EXÉCUTION
Compositeurs dirigeant l'oxù-
tion 3
Chef d'orchestre exécutant. ... 1
Clarinettes 30
Flûtes 10
Cors, premiers 6
Cors, seconds. . 6
Bassons 18
Serpent 8
Trombonnes 3
Trompettes 4
Tubœ corvœ 2
Buccini 2
Timbaliers 2
Cymbaliers 2
Tambours turcs 2
Triangles 3
Grosses caisses 2
Non exécutons employés à diriger les élèves chantans ou exécutans dans les fêtes publiques 10
Total 115
Sur le rapport du même membre, le décret suivant est rendu :
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses Comités d'instruction publique et des finances, décrète :
I. L'Institut national des Sciences et Arts n'étant pas organisé dans ce moment, les fonctions qui lui sont attribuées par la précédente loi appartiennent au comité d'instruction publique.
La Convention nationale nommera les cinq inspecteurs de l'enseignement d'après un rapport de son comité.
II. La musique de la garde nationale parisienne est supprimée par le présent décret ; les artistes qui la composent font partie du Conservatoire.
III. L'établissement connu sous le nom d'École de Chant et Déclamation est supprimé par le présent décret; les artistes y professant la musique font partie du Conservatoire.
IV. Le comité d'instruction publique déterminera la liste des artistes qui devront composer les différentes classes du Conservatoire.
V. Les objets devant former la bibliothèque du Conservatoire en conséquence de l'article 10 de la précédente loi seront choisis dans le dépôt formé par la
commission temporaire des arts, par une commission d'artistes musiciens dont le comité d'instruction publique nommera les membres.
VI. En considération des services rendus par la musique de la garde nationale dans l'exécution des fêtes publiques et dans la formation des élèves, ses membres recevront par forme d'indemnité une somme égale aux appointemens qu'ils ont reçus depuis le 18 brumaire an II de la république, époque du décret qui établit l'Institut national de Musique.
Vil. La commission de l'instruction publique ordonnera sans délai l'établissement du Conservatoire de Musique dans le local dit des Menus-Plaisirs, déjà désigné par arrêté du comité de salut public.
À l'époque de la dissolution des maîtrises, l'enseignement de la musique allait partager leur sort : il ne restait en France que l'École de Musique de la garde nationale parisienne, et celle de Chant et de Déclamation dont on vient de parler. Le gouvernement ordonna la réunion de ces deux Écoles, et le Conservatoire de musique fut formé.
On conçoit facilement que beaucoup d'artistes atteints par la destruction des anciennes institutions se pressèrent autour du nouvel établissement et y demandèrent des places ; mais le Conservatoire ne pouvait pas les réunir tous : dès lors il compta au nombre de ses détracteurs une grande partie de ceux qui ne furent point admis dans son sein.
Ces mécontents rallièrent à leur cause des esprits inquiets et ambitieux, qui craignirent que l'art ne fît des progrès et qu'il ne se formât des artistes qui partageassent avec eux les applaudissements : dès lors un système de calomnie fut dirigé contre le Conservatoire, qui devait faire avancer l'art et former des sujets pour les théâtres.
Au milieu des tracasseries et des intrigues dont on vient d'indiquer les motifs, cet établissement marcha constamment vers le but de son institution. Tous les membres donnaient à l'envi des preuves de zèle et cherchaient les meilleurs moyens de détruire les inconvénients de l'ancienne routine.
Mais laissons parler les faits : ce sont les nouveaux fruits de l'École régénératrice et conservatrice de la Musique qui doivent justifier la supériorité du mode d'enseignement qu'elle a adopté et réfuter victorieusement les sophismes et les calomnies de ses détracteurs. Depuis 1791 jusqu'en Tan V environ, le Conservatoire a fourni plus de quatre cents élèves pour le service des armées de la république ; depuis cette époque, deux cent cinquante-sept de ses élèves ont été donnés aux théâtres tant de Paris que des départements : plusieurs d'entre eux y remplissaient les premiers emplois ; dans ce nombre, vingt-cinq étaient employés à la formation de la musique de la garde des consuls ; enfin soixante élèves du Conservatoire composaient cet orchestre connu sous le nom de Concert-Français,
et dont l'exécution était applaudie par les artistes les plus célèbres ' . Mais ce ne sont pas là les seuls fruits qu'ait produits cet établissement : il s'est peut-être occupé avec plus de succès encore de l'avenir que du présent. Des travaux qui ne pouvaient résulter que de la réunion des talents qui le composent furent terminés : ils eurent pour objet de poser les principales bases d'un corps d'ouvrages élémentaires pour l'enseignement de toutes les parties de l'art *.