‹ Un inventaire sous la terreurChapitre 122 sur 139 · PALAIS DE L'ELYSÉE BOURBON · texte numérisé non relu

PALAIS DE L'ELYSÉE BOURBON

La maison ci-devant Bourbon, c'est le Palais de V Elysée-Bourbon, rue duFaubourg-Saint-Honoré, construit en 1718 parle comte d'Evreux, acquis par M me de Pompadour, qui l'habita jusqu'à sa mort, ayant appartenu à partir de 1773 à Beaujon, qui y fit des embellissements considérables, devenu enfin propriété nationale à la Révolution.

Sans doute les meubles désignés ici provenaient de l'hôtel de la Marck. Louis-Engelbert, comte de la Marck, baron de Lumain, etc., grand d'Espagne de 1 M classe, lieutenant général des villes et citadelles de Cambray et du Gambrésis, colonel du régiment d'infanterie allemand de son nom, habitait rue d'Aguesseau, faubourg Saint-Honoré, au moment de sa mort, en 1775. Sa femme Marie- Anne-Françoise de Noailles, née en 1719, était la dernière fille d'Adrien-Maurice, duc de Noailles, pair et maréchal de France, et de Françoise-Gharlotte-Amable d'Aubigné, dame de Maintenon. Elle ne lui donna point d'enfant et lui survécut dix-huit ans. Au commencement de l'année 1791 , elle se rendit à Bruxelles, auprès des parents de son mari, qui étaient

sujets de l'Empereur. Ce voyage fut une déception, et elle dut rentrer en France Tannée suivante, ayant épuisé ses ressources. Son absence cependant avait duré assez longtemps pour qu'elle fût considérée comme émigrée. Elle trouva à son retour son nom inscrit sur la liste et ses biens mis sous séquestre. Alors elle se retira à Saint-Germain-en-Laye (à Montagne-Bon- Air, comme on disait en 1793), et passa le reste de sa vie en instance pour obtenir la levée du séquestre. Le procureur général syndic voulut bien l'accorder, mais pas avant que la comtesse de la Mark n'eût payé une double imposition montant à 3 860 livres. Elle mourut avant d'avoir pu payer cette somme, le 29 juin 1793, à Saint-Germain. Ses deux frères, Louis et Philippe de Noailles, étaient ses héritiers naturels. Le premier ne lui survécut que deux mois, le second périt sur l'échafaud peu de temps après, et leurs enfants, ayant émigré, étaient inhabiles à hériter; de sorte que la succession de la comtesse de la Marck, née de Noailles, échut à la nation. (Arch. nat., T. 769, dossier Veuve la Marck, comprenant la liquidation de sa succession.)

Page 1