‹ Un janséniste en exilChapitre 118 sur 146 · TU D RUN ST IE OUT LC. RTE · texte numérisé non relu

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plusieurs fois de lui communiquer des remarques de

quelques docteurs sur ce livre, et il continua de le lui faire espérer.

Les jésuites ont ce livre sur le cœur. Un jeune homme, fils d’un conseiller de Provence, ayant été faire une retraite chez eux au noviciat, celui à qui on l'avait

confié ne [ui parla d'autre chose que de ce livre durant

sa retraite.

2 juillet 1694.

Voilà un extrait de nos nouvelles ecclésiastiques. Je ne Sais si je vous ai envoyé la lettre du P. Caffaro à M. de Paris, où il désavoue une lettre. en faveur de la comédie, imprimée à la tête des pièces de théâtre d’un poète. Il avoue qu'il avait fait autrefois un écrit latin d'où on a tiré de quoi faire cette lettre, à laquelle il dit n'avoir aucune part et rétracter ses sentiments.

M. Nicole ne voulait point parler sur les brefs; il a

pourtant parlé.

Je croyais que le sieur Banneret fût à pot et à rôt

chez un cardinal, ou du moins que, lui rendant ser- vice, il en tirait au moins de quoi subsister.

M. le comte de Rebenac est aussi décédé, parent de M. l'abbé de Pomponne, et âgé seulement de quarantecinq ans.

Voilà une lettre pour M. Couet. Elle vint, il y a huit

* jours, une heure trop tard, avec ses autres papiers. Je

le salue avec votre permission, très respectueusement, et je me conjouis avec vous de ce que vous le posséde-

. rez encore tout l'été. Je m'assure que, si la paix se fai- . sait, nous aurions le bien de l’embrasser en ce pays; . mais, hélas! ce don du ciel semble s’éloigner de plus en plus de la terre

Les Anglais ont 6t6 bien étrillés dans leur descente. Ils y ont perdu environ mille hommes, tant tués que prisonniers, et le commandant du débarquement, avec un vaisseau de trente-six pièces de canon. Ils ont, mande-t-on, jeté à terre quelques hommes à Quimperlé, mis le feu à quelques chaumines et regagné leurs chaloupes.

Quesnel à du Vaucel 9 juillet 1694.

Je plains le sort de M. Couet d'avoir si mal rencontré en la personne de son gentilhomme". Il est fâcheux d’être obligé de se séparer d’une manière si désagréable. Il eût été à souhaiter qu'il eût pu essuyer toute la fougue de ce Jeune homme sans repousser ses paroles par d’autres paroles, ni ses coups par d’autres coups. Il aurait Ôté, par sa patience, tout moyen à l’autre de se justifier; au lieu que la manière dont la chose s’est passée donnera lieu, à ceux qui ne lui veulent pas de bien, de dire qu'il a irrité le gentilhomme par des paroles injurieuses et qu'il lui a donné un soufflet, qui est le traitement le plus difficile à souffrir à une personne de qualité. Ce qu'il avoue lui-même qu'il a dit et qu'il à fait sera cru, et au delà, sur sa parole; et ce qu'il pourra dire pour sa Justification ne trouvera aucune créance. Il a tous les témoins contre lui, et il est seul contre tous. Cependant Je veux croire que le père du gentilhomme aura pour lui une oreille favorable, et qu'il saura bien discerner la vérité d'avec les artifices et les fausses couleurs dont on voudra se servir pour justifier la brutalité de son fils. Il y a quelque apparence que c'était un coup étudié de sa part

1. Le fils du prince de Salm. (Voir la lettre du 24 octobre 1692.)

et concerté avec les autres compagnons de ses divertissements, qui lui auront conseillé de faire une querelle d’ Allemand à son gouverneur pour l’obliger à le quitter, et se mettre, par ce moyen, en liberté. Dieu l’a permis peut-être ainsi, afin que le gouverneur fût luimême en liberté et s'en püt servir pour donner son temps à quelque chose de meilleur.

Le chevalier Jean Bart, un matelot de Dunkerque qui est parvenu à être chef d’escadre par son habileté, étant allé, avec six vaisseaux, au-devant d’une flotte de cent voiles chargée de blé pour France, sous l’escorte d’un vaisseau danois et d’un suédois, trouva, ces jours passés, que cette flotte avait été enlevée par huit vaisseaux hollandais qui étaient prêts de la faire entrer dans le Texel. Il les attaqua vigoureusement!, les désola, remporta la victoire et délivra la flotte, qui est heureusement arrivée, partie à Dunkerque, partie en France. Il a, de plus, pris trois vaisseaux, dont l’un est le vice-amiral, mis tous les autres hors de service pour cette campagne, tué beaucoup de monde, sans en perdre presque point, et les deux vaisseaux ‘de guerre étrangers ont été spectateurs du combat.

Quesnel à du Vaucel 23 juillet 1694.

On vient de mander ici, de l’armée séparée de l’électeur de Bavière, qu'on marchait pour aller joindre la grande et, de là, aller attaquer les Français. Si l'usurpateur des trois royaumes demeure victorieux (ce qu'à Dieu ne plaise!), vous attribuerez la victoire à la protection de Dieu et de ses saints, puisque vous ne pouvez vous résoudre à croire que l’on doive attribuer à son secours les victoires de la France. À moins que vous

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