DUC DE COSSE-BRISSAC
Cossb-Brissac (Louis-Herculo-Timoléon de), d'abord marquis puis duc de Cossé après la mort de son frère aîné, arrivée le 29 août 4759, fut successivement colonel du régiment de Bourgogne-cavalerie, colonel des Cent- Suisse de la garde, puis commandant en chef de la garde constitutionnelle de Louis XVI. Décrété d'accusation par un acte de l'Assemblée législative du 30 mai 1792, il fut, le lendemain 31, transféré à Orléans et écroué aux Minimes de cette ville, pour être jugé par la haute cour nationale. Extrait de cette prison le 4 septembre, en vertu de la loi du 2, qui ordonnait la translation à Saumur des prisonniers d'Orléans, il arriva à Versailles avec ceux-ci le 9 septembre et tomba comme eux sous les coups des massacreurs dans cette tragique journée. Bien que les noms des victimes et les circonstances de cet assassinat fussent connus de tous, le duc de Cossé-Brissac, confondu avec quelque autre membre de sa famille, fut inscrit sur l'état des émigrés du département de la Seine, et en conséquence tous ses biens mis sous séquestre. Adélaïde-Diane-Hortense-Délie Mancini de Nevers, sa veuve, parvint, non sans peine et après beaucoup de démarches, à faire reconnaître
l'illégalité de cette mesure. Elle obtint d'abord un certificat de non-émigration le 2 nivôse an IV (23 décembre 1795), puis sous le Consulat, la radiation définitive du duc de Cossé, ce qui permit à ses enfants encore mineurs de rentrer dans une partie de leur héritage. {Arch. nat., F 7 5 719.) Dans les pièces diverses de ce dossier, l'hôtel de la rue de Grenelle habité par le duc de Cossé-Brissac au moment de son arrestation est dit porter tantôt le n° 82, tantôt le n° 92.