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On peut attendre moins pour celle de M. David | Arnauld); mais il faut attendre plusieurs années et, pour la bien faire, elles sont nécessaires. Il n’a pas besoin maintenant qu’on réveille la mémoire des hommes sur son sujet. Il vit dans l'esprit de tous les honnêtes gens. Sa réputation seule le soutient et tient ses ennemis dans le respect. On n’a point encore publié de satires contre lui, et au contraire beaucoup d’éloges, en vers et en prose, courent par le monde en son honneur. Sa vie est une large histoire où beaucoup de choses doivent entrer, et il faut du temps pour les ramasser. La Question curieuse le fait assez connaître en gros.
Il est mort un chanoine d'Orléans avec qui J'avais grand rapport, nommé M. Desmahis, qui était ministre à Orléans et qui se convertit pendant que j'y étais, avant la révocation de l'Edit. Il était parfaitement à Dieu et plein de zèle et de charité. Il n'était que diacre, âgé de quarante-trois ans. Il a eu le bonheur, depuis la révocation de l’Edit, de convertir son père et sa mère, qui étaient des plus considérables des huguenots de Paris. Ils sont encore en vie et font très bien. Il y a un de leurs fils, ministre, qui ne les à pas imités. Il est réfugié en Hollande ou Angleterre.
Il est mort un neveu du fameux Edmond Richer, docteur, qui a tant fait parler de lui. Il avait été avocat. Feu M. de Châlons le détermina à entrer dans l’état ecclésiastique, et il était prêtre. Il avait la droiture, la probité, l'amour de la vérité et la fermeté de son oncle. C'est par lui qu'on a eu plusieurs ouvrages de ce docteur, qui ne sera Jamais canonisé à Rome.
Quesnel à du Vaucel
26 novembre 1694.
M. de Reims a fait, dans son dernier voyage, des mandements sur divers sujets. Il y en a un sur les autels
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privilégiés. Sur quoi un jésuite a dit qu'il se mettait
peu en peine sur la suppression des autels privilégiés,
étant lui-même autel privilégié. Mandé par le prélat
pour s'expliquer, il vint avec son recteur, et ils apprirent à cet archevêque que le général envoie à tous les recteurs un pouvoir d’ériger, chacun dans sa maison, un jésuite en autel privilégié ; que cette érection se fait de vive voix, et qu'en effet ce jésuite en question était érigé en autel privilégié du collège de Reims, autel portatif, buvant, mangeant, dormant, ronflant, etc.
Dans la Gazette de Bruxelles d'aujourd'hui, à l’article de Rome, du 6 de ce mois, il est dit que le résident de Portugal en cette cour à donné part à Sa Sainteté que l’empereur de la Chine à embrassé la religion catholique, et cela par le moyen des Pères missionnaires de la compagnie de Jésus.
Ÿ a-t-il quelque chose de cela?
24 décembre 1694.
Ne vous. attendez pas que ni M. Despréaux, ni M. Racine fassent des vers à l'honneur de celui que vous savez. Ils s’en sont déclarés, et ils n'auront pas,
1. Racine cependant écrivit les vers suivants : Pour le portrait de M. Arnauld
Sublime en ses écrits, doux et simple de cœur, Puisant la vérité jusqu'en son origine,
De tous ses longs combats Arnauld sortit vainqueur Et soutint de la foi l'antiquité divine.
De la grâce il perca les mystères obscurs,
Aux humbles pénitents traca des chemins sûrs, Rappela le pécheur au joug de l'Evangile.
Dieu fut l'unique objet de ses désirs constants; L'Eglise n’eut jamais, mème en ses premiers temps, De plus zélé vengeur, ni d'enfant plus docile.
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en effet, la liberté de parler selon leur cœur. Ce serait imprudent de les y engager, quand on le pourrait. On les rendrait inutiles à d’autres biens qu'ils peuvent faire. On avait fait courir le bruit que les vers, où il y a Et Calvin et Pélage, étaient de M. Despréaux. Et il a fallu qu’un ami de ce poète eût protesté au roi qu'il n’en était pas l’auteur, — ce qui est la vérité. Sa Majesté s’est plainte de ce qu’on faisait tant de vers sur ce sujet, et celui qui lui a inspiré de s’en plaindre est sans doute celui qui à fait examiner les vers en question. On dit qu'on n'y a rien trouvé à censurer. Ce qu'on avait dit, en même temps, du Testament sprrituel, était une addition sans fondement.
