‹ Un janséniste en exilChapitre 126 sur 146 · L'abbé de la Trappe · texte numérisé non relu

L'abbé de la Trappe

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cilice, il y aurait de ces roseaux agités du vent. Gémis-

sons pour eux et craignons pour nous ; car il n’y a per- :

sonne dont le cœur ne soit sujet à l'orage même qui déracine.

Quesnel à du Vaucel 4 mars 1695.

Voici deux belles actions et quasi trois.

M. l'abbé de Fénelon a remis volontairement au roi l'abbaye de Saint-Valery, qu’il avait reçue de Sa Majesté pour premier bénéfice, à Noël dernier. Son motif est l'unité de bénéfice, ayant été nommé à l’archevèché de Cambrai. Les trois cardinaux d’Estrées, de Janson et de Bouillon sont fort contrits de n'avoir point eu cet archevêché. Il est en meilleures mains!. On dit que le dernier l'avait demandé et a été refusé.

La deuxième est que M. l'abbé de Noailles?, frère de M. de Châlons-sur-Marne, a aussi quitté son abbaye de Haute-Fontaine, se voulant contenter de celle de Montiéramé, qui est de 8.000 livres. L’évêque en a fait revêtir (de celle de Haute-Fontaine) un M. Roannet Gillotin, docteur, curé de Joinville depuis vingt-cinq ou trente

‘ans, grand vicaire de l’évêque défunt et de celui-ci, qui

lui fait quitter sa cure pour l'avoir auprès de lui en la même qualité. |

Enfin, on dit que M. de Châlons lui-même voulait aussi quitter sa domerie d’Aubrac pour se réduire à

1. Quelle illusion ! Le P. Quesnel n’aura pas de plus opiniâtre persécuteur que Fénelon. Pendant quinze ans, pour effacer la tare du quiétisme et se venger du cardinal de Noailles, l'archevêque de Cambrai fera sienne l'affaire des Réflexions morales et s'acharnera jusqu’à la dernière

heure contre les jansénistes.

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