SAINT-LAURENT
Dans un procès-verbal d'apposition de scellés fait au domicile de ce personnage, le 15 août 1793, à six heures du soir, il déclare se nommer
1. Castagnery ou Castaonbri, luthier d'origine italienne, établi à Paris vers le milieu du siècle dernier. Son étiquette! presque toujours manuscrite, est ornée d'une petite
vignette qui porte :
André Castagneri nell palazzo di Scessone, 1737.
Pariggi, 17...
Castagneri a fait beaucoup d'altos et quelques violes d'une bonne sonoriti. Son vernis jaune clair rappelle celui de Guersan. Les //sont généralement trop ouverts et de grand modèle ; la volute assez bien sculptée, mais d'un enroulement peu profond.
Les instruments de Castagneri ont couru les hasards des orchestres et ne sont pas arrivés jusqu'à nous sans avaries.
Ce luthier avait occupé un logement dans les dépendances de Y Hôtel de Soissons, situé entre les rues Coquillière, des Deux-Écus, du Four et de Grenelle. — On trouve dans Pioaniol de la Forcb, t. III, p. 235 et suiv. {Description historique de la Ville de Paris) quelques détails sur ce vieil hôtel, entièrement détruit aujourd'hui. (V. Vidal, qui donne cette dernière note.)
2. Dœrpell (Usez Dilrfel), à Altenbourg, luthier principalement connu par ses altos et ses contrebasses; —facture très ordinaire.
Louis-Jean Josset Saint-Laurent, âgé de quarante-neuf ans, ci-devant commissaire des guerres nommé par le duc d'Angoulême, et actuellement négociant, demeurant rue Saint-Pierre-du-Pont-aux-Choux. Cette visite domiciliaire était accomplie en vertu d'un ordre du Comité de Salut public, qui soupçonnait le s r Saint-Laurent de recel d'effets précieux, papiers et titres de la maison de Condé. Pendant les perquisitions, sur les dix heures du soir, et sous prétexte d'aller chercher un sac pour mettre son argent, il disparut par un escalier dérobé qui le conduisit dans une ruelle aboutissant à la rue, et par laquelle il réussit à s'échapper. Le procès-verbal, après avoir consigné cette particularité intéressante, poursuit son cours, et les opérations continuèrent les jours suivants dans d'autres immeubles, notamment rue Poissonnière. A ce dossier sont joints : 1° le rapport général fait au Comité de Sûreté générale de la Convention sur cette affaire ; 2° un inventaire des meubles et effets remis, lors de la levée des scellés, à la « citoyenne Saint-Laurent », sous promesse de les représenter à première réquisition. (Arch. nat., T. 1112). Josset Saint-Laurent ne parvint pas à se rendre en lieu sûr ni à se soustraire aux recherches. Arrêté et traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort comme agent de Condé. On avait effectivement trouvé chez lui des paniers remplis de titres de propriété du prince, cachés sous des amas de bois. Il était en même temps possesseur de meubles, tableaux, pendules, porcelaines, flambeaux, livres, aux armes de Condé. On le soupçonnait en outre d'être allé à Coblentz. Il le nia, disant qu'il s'était seulement rendu à Francfort pour son commerce d'orfèvrerie; mais il convint avoir vu tant en Hollande qu'en Allemagne plusieurs des émigrés français. (Id., W., 316, dossier 455.) Saint-Laurent périt sur l'échafaud le 8 pluviôse an 11, 27 janvier 1794.
GHABERT
Inventaire du 22 Floréal l'an //% rue du Grand-Chantier, 9
13. — Un violon, di Leopoldo, perveberc tedesco, alievodi Nicolas
Amatis (sic)? Crémone : anno 17S0 1 .
li. — Trois mandolines, sans noms.