SCÈNE XVIII
PIMARD, puis BROQUETIN et FUMADEL.
PIMARD, seul.
Mon horizon commence à s’éclaircir... j’y vois poindre quelques jets lumineux !... Ah 1 il s’agit des feuilles jaunes!... ah ! il s'agit de cette odieuse canzonnetta qu’on venait miauler sous mes fenêtres tout l’hiver dernier... je la sais par cœur...
* BROQUETIN et FUMADEL, entrant chacun d’un côté une burette à la main :
Rroquctin par la droite, Fumadel par la deuxième porte, à gauche.
Voici le vinaigre!...
PIMARD, avec force.
Il n’en est plus question 1... Qu’on me la chante...
BROQUETIN et FUMADEL, surpris.
Hein? quoi?
PIMARD.
La romance du Grand-Hurleur... Ma fille est à ce prix.
FUMADEL.
Comment!..,
BROQUETIN.
Qu’est-ce qui lui prend!... Eh bien! et l’autre histoire?...
PIMARD.
Il n’en est plus question!... Qu’on me la chante!... ou plutôt non! (Les observant.) H est certain... qu’il y a ici un escroc... peut-être deux!... Je vais chercher trois agents subalternes pour l’écouter avec moi... et le premier qui ne l’exécute pas agréablement... Ah! nous sommes troubadours?
BROQUETIN, ahuri.
Comment! troubadour!...
* Fumadel, Pimard, Broquelin.
PIMARD.
Ah ! nous pinçons de la guitare !... pinçons-en !... ou nous
Sommes pincés ! ! ! (Il sort par le fond.)