Vous n'aurez pas de lettre de M. Ernest [Ruth d’Ans] sur ce voyage, parce quil est en voyage lui-même.Il est allé seulement jusqu’à Gueldres, c’est-à-dire à plus de quarante lieues de Bruxelles, au-devant de l’électrice de Bavière, avec M. Desprez, résident de Trèves et de Liège en cette cour, qui prétend avoir beaucoup contribué au mariage, et qui espère avoir assez de part à la faveur de cette princesse pour en faire part à son ami. |
Je vous ai mandé, 1l y a environ six mois, que les jésuites avaient fait un livre nouveau contre les Provinciales, et que le P. de La Chaise l'avait fait supprimer. J'apprends que c'est un dialogue ou des Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe!. Le triumvirat en est l’auteur, c’est-à-dire les PP. Bouhours, Daniel et Tellier. Il y aura là beaucoup d'esprit. Le style en sera pur et les pensées bien tournées; mais, si la vérité n’y est pas, comme jose le présumer, il jettera de la poudre aux yeux, mais il ne pourra séduire les gens d'esprit. Une personne, qui l’a lu, me mande qu'il
1. Entreliens de Cléandre et d'Eudoxe sur les Lettres provinciales de Pascal, par le P. G. Daniel, jésuite. Cologne, P. Marteau (Rouen), 1694.
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lui paraît bien écrit et assez bien fait; que Pascal et Wendrock y sont traités de scélérats et d'ignorants; que Wendrock y est nommé par son nom de famille : que le réfutateur de la Défense des nouveaux chrétiens n'y est pas épargné, mais traité avec toute l'amertume imaginable comme chef de parti. Ce livre est très rare, ayant été supprimé; mais on le lâche un peu davantage, et ils ne se tiendront pas en repos qu'ils ne l’aient fait passer en Hollande pour l’y publier. Ils donneront sous main toute l'impression à leurs amis, et celui qui l’a fait supprimer croira avoir assez fait.
Quesnel à du Vaucel Dernier jour de l’an 1694.
Vous vous réjouissez du retour de M. Ernest [Ru d'Ans], et il est de nouveau en campagne, comme je crois vous l'avoir mandé. Je crois cependant que ce sera lui qui fera le premier paquet. Il a toujours neigé, depuis qu'il est parti. Ainsi le voyage n’aura pas eu beaucoup d'agrément. Son Altesse partit, Je crois, avant-hier, pour aller au-devant de son épouse.
L'abbé de la Trappe a été fort malade; mais il est guéri. Ce n’est pas mon saint. Il y a eu du bruit chez lui; quelques-uns l'ont quitté, et de ceux qu'il prônait davantage. C’est à l’abbé Nicaise qu'il a écrit, touchant la mort de M. Arnauld, c'est-à-dire au plus grand gazetier du royaume. C'est merveille s'il n'a pas envoyé à Rome un extrait de la lettre de cet abbé. Il avait
commerce, autrefois, avec le R. P. de Noris.
La mort du P. Segneri n'est pas une grande perte ;
c’est plutôt un gain. Il y avait un reste de confiance
pour lui dans le R. P. Patrice [/e pape; qui m'incommodait.
Nous n'avions pas oui parler de la proposition du roi
Guillaume aux Vénitiens. C’est une proposition dont le succès n'était pas fort certain. Il faut passer les Dardanelles. Tout ce qu'on aurait pu faire aurait été de bombarder peut-être Constantinople. Il faut ensuite repasser.
Quesnel à du Vaucel 7 janvier 1695.
Vous n'aurez pas encore aujourd'hui de lettre de M. Ernest [Ruth d'Ans|. Il n’est point encore revenu.
Il était à Wesel le 31, où l’électrice était arrivée le 30. L’électeur était à Burick, de l’autre côté du Rhin, sans oser passer, n'y ayant que des petits bateaux que les glaçons pouvaient aisément renverser. Enfin Leurs Altesses arrivèrent, le 3 du courant, à Gueldres, et ils seront ici dars deux ou trois jours.
