SCÈNE IV
PHHOSINE, PIMARD, FUMADEL.
Phrosine et Pimard entrent par le fond. — Ce dernier porte une valise, un grand parapluie et une canne.
PIMARD, au fond avec Phrosine à laquelle 11 donne le bras.
Martinsec, quincaillier... c’est ici... ma fille, pénétrons... (ils descendent la scène.) — (avec un soupir.) Étrange voyage !...
PHROSINB, baissant les yeux.
Papa!...
PIMARD, contraignant son humeur et d’an ton affectueux.
Je ne te gronde pas, ma fille... mais permets-moi de le dire... (avec amertume.) Étrange... étrange voyage !...
FUMADEL, & part, sans se retourner et frottant toujours ses chenets.
Encore des gens 1...
PIMARD, avec un soupir.
Enfin !... j’irai jusqu’au bout!... (s’approchant de Fumadcl qui lui tourne le dos.) Monsieur?...
FUMADEL, A part, se levant, un chenet à la main.
Je ne connais rien d’agaçant comme les clients !... (il remonte
et passe à gauche, en frottant son chenet. — Pimard le suit, en donnant toujours le bras à sa flUe.)
PiMAHD *
Monsieur, je me nomme Antoine Chilpéric Pimard, veuf, cinquante-sept ans, rentier et père de famille, (a Phrosine.) Veuxtu que je demande un bouillon pour loi? (suivant encore Fumadei qui repasse à droite.) ** Je désire parler au respectable M. Martinsec d’Issoudun pour gui je suis porteur d’une lettre de recommandation. Ce négociant est-il cbez lui? (Asaüiie.) Tu as les pieds chauds?
FUMADEL, qui ne l'écoute pas.
O mes rêves de gloire !
PIMARD, prêtant l'oreille.
Hé!
FUMADEL, do même.
O mes rêves d’amour! (il se rassied près du comptoir et se remet à frotter son chenet.)
PIMARD, amèrement.
Très-bien ! pour commencer, nous tombons sur un sourd. Je reproduis mon interpellation : (crUmt dansi’oreîiie de Fumade 1 ) Y est-il, jeune homme ?'
FUMADEL, saisi, criant A son tour.
Qui?
Fumadei, Piirosine, Pimard.
** Phroiine, Pimard, Fumadei.