‹ Un homme libre (volume 2)Chapitre 1 sur 52 · Un homme libre · texte numérisé non relu

Un homme libre

. riences que je note ici, elles ont systéma- tisé leur vie ; ou, n’en ayant pas le goût, Iles neme comprendront pas. Dansl’un et

Les collégiens sont à peu près les seuls Mo. os puisse plaindre. Encere la

s qui empoisonnent la vie des autres. |

RSS UN HUMME LIBRE

Nous autres adultes, nous nous isolons, + nous nous distrayons selon le système qui nous paraît convenable. Au collège, ils » k sont soumis à une discipline qu'ils n’ont pas choisie; cela est abominable. J’ai ee = levé avec piété, depuis six à sept ans, les Si noms des enfants qui se sont suicidés.. + C’est une longue liste que je n’ose pas pu- à blier. J'aurais aimé dédier à leur mémoire « ce petit livre, mais ilm’a paru que j'irais contre leurs intentions, en répandant leurs Le noms dans la vie.

S'ils m'avaient lu, je crois qu'ils n’auraient pas pris une résolution aussi-extrème.CGes âmes délicates et paresseuses étaientévidemment mal renseignées. EIk crurent quil y à du sérieux au monde Elles attachaient.de l'importance à cinq ou six choses : en ayant éprouvé du désa- “NS elles reculèrent. hors de la vie |

vons, avec unpeu d'habileté, les avoir toutes sur un même objet. Ainsi nous amoin- 4 drissons nos mortifications à penser qu’elà les sont causées par rien du tout, et nous * arrivons à souffrir très peu.

| C’est en détaillant ces principes, et -en . les illustrant de petits exemples empruntés à l'ordinaire de l'existence que mon livre, je crois, est appelé à rendre service.

Quelques amis que j'ai dans la politique - m'ont affirmé qu'aux siècles derniers les 4 esprits de notre race, je veux dire les es- prits religieux, se plaisaient déjà à faire . des prosélytes. Ils enfermaient parfois les 3 esprits épais dans une chambre de fer

l'autre pied, jusqu'à ce qu'il eût modifié sa Ce. de l'univers. Cest : ainsi: .

CE

de notre RARE perpétuelle. Nous ne pe.

savons sur quel pied danser. TS S

Dans cette disgrâce je goûte un plaisir réel. Chercher continuellement la paix et le bonheur, avec la conviction qu'on ne les trouvera jamais, c'est toute la solution que je propose. Il faut mettre sa félicité dans les expériences qu’on institue, et non À dans les résultats qu’elles semblent promettre. Amusons-nous aux moyens, sans 4 souci du but. Nous échapperons ainsi au malaise habituel des enfants honorables, qui est dans la disproportion entre l'objet + qu'ils rêvaient et celui qu'ils atteignent. ‘

dans une position sociale. C’est d'une petite âme. Cependant qu'il eût été heureux, | s'il evait suivi ma méthode! s’égayant de …

n'ait pas pris de plaisir à ses avatars. Pour moi qui vais parmi les hommes, le cœur % défiant et la bouche dégoûtée, j'hésiterai perpéiuellement entre les rêves de Paturot et ceux dès mystiques. Les uns et les autres comme moi s’agitent, parce que l'ordinaire de la vie ne peut les sa-

.. lisfaire. Mais j'ai souvent pensé qu'entre tous Ignace de Loyola avait montré le plus de génie, et je le dis le prince des psychologues, parce qu'il déclare à la dernière ligne de ses Exercices Spirituels, ou suite de mécaniques pour donner la paix à l'âme : «Et maintenant le fidèle n’a plus qu’à recommencer. »

Cela est admirable. Vous travaillez depuis des mois à {rouver le bonheur, vous pensez l'avoir enfin conquis; c’est quand vous le désiriez si fort que vous l'avez le | “à plus approché; recommencez maintenant. 3 __ Faisons des rêves chaque malin, et avec une extrême énergie, mais sachons qu’ils n’aboutiront pas. Soyons ardents et

sceptiques. C’est irès facile avecle joli tempérament que nous avons tous au- be jourd'hui. |

Cetteméthode. je l’aiexposéeetjustifiée, je crois, dans la fiction qu'on va lire. IL m'aurait plu de la ramasser dans quelque symbole, de l’accentuer dans vingt-cinq feuillets très savants, très obscurs et un peu tristes ; mais soucieux uniquement de

tiens à la forme la ‘æ Me qu'on puisse imaginer : un journal.

Page 1