Déjà cit
contient cinquante-quatre noms (et l'interrogatoire ne comporte qu'une seule et môme question adressée à chacun) ne fournit aucun renseignement sur cette prétendue complicité. (Arch. nat., W. 389, dossier 904). Aussi la véritable cause de leur condamnation, restée mystérieuse, a donné lieu à diverses hypothèses. « Comment, dit un historien récent, la belle et galante M me Sainte-Amaranthe et sa fille plus belle encore, âgée de dix-neuf ans, épouse du jeune Sartine, et Sartine, et le fils Sainte-Amaranthe âgé dix-sept ans, méditaient-ils, selon l'imputation des deux Comités, de soulever les prisons ? L'invraisemblance de cette supposition en a provoqué une autre, qui n'a sans doute pas plus de réalité. On lit dans les Mémoires sur les prisons, recueillis par Nougaret, que Robespierre, conduit par Trial, acteur des Italiens, alla souper chez elle, et que, dans la chaleur du vin, il développa une partie de ses projets sanguinaires. Le lendemain, Trial lui ayant remontré son indiscrétion, il en aurait voulu étouffer les suites en faisant périr M me Sainte-Amaranthe, sa fille, son fils, son gendre et tous ceux qui étaient là. Quelques-uns pensent que c'est Robespierre jeune qui fréquentait la maison Sainte-Amaranthe, et que la malignité publique en fit ce conte sur son grand frère, en l'accommodant à l'humeur du personnage. Ce qui est beaucoup plus probable que tout cela, c'est que toute cette famille fut enveloppée dans la conspiration de Batz par Saint-Just : des notes trouvées dans ses papiers signalaient comme suspecte la société qu'elle recevait. » (H. Wallon, Hisl. du Tribunal révolutionnaire, in-8°, 1881, T. IV, p. 241.)
MAISON DORMESSON
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