Nous n'avons point entendu parler que M. de Pomponne ait été malade, et je viens de recevoir de M"° de Fontpertuis une lettre du 4, qui n'en dit mot. Elle y marque que le marquis duc de Luxembourg! était mort ce jour-là.
Voilà M. de Boufflers au large. Il a été fait gouverneur du pays conquis, à la place du marquis d'Humières. Il prendra aussi, apparemment, la place de M. de Luxembourg pour le commandement de la grande armée. |
Que vous êtes bon de dire que ce n’est point pour l'intérêt particulier des jésuites qu'ils érigent des autels privilégiés en chair et en os! Croyez-moi qu'ils n'y perdent rien, pour ne pas prendre des pièces de quinze sous, une à une. Ils donnent toutes leurs messes
1. Le maréchal de Luxembourg mourut à Versailles, le 4 janvier 1695, à soixante-sept ans, -
à chacun de ceux qui en veulent, et, au lieu que les autres réguliers n’osent prendre deux rétributions pour une seule messe, en mettant toutes les leurs en bloc et en tas, ils prennent, à toutes mains, tout ce qu’on leur veut donner, et souvent ce qu’on ne voudrait pas leur donner.
Quesnel à du Vaucel 14 janvier 1695.
Nous n’avons pas oui parler de la maladie de M. d'Amboise [de Pomponne|, et si monsieur son fils retourne, ce n’est pas apparemment cela. Sa bonne tante me l’a déjà mandé qu’il revenait; mais, en même temps, elle m'a appris ce qui en est la véritable cause. C'est vous et moi. Vous m'’aviez mandé que vous ne croyiez pas qu'un plus long séjour à Rome lui fût utile et quil pouvait lui être nuisible. Je l’ai écrit à sa tante. Celle-ci a envoyé tout bonnement mon billet à M. d’Amboise [de Pomponne|, et M. d'Amboise, sans cérémonie, l'a envoyé à son fils. De quoi ce fils a témoigné, m'a-t-elle écrit, être fort mécontent. De sorte que me voilà fort brouillé avec le fils. La tante a eu un peu tort ; mais le père l’a bien davantage.
Il semble que ces messieurs-là regardent les autres si fort du haut en bas qu'ils ne croient pas se devoir gèner jusqu'à prendre des mesures pour ne leur point faire d’affaires. Je m'en console aisément; car comme, d’une part, je me tiens honoré de leurs bonnes grâces, d’une autre, je n'y fais aucun fond. Tout le bien qu'il me pourrait faire serait de me donner un bénéfice, et c’est de quoi je ne veux point tâter. [Il n’y a guère d’apparence de commencer, à soixante ans, de me charger du bien d’Eglise. Il y a assez d’autres choses dont j'aurai à rendre compte à Dieu.
Je vous envoie des vers, pour et contre M. Arnauld, qui sont, les uns et les autres, fort jolis.
Vous aurez bien remarqué deux fautes qui sont dans les vers de M. Racine, envoyés la dernière fois : ouvrage pour courage, Dieux pour Cieux.
J'avais eu dessein de ne vous point envoyer l'extrait de lalettre de l’abbé de la Trappe, parce que celà ne laisse pas de faire impression, non sur vous, maissur d’autres, qui pourraient en avoir Communication; mais enfin le voilà! :
« Enfin, voilà M. Arnauld mort. Après avoir poussé « sa carrière le plus loin qu'il a pu, il a fallu qu’elle « se soit terminée. Quoi qu'on en dise, voilà bien des « questions finies. Son érudition et son autorité étaient « d’un grand poids pour le parti. Heureux qui n’en « a point d'autre que celui de Jésus-Christ et qui, « mettant à part tout ce qui peut l’en séparer ou l’en « distraire, même pour un moment, s’y attache avec « tant de fermeté que rien ne soit capable de l’en « déprendre. »
L'abbé Nicaise, envoyant cet extrait à une personne, parle ainsi : « En vérité, je crois que notre saint abbé « a raison, et que, si feu M. Arnauld revenait au « monde et y devait encore vivre quatre-vingt-deux « années, il ne les emploierait pas à une perpétuelle « controverse et qu'il dirait: Non in æternum te « negabo, et qu'il imiterait ce saint abbé, qui laisse « écrire les moines contre lui. »
Et ce même M. Nicaise, dans une autre lettre :
« Je m'étonne, dit-il, qu'il y ait des gens qui ne
1. Cette malheureuse lettre de l'abbé de la Trappe, par l'indiscrétion de l'abbé Nicaise, fit le tour de Paris et mit les jansénistes en grande indignation. Quesnel adressa à l’auteur une réponse virulente. « Il prétend prouver, écrit M. de Rancéà l'abbé Nicaise, que j'ai flétri lenom de M. Arnauld, que je lui ai donné un coup de poignard après la mort, que j'ai fait une plaie mortelle à sa mémoire », Cette colère du P. Quesnel, pour être un peu exagérée, n’en reste pas moins touchante.
