MONTAGNES ET GLACIERS
un pic çà el là, impressionnant bien plus par leur immensité que par leur hauteur et leur aspérité. En Norvège, les vallées sont moins nombreuses et séparées par de larges masses de montagnes, généralement creusées par les glaces. En Suisse, d'étroites chaînes divisent une vallée de l'autre.
Pour arriver aux Jolun depuis Lom, il faut gravir le Baeverdal, par une route carrossable, mais raboteuse, jusqu'à la ferme de Rosheim, située sur le bord de la furieuse Baevra. Cette vallée est fermée au nord par la chaîne de montagnes appelée Loms-Eggen, et au sud par la Galdhoerm. Les parties basses des rampes environnantes sont couvertes de bouleaux entremêlés de sapins.
En examinant l'inclinaison des montagnes, l'étranger peut se figurer les dangers que font courir aux habitants île ce district les avalanches, ou éboulemcnls de neige, qui sont assez fréquentes. De petites huttes en pierre, sortant à peine du sol, et protégées par des monticules ou par la configuration du terrain, ayant quelquefois une petite fenêtre pour recevoir le jour, ont été construites comme places de refuge.
Rosheim est près de la Visdal. Celte vallée est flanquée des deux côtés par de hautes montagnes, des champs de neige et de glaciers; à l'est, le pic de Glittertinden s'élève orgueilleusement au-dessus de la mer; à l'ouest, c'est le majestueux Galdhopiggen, divisé par deux abîmes en trois pics, presque entourés par des murs sombres, insurmontables, autour desquels s'étend une mer de neige.
De la Visdal, l'ascension jusqu'au sommet du Galdho est comparativement facile. A environ 4 milles anglais, on rencontre des saeters à une hauteur de 2,775 pieds au-dessus du niveau de la mer; le sentier monte jusqu'à ce que cesse la végétation du bouleau commun, que remplace celle du bouleau sauvage el du saule. Ceux-ci disparaissent à leur tour quand on approche de la limite des neiges. Après un piétinement fatigant sur la neige, la glace et les roches, on atteint le Galdhopiggen, qui s'élève de plusieurs centaines de pieds au-dessus de tous les autres pics. Une mer de glaciers neigeux forme sa base. 11 y a de terribles précipices vers le Styggebraeen, et l'on voit des abîmes el des tissures dans les masses de glace. Le Galdhopiggen a l'air d'une ronde coupole de neige, dominant tout et bordée de précipices presque de tous côtés. La vue est superbe: vers l'horizon s'étend un panorama inoubliable;
au Nord, chaîne après chaîne , le Romsdalshorn , les montagnes de Dovre et de Snehaetten ; vers l'Est, les monts Rundernet-Oslerdal ; à l'Ouest, leHorung, et, à travers la Visdal, l'étincelant Glitlertindenavec des champs de neige et des glaciers dans toutes les directions ; au Sud, les Jotuu et leurs pointes sauvages, tranchantes, pyramidales.
L'entrée de la Leiradal est à peu de milles à l'ouest de Rosheim, par la vallée de Baeverdal. A l'Est, elle est ilanquée par le Galdhopiggen et, à l'Ouest, par le Veslelïelds. Près du sommet, il y a un petit lac entouré de bords rocheux. A une faible distance, on aperçoit Kirken, montagne de forme bizarre qui semble avoir une ceinture autour de son sommet. Au-dessous, le beau lac de Leira-Yand ; nous suivons ses contours et, en traversant une crête qui divise le déversement des eaux, nous arrivons à deux petits lacs qui coulent vers le Gjendin-Vand. Ici, des masses de rochers de toute taille et de toute forme sont empilées à gauche les unes sur les autres, tandis qu'à droite on voit des montagnes sourcilleuses couvertes de neiges et de glaciers.
Bientôt après, nous arrivâmes au lac Lang, qui a environ 5 milles de long. Sur le côté gauche, de beaux pâturages, où le bétail des saeters venait paître, réjouissaient la vue ; tandis que, sur l'autre, l'œil était frappé par les montagnes de Skarvdal avec leurs glaciers s'élevant à une hauteur de 6,140 pieds. Le grondement du vent, les chutes d'eau et les torrents, ainsi que le lieurt des vagues qui frappent contre le bord, résonnent lugubrement lorsqu'on les entend par un ciel gris et couvert. La nature est calme et solennelle; durant le court été, la voix seule de la fille du saeler vient rompre de temps en temps le silence de ces solitudes.
Le Lang-Vand tombe dans un autre lac, en cascade de 70 à 100 pieds de hauteur. Bien au-dessous passe la vallée d'Aadal ; la descente pour s'y rendre est rapide sur un sol diluvien ; on y voit encore une fois l'herbe, le bouleau nain, le genévrier et le saule; enfin on atteint le lac Gjendin. Dans ce lieu solitaire, on a bâti un pauvre petit saeter à côté duquel se trouve une maison en baliveaux appartenant à la sociélé des touristes (Turislforening), où ses membres peuvent trouver un refuge. Les montagnes qui llanquen! le poinl septentrional, couvertes de neiges ei de glaces perpétuelles, présentent un spectacle magnifique : a leur pied esl situé le ftusvand. La nature s'v