‹ Un hiver en LaponieChapitre 67 sur 228 · HUTTES ET LAPONS · texte numérisé non relu

HUTTES ET LAPONS

J'appréciai dignement le luxe d'une vie élégante et civilisée après ma rude existence hivernale.

Auprès de Nyborg on voit des habitations de Lapons maritimes sur la cime d'un monticule. Nous allons, si vous le voulez bien, entrer dans une gamme — ainsi qu'on appelle les huttes en gazon des Lapons appartenant à Mattis (Mathias) Johnsen Laiti ; — maison longue, étroite et basse, construite entièrement en mottes de gazon. Elle était divisée en trois chambres; on y entrait, par une porte en bois, ouverte dans la chambre centrale, dans laquelle les vêtements étaient pendus suides perches, avec des tas de bois à brûler et des monceaux d'herbes marines. La famille se tenait dans la chambre à gauche, d'environ douze pieds de long sur dix de large. Le plancher se composait de dalles plates; dans un coin, on avait fait un lit de branches de bouleau maintenues ensemble par de grands morceaux de bois. Au pied du lit reposait une petite vache, et une autre dans le coin opposé ; ces animaux n'avaient pas plus de trois pieds de hauteur. La femme, assise sur le lit, était vêtue d'une chemise en laine grossière avec de longues manches, un pantalon de laine, des souliers lapons, et coiffée d'un bonnet bizarre en forme de casque. Un veau se reposait entre la vache et le lit; trois moutons et deux petits enfants composaient la famille, dont le chef était absent. Tout me parut scrupuleusement propre, et un petit chêneau recevait les déjections du bétail. La structure de la maison ressemblait à une tente ; une solide charpente en perches soutenait le toit gazonné, au milieu duquel, sous l'ouverture faite pour la fumée, il y avait quatre traverses auxquelles était attaché un énorme pot de fer plein d'herbes marines couvertes d'écorce de bouleau. L'herbe marine cuisait pour les vaches ; j'y goûtai et je ne la trouvai nullement salée. Le bétail, dans celte partie du monde, mange du crottin de cheval, du poisson cru, des têtes de poisson séchées et bouillies, de l'herbe et des lichens bouillis. Le reste de l'ameublement consistait en quelques chaudrons, un pot à café, une lampe et des armoires. Ces huttes en gazon durent de dix à douze ans, mais elles exigent de fréquentes réparations.

Non loin de la gamme de Mattis, existait une petite ferme appartenant à Mikel Iversen, lequel passait pour être à son aise. Le bâtiment, long et étroit, était construit partie bois et partie en gazon.

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Dans la maison en bois se trouvaient le parloir, la cuisine et la

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chambre à coucher; le toil se composait de madriers couverts en écorce de bouleau sur laquelle on avait mis de la terre. Le bétail se

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