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« soient pas contents de la réflexion qu'il a faite sur la € mort de M. Arnauld. Il avait une estime infinie pour « ce grand homme, qui était de ses amis: et c'est en « cette qualité qu'il a souhaité qu'il se fût moins tour- « menté de faire livres sur livres, sans pouvoir finir la « controverse. La vérité, comme il dit, se soutient par « elle-même. Qu'on l'attaque tant qu'on voudra, elle « sera toujours ce qu'elle est, et on ne viendra point
« à bout de lui ôter un seul de ses traits.
Extrait d’une autre lettre de l’abbé de la Trappe, du 18 décembre 1694, au curé de Saint-Jacques du Haut- Pas:
« Au reste, je ne sais si vous avez oui dire que j'ai « écrit contre la mémoire de M. Arnauld des choses « dures et violentes. On m'a adressé des lettres ano- « nymes, qui, sur cette supposition, me menacent de « répliques et de réponses fâcheuses. Cependant il ne « m'est point arrivé de rien dire sur son sujet qui « puisse rien m'attirer de semblable. Que les hommes « sont injustes dans leurs pensées !, et qu’il y a peu de « vérité dans tout ce qui part de leurs bouches et de « leurs plumes! Il n’est que trop vrai que ce qui leur « convient davantage est l’erreur et le mensonge. »
Le curé de Dangeau, ami de l'abbé de la Trappe, a rapoorté à un de mes amis que cet abbé lui avait dit qu'il n'avait plus aucune liaison avec ceux qu'on appelle jansénistes, depuis que M. de Grenoble l'avait averti qu'il y avait de la cabale.
Il serait bon que ce prélat fût prévenu de ce fait
1. Sainte-Beuve cite, dans la correspondance de M. deRancé, quelques
passages d’une parfaite beauté. Il y faut reconnaître que l'abbé de la Trappe plane bien au-dessus de toutes les querelles de partis et de
personnes : « Il y a longtemps que les hommes parlent de moi comme il leur plaît. Cependant ils ne sont pas venus à bout de changer la
couleur d’un seul de mes cheveux. La calomnie ne m'a fait aucun mal
jusqu'ici; j'en ai avalé le calice, où, dans la vérité, je n'ai point trouvé l'amertume que l’on pourrait croire. »
qu'on lui attribue et de savoir s'il le reconnait. Je crains plutôt que ce ne soit un autre prélat défunt. |
Quesnel à du Vaucel
28 janvier 1695.
À quoi vous servirait un portrait qui ne ressemble point? On en a fait quatre ou cinq à Paris, et je crois M qu'on y a mis des vers différents. On vous en enverra un aujourd'hui, de celui que M. Ernest [Ruth M d'Ans] à fait graver ici, et qui ne ressemble pas plus
que les autres. Je lui avais conseillé de ne le pas faire. M On m'a mandé qu'on en a fait un, à Paris, sur le meil-. leur tableau ; mais, comme c’est un graveur fort employé, il faudrait attendre du temps pour l'avoir.
Voici des vers qu'on a faits, à l’occasion de la réception de M. de Noyon à l'Académie : :
Vous dites que l’Académie Pour voir Jamais sa fin est trop bien affermie ; Vous le croyez ainsi, Je le croyais aussi.
