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jésuites pour ramasser les livres et les manuscrits et les tirer du débris de la maison. On dit que ce prélat logera chez ces Pères, quand il viendra à Paris. On dit que ce sont les mânes de M. Descartes qui ont renversé cette maison.
Les armées ne font rien en ce pays que se regarder l’une l’autre. On dit que les Anglais de l’armée des alliés désertent à force. M. le Dauphin fera parler de lui dans peu de temps, car tout se dispose là pour une expédition considérable. Ce sera, apparemment, ou Mayence ou Rhinfels. Le roi est de retour, du 26, à Versailles. La flotte de France est sur les côtes d'Espagne. La flotte des Anglais et des Hollandais, partie pour Smyrne, pourrait bien tomber entre leurs mains, et celle qui en vient et qui est dans le port de Cadix court aussi grand risque.
Quesnel à du Vaucel 10 juillet 1693.
Vous aurez déjà appris, Monsieur, comme nous ne sommes pas présentement en péril ; mais peut-être que le péril pourrait revenir à la queue de la campagne. Cela dépend du succès. Quelques avis de Paris disent que M. le Dauphin passe le Rhin. Les politiques qui croyaient qu'il allait à Mayence ou à Rhinfels ne savent plus où ïls en sont!. Peut-être est-ce pour aller à Francfort, ou pour aller chercher le prince de Bade. Les gazettes de Hollande et de Bruxelles mettent le duc de Montmorency, fils aîné de M. le duc de Luxembourg et gouverneur de Normandie, au nombre de ceux qui ont été arrêtés en Piémont, déguisés en paysans; mais
1. Le roi change brusquement l'orientation de la guerre et la porte, malgré les supplications de M. de Luxembourg, de Flandre en Allemagne, en y envoyant Monseigneur avec un fort détaehement de troupes.
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il n'y à guère d'apparence. Nos amis, qui le connaissent particulièrement et qui nous avaient recommandés à lui, ne nous en ont rien appris.
Dimanche dernier, les ennemis des Français attaquèrent un grand convoi qui allait à l’armée de M. de Luxembourg. Ils furent repoussés avec perte considérable. Cependant le gouverneur de Mons, à ce qu'on dit, y est demeuré.
Une lettre de la Flèche, du 28 juin, marque que Monsieur, faisant sa tournée, a découvert que l’on avait fait plusieurs magasins de blé sur les frontières de Bretagne et de Normandie; que les vaisseaux qui allaient en course faisaient commerce avec les Anglais et les Hollandais, ce qui avait contribué à la disette. On ajoute que Monsieur, pour en faire exemple, avait fait pendre plus de deux cents, tant officiers que volontaires, et fait planter force potences. Depuis cela le blé a ramendé de moitié en Bretagne. J'ai peine à croire le nombre de deux cents.
Quesnel à du Vaucel
17 juillet 1693.
L'entrée du feu évêque de Cahors! n'avait pas été fort heureuse. C'était un joueur, et, quelqu'un ayant fait connaître au roi ce qu'il élait après sa nomination, Sa Majesté en fit plainte au P. de La Chaise, qui en fut quitte pour dire quil ne l’avait pas assez bien connu. On dit que le premier président Le Jay n'avait jamais été marié. Il faut donc que ce prélat fût son petit-neveu. Il était docteur de Paris, et peut-être avait-il pris le frein aux dents.
Le P. Pomereau, jésuite, est député de la province
1, Henri-Guillaume Le Jay.
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de Paris pour l'assemblée générale qui se doit tenir
e au mois de septembre. Le P. Bourdaloue disait der-
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nièrement qu'il n’y avait plus que l'animal dans le P. Deschamps. Il ne laisse pas de se remuer beaucoup, cet animal.
Les troupes de Liège, au moins un détachement, a été bien battu par un autre détachement du maréchal de Luxembourg, qui leur a pris leur Agaget.
Le maréchal de Lorges à passé Le Neckar, a forcé un passage considérable, s’est avancé dans Le pays jusqu’à Darmstadt, qu'il a pris. Tout fuit devant lui. Il passera peut-être Le Mein. M. le Dauphin était de l’autre côté du Rhin, à deux lieues de Mayence. Voilà de grands fous qui se font désoler pour l’amour d’un usurpateur, qui les séduit pour les empêcher de faire la paix.
La flotte des alliés est retournée à Torbay. Ils ne savent sur quel pied danser, car ils n’osent s'éloigner de leurs côtes. Cependant les flottes de France, jointes, sont sur les côtes d'Espagne.
Quesnel à du Vaucel
24 juillet 1693.
Il n’est pas vrai que l'archevêque d’Auch ait été fait archevêque de Lyon. Je crois qu'il y perdrait pour le revenu ?. Les gazettes, non de France, mais de Hollande, ont dit que l’évêque d’Autun avait pris possession de
D cet archeyèché.
… Toutes les intelligences manquées à Dendermonde,
a, A1. Depuis le départ du roi, le maréchal de Luxembourg s’efforçait
d'amener le prince d'Orange à livrer bataille. Le 15 juillet, — et c'est
…. cette escarmouche dont il est question dans la lettre de Quesnel, — il
attaqua un détachement commandé par le comte de Tilly et le mit
en déroute.
2. En effet l’archevêché d'Auch rapportait 90.000 livres, et celui de Lyon seulement 48.000,
Maestricht et Liège, sont des contes de gazette. Le roi a pu changer sur les nouvelles du Rhin et la disposition des affaires d'Allemagne, plus propres à faire faire la paix, si on était fort en ce pays-là. M. le Dauphin a joint son armée à celle du maréchal de Lorges. On dit qu'il va publier un manifeste; que le roi y déclarera que son dessein est de rétablir le roi Jacques; qu'il invitera les princes à concourir à un si bon dessein ; que, pour finir la guerre, il offrira de raser Philipsbourg, Fribourg, Huningue, et qu'il rendra la Lorraine à son souverain. M. D. [Arnauld] tient la paix faite sur ce projet, à quoi ne contribueront pas peu les autres avantages, une armée capable d’entrer bien avant dans l'empire et de battre, dos à ventre, le prince de Bade, dont on avait déjà chanté le triomphe par avance. Huy a été assiégé lundi ou dimanche; la ville est prise !, et le bruit court aujourd'hui que le château s’est rendu. C'est le maréchal de Villeroy qui a fait le siège d'un côté et le marquis d'Harcourt de l’autre. On dit que le courrier d'Espagne à apporté pour nouvelle, hier au soir, que le maréchal de Tourville a pris la flotte de Smyrne?, qu'on tient riche de beaucoup de millions, et que l’escorte anglaise, qui était de vingt vaisseaux, a été battue.
Les nouvelles de Paris disaient que M. de Pomponne se préparait à aller en Allemagne ; mais on n'en sait rien par les voies particulières. Si cela était, cela dirait bien des choses et ferait beaucoup espérer la paix. Voilà le roi Guillaume en mauvaise posture. Il fait avancer son armée vers Liège. Il prétend peut-être se loger dans les amples lignes qu’on a faites autour de Liège pour la défendre.