‹ Un homme libre (volume 2)Chapitre 49 sur 52 · VAE · texte numérisé non relu

VAE

un début. SUR

EE

« Mon cher ami,

« Vous êtes entré dans une carrière régulière ; vous utiliserez notre dédain, qui nous : conduisit à Jersey, pour en faire de la mor- gue de haut personnage; notre clairvoyance, quifitnoslongues méditations,deviendra chez vous un scepticisme de bonton;notre misanthropie, qui nous sépara, une distinction et une froideur justement estimées de ce monde sans déclamation où vous êtes appelé à réussir. Nul doute que vous n’arriviez à proscrire F . : pourdes raisons supérieures ce quele vulgaire 3 proscrit, et à approuver ce qu’il sert. Cer- taines natures avec leur fine ironie s’accom- __modent à merveille; quoique pour des rai-

sons très différentes, du vulgaire bon sens.

à mille choses faciles que j'étais n mépriser toujours, ne vous étonne Croyez que je demeure celui que avez connu, mais poussé à un tel poi les attitudes mêmes que nous esti jadis, je les dédaigne, car vis-à-v rêves que j'entrevois, un peu plus, moins, c’est bien indifiérent. Et ce eux-mêmes n’ont pas grande impo parce que je mourrai un jour, par je ne suis pas sûr que dans cette vie elle-même mon idéal d’aujourd” demain mon idéal, enfin parce que n'avoir une idée claire qu’à de rares valles, au plus deux heures par jo mes bonnes périodes. — En consé j'ai adopté cinq ou six doutes très l'importance des parties les meill

mon Moi. . .

« L’évidente insignifiance de toutes les postures que prend l'élite au travers de l’ordre immuable des événements m’obsède.

Je ne vois partout que gymnastique. Quoi que je fasse désormais, mon ami, jugez-moi d'après ce parti pris qui domine mes moindres actes.

« Il est impossible que nous cessions de nous\intéresser l’un à l’autre; il est probable cependant que nous cesserons de nous écrire. Cela ne vous blessera pas. Mon cher Simon, vous savez si je vous aime ; en réa- | lité, nous sommes frères, de lits différents, ajouterai-je pour justifier certaines différences de nos âmes. Nous avons une partie de notre Moi qui nous est commune à l’un et à l'autre; et c’est parce que je veux être étranger même à moi que je veux m'éloigner de

vous. Alienus ! Étranger au monde extérieur,

étranger même à mon passé, étranger à m instincts, connaissant seulement des ém tions rapides que j'aurai choisies : vérit

blement Homme Libre! »

Cette lettre écrite, je réfléchis que ce désir d’être compris, ce besoin de me raconter, de trouver des esprits analogues au mien était encore une sujétion, un manque de confiance envers mon Moi. Et si je la fis tenir à Simon, c’est uniquement par esprit d'ordre, pour fermer la boucle de la première période de ma vie.

« Avril 1889. »

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