Mais, puisque les prélats, malgré la résidence, A l’envi l’un de l’autre y demandent séance, Elle périra promptement; Voici comment :
Il est sûr qu'avant trente années Elle aura, pour se mettre au comble des honneurs Ses quarante places données À quarante de Nosseigneurs.
Qu'un magistrat alors, plein d’une sainte bile, Vienne à les obliger d'aller dans leurs châteaux Visiter leur troupeau, lui prêcher l'Evangile : Comme un coup de fusil écarte les moineaux, . Chacun s’enfuira dans sa ville.
Le Louvre, en un moment, se verra dégarni, Et l’Académie assemblée S'étant de la sorte envolée, Il n’en restera que le nid.
M°° le Tourneux me vient de mander qu'elle a bien 300 pour le prieur de Saint-Louis [du Vaucel. Cela, avec 100 qu'a M. le chapelain d'honneur, c’est pour rouler quelque temps.
Quesnel à Nicole 1 février 1695.
J'ai peine, Monsieur, de voir l’année déjà avancée sans avoir eu l'honneur de vous rendre mes devoirs en la manière que je le puis. Plusieurs petites incommodités, qui m'ont tenu à diverses reprises en haleine au commencement de cette année et vers le milieu du mois, sont en partie cause que je ne me suis pas donné cette consolation. Je le fais maintenant, et je vous présente de nouveau mes très humbles respects et mes assurances de la disposition où je serai toute ma vie de vous servir avec un attachement inviolable.
J’ai reçu, Monsieur, la grande lettre que vous me fites la grâce de m'écrire, il y a quelque temps. Mais, comme c'était une réponse, je ne vois pas que j'aie à y répondre davantage. Il y a seulement une chose sur la fin, où vous témoignez que vous avez trouvé fort étrange de ce que feu M. David [Arnauld] ne s’est jamais expliqué, dans aucun écrit où il a combattu votre grâce générale, sur l’idée qu'il en avait par rapport au pélagianisme. En un mot, s'il la croyait une opinion pélagienne ou non? Vous auriez pu, Monsieur, lui faire cette question, pendant qu'il était en état de vous satisfaire sur cet article. Maintenant il est trop tard. Ce que je vous puis dire pour lui, c’est que, quand il s’est rencontré quelque occasion de parler, il a toujours dit qu’il n’avait que faire d'examiner si ces sentiments tenaient, ou non, quelque chose des erreurs de Pélage; mais qu'il lui suffisait de montrer et de
démontrer qu'ils étaient faux et contraires à la doctrine de saint Augustin et des autres Pères, défenseurs de la grâce de Jésus-Christ.
Mais demeurons-en là, s’il vous plaît, Monsieur, et ne renouvelons point un procès qui est pendu au croc et qu’il y faut laisser pourrir.
Je ne sais si vous avez entendu parler d’un décret de M. l'archevêque de Malines', du 15 janvier dernier, par lequel il défend de lire, retenir ni débiter un grand nombre de livres. Il y en a soixante et onze : neuf hérétiques à la tête, par forme; le reste sont d'auteurs catholiques. Vous ne serez pas surpris que le livre de la Fréquente Communion, imprimé en latin à Louvain, soit du nombre, aussi bien que celui de M. Huygens, Methodus remittendi et retinendi peccata.
Je trouve cependant ces coups, qui partent d’une main manifestement ennemie, moins surprenants que ceux qui partent des personnes qui ont paru autrefois convaincues de la vérité et amis de ceux qui l'ont défendue. Vous entendez bien ce que je veux dire, et le bruit qui se fait à Paris d’une certaine lettre d’un solitaire? vous fait assez comprendre que c’est de cette lettre que je veux parler.
Où irons-nous, Monsieur, pour trouver des personnes qui soient au-dessus de l’estime du monde et qui soient sincèrement attachées à la vérité? Je vois bien maintenant pourquoi Notre-Seigneur, demandant aux peuples ce qu'ils étaient allés voir dans le désert, ne fait point entendre que ce n’est pas au désert qu’on peut trouver un roseau agité du vent, comme il dit que c’est à la cour, et non au désert, qu'on trouve des gens vêtus magnifiquement. Il prévoyait sans doute qu'entre ceux qui sont retirés dans la solitude et vêtus de bure etde