au quatrième et dernier, il consiste invariablement en grot (maïs épais) et on le prend toujours entre sept et huit heures du soir. Vers cinq heures/et même plus tôt, les filles font leur toillette, s'installent à la cuisine, et tissent, filent, tricotent ou cousent. A huit heures, au plus tard à neuf, chacun est au ht. Au-dessus du parloir il y avait une grande chambre à coucher, fort propre, contenant un lit ayant la forme d'un tonneau. Dans un coin j'aperçus la couronne d'argent qui avait servi à bien des fiancées de la famille Tofte. Cette chambre n'étant destinée qu'aux invités, me fut assignée. Dans le hall supérieur, des robes et des vêtements en fourrures pendaient aux murs.

Des fenêtres la vue était particulière, les fermes et leurs bâtiments, formant chacune un groupe que la neige faisait paraître encore plus sombre, et sur les montagnes, de l'autre côté delà vallée, les saeters ressemblaient à des taches blanches ou à d'énormes blocs erratiques. Quand je me retirai pour la nuit, Thord, accompagné de deux servantes, m'escorta jusqu'à ma chambre pour voir si elle était chaude et si rien n'y manquait. Sa première parole, le lendemain matin, fut pour me demander si mon lit m'avait semblé bon et si j'avais bien dormi. Je déjeunai seul, car Thord mangeait à six heures avec ses garçons de ferme. Une charmante fille me servit du lard frit, du mouton, des pommes de terre, du beurre, du fromage, du lait et de l'excellent café.

Quand vint le soir, je m'assis avec toute la maisonnée dans la cuisine autour du feu dont la vive flamme éclairait toute la pièce. Le rude travail était fini, et, comme nous nous trouvions encore dans les fêtes de Noël, les gens de la ferme portaient leurs plus beaux habits. Le plancher de la cuisine avait été lavé et tout reluisait de propreté; un tas de bois à brûler était jeté dans un coin et nous devions avoir une

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danse. On soupa plus tôt que de coutume, puis des voisins vinrent

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nous rejoindre. J'eus quelque peine à décider les filles à chanter. Voici quelques-unes de leurs chansons :

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PER ET USA Lisa était inflexible et dit à Per :

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ci A quoi bon me faire la cour ? •

Si quelqu'un me courtise, je ne l'écouterai pas ;

KO —

Non, jamais, en ce monde ! »

Oh ! par la croix, en est-il ainsi?

Ha! ha! ha! ha!

Ce chant est vraiment facétieux.

Quant à Per, il renifla, et dit à Lisa: « R est inutile que tu te rengorges ;

Jamais je ne me donnerai de mal Pour toi ni pour d'autres filles. »

Oh ! par la croix en est-il ainsi?

Ha! ha! ha! ha!

Ce chant est vraiment facétieux.

Per et Lisa se quittèrent maussades,

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Et je ne sais où ils allèrent ;

Cependant, avant la tin de l'année,

Ils ne manquèrent pas de s'épouser.

Oh 1 par la croix, en est-il ainsi ?

Ha! ha! ha! ha!

Ce chant est vraiment facétieux.

h-1 = UD =

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