‹ Un hiver en LaponieChapitre 190 sur 228 · LE CHATEAU DE RABELOF · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DE RABELOF

avant l'époque stipulée, le domestique peut réclamer tout le montant convenu, avec l'équivalent de sa nourriture et de son logement; de même que, si le domestique s'en va, il est condamné à une amende et forcé de retourner chez son maître. Ce rigorisme produit un heureux effet, en ce qu'il assure un bon service au maître, et à l'employé un bon traitement.

La vie domestique de la grande partie des propriétaires de ces grands domaines est encore primitive, et, sous bien des rapports, ressemble à la manière dont on vivait au moyen âge. L'étranger est frappé de l'air de confort qui règne partout. Les propriétaires fonciers font chez eux à peu près tout ce qu'ils veulent. Depuis le maître et la maîtresse jusqu'au plus humble serviteur, chacun se caractérise par des habitudes industrieuses. Plus est grand le domaine ou la ferme, plus la maîtresse doit présider à l'économie du ménage, et jamais elle ne considère ce devoir comme une dérogation à sa dignité.

Auprès du manoir de Rabelof est la maison économique (nom donné au corps de bâtiment où l'on se livre aux industries domestiques), construction en granit, dans l'une des chambres de laquelle sont installés trois métiers. Une femme, tisseuse expérimentée, est engagée à l'année pour surveiller l'ouvrage. Lorsque j'entrai dans cette chambre, elle tissait une belle grande nappe en toile ; une autre de ses aides faisait une couverture de toile pour un tapis, et la troisième était occupée à la fabrication d'un drap grossier pour les lits des ouvriers. On récolte dans la ferme le lin et le chanvre. Des personnes étaient aussi employées à filer de la laine, et à tisser du drap et des tapis, avec de la laine provenant de la ferme. Il y a aussi une brasserie où une femme fait de la bière; quand elle n'est pas occupée à ce travail, elle tisse. Le houblon se récolte sur le domaine. Une boulangerie est également alimentée avec de la farine faite à la maison. On calcule avec soin le montant des provisions d'hiver nécessaires pour le ménage, afin de n'en être pas à court; mais les revenus de la vente des produits du potager et des vergers sont grands, et fournissent les épingles pour la femme.

Le domaine d'Araslof, appartenant au comte Hamilton, est situé à à une" faible distance au nord-ouest de Christianstad. C'est un des plus grands delà Scanie, partagé en plusieurs fermes bien cultivées et fertiles. A 14 milles au Nord, se trouve le domaine de Wanas, avec un

beau vieux château datant de 1566. Il est entouré de jardins et de bois. Parmi les tableaux remarquables qu'il contient, je citerai un EcceHomo, de Guido Reni.

^SisOS

Costumes de Jerrestad.

La région sablonneuse ei monotone qui entoure Ahus l'ait place, à quelques milles au Sud, à un paysage qui, sous tous les rapports, peut se comparer avec les parties les plus favorisées de la Scanie. Maltesholm est un des plus beaux biens transmis à la famille La Gardie, dont on voit les armes clans beaucoup d'églises et de châteaux qui appartenaient

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