LONGÉVITÉ DES HABITANTS
démontre qu'il est à la hauteur des exigences de sa vie. Il est de stature courte, bâti solidement et pourtant légèrement, avec des membres robustes qui lui permettent de gravir, de sauter et de courir très vite.
Les hommes et les femmes conservent leur activité jusqu'à un âge très avancé. Leur vie au grand air et leurs courses perpétuelles à pied conservent l'élasticité à leurs muscles; leurs habitudes simples, l'air sec, vif et fortifiant, l'eau pure (sans un atome de chaux), tout contribue à assurer la longévité à ceux qui ont pu traverser sans encombre les sévères épreuves de l'enfance. Beaucoup atteignent un très grand âge; quelques-uns ont plus de cent ans. Quand jetais chez eux, en 1873, j'ai vu des Lapons qui étaient nés en 1773 — 1775. Bien que les Lapons vivent surtout de chair, on trouve dans leurs katas de la farine d'orge dont ils se servent pour faire des bouillies, du pain non levé, ou du pudding au sang. Ils mêlent souvent de l'oseille (Ruiner) à leur lait. Ce sont de grands buveurs de café, et des fumeurs et priseurs invétérés. Le vice d'ivrognerie, si prédominant chez eux autrefois, a presque entièrement disparu aujourd'hui; mais, lorsqu'ils vont à la ville et qu'ils peuvent se procurer des spiritueux, ils l'ont généralement une ripaille pendant un jour ou deux.
En Norvège, la première instruction chrétienne a commencé parmi les Lapons vers 1640; dans le Varanger méridional, un maître d'école, nommé lsaac Oison, après de grandes difficultés, n'a pu convertir les Lapons de ce district qu'en 1703. Heureux et content de son sort en ce monde, doué par la nature de sentiments religieux qu'un pays stérile et solitaire contribue à accroître, le Lapon croit en Dieu, en sa Bible, en Jésus-Christ comme fds de Dieu, et à une vie future. Dans ces déserts lugubres, il fait entendre ses chants de louange et ses prières, avec une foi qui ne cesse que quand la mort l'a pris, el il quitte cette terre avec joie pour aller dans un « monde meilleur ».