M. de Harlay, archevèque de Paris
3. L'abbé de Pontchâteau (1648-1690) devint solitaire de Port-Royaldes-Champs, après avoir été de nombreuses années grand voyageur et comme l'ambassadeur du monastère.
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nous à touchés. Les deux coups si subits, si peu attendus, qui viennent de terrasser deux personnes si précieuses !, si nécessaires et si essentielles, pour ainsi dire, aux œuvres de Dieu, vous auront sans doute fait penser à ce qui est écrit de cet homme de souffrance de la loi de nature qui n'avait pas sitôt reçu une mauvaise nouvelle qu’une autre lui était apportée avant qu'il eût le loisir de se reconnaitre.
Je ne laisse pas de vous plaindre, mon cher Monsieur, quelque connaissance que J'aie de la fidélité que Dieu vous donne en ces occasions, et je n'ai pas de peine à comprendre quelle violente secousse votre cœur, tendre comme il est et amoureux du bien de l'Eglise, aura souffert en apprenant des nouvelles auxquelles vous ne vous attendiez pas, quoique une foi aussi vigilante que la vôtre s’attende toujours à tout.
J'ai reçu enfin l'Amour pénitent. La belle chose! la digne apologie de l’amour de Dieu et de la grâce de la nouvelle alliance ! Il est bien important que ce livre soit approuvé à Rome?, et qu'il coure dans les mains de tout le monde en toutes langues”.
Quesnel à M"° de Fontpertuis Orléans, 14 février 1684.
Je ne suis pas, Madame, dans une petite peine touchant l’état de la maison désolée, quoiqu'on nous ait assurés que le roi avait laissé une pleine liberté pour
1. M. de Sacy et la Mère Angélique de Saint-Jean, morte le 29 janvier 1684. « L'année 1684 fut surtout une année funèbre. M. de Sacy louvrit en mourant à Pomponne, le 4 janvier. La Mère Angélique mourut trois semaines après, percée de la douleur comme d’un glaive. » (Sainte-Beuve, Port-Royal, V, 245.)
2. Il fut, au contraire, censuré par le pape Alexandre VIII et défendu par un décret de la Sacrée Congrégation. Il parut, à la fin de 1740, une traduction francaise, en trois volumes in-12, de l'Amour pénilent.
8. Dans ses Lettres spirituelles (3 vol. 1721), Quesnel remarque, en
l'élection d’une nouvelle abbesse!. Le silence profond de tous ceux qui m'en pourraient mander quelque chose et ce que disent les nouvelles écrites à la main, que l’on parlait de faire venir toutes les religieuses de Port-Royal-des-Champs dans la maison de Paris, augmentent mon inquiétude. J'espère que vous voudrez bien, Madame, me faire savoir ce qu'il y a de bon et de mauvais. J’appréhende bien cependant que vous ne soyez pas en état de m'écrire et que le contre-coup d'un accident si funeste ne vous ait accablée.
Quesnel à M*° de Fontpertuis, à Paris Orléans, 13 juillet 1684.
Votre lettre, Madame, est bien affligeante, car elle m'ôte quasi toute la joie que nous avait donnée la convalescence du malade que vous gardez?, en me faisant craindre que sa santé ne dure pas longtemps. Et vous me faites connaître l'extrémité de l’autre (M. de Sainte- Marthe), si grande qu'il est difficile qu'un homme de son âge, et qui a été si infidèle à son corps, se tire de ce pas.
Dieu est le maître : il faut attendre avec soumission la déclaration de sa volonté sainte et toujours aimable, quand même elle nous afflige. Cependant, il faut pourtant qu'il y ait des forces en lui pour avoir résisté à une si rude attaque, et je voudrais bien qu’on le ménageât davantage, en lui laissant son sang et en ne le tirant point sans grande nécessité. Il faudrait le tirer de toute application, le mettre dans un train de vie un peu débauchée, où les exercices de la vie pensive et stu-
parlant de ce même ouvrage, que « c’est un livre excellent pour les
confesseurs »,t. 1, p. 457.
1. L'élection se fit, en effet, sans encombre. La prieure, M"° du Fargis, fut élue abbesse, et la mère Agnès de Sainte-Thècle-Racine, tante de Jean Racine, fut désignée comme prieure,
2, M. Nicole,
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dieuse cédassent entièrement la place à la vie animale et où il ait une compagnie un peu divertissante. Ce régime lui serait peut-être plus utile que beaucoup de remèdes.
M°° de Villechaux, qui est très affligée de son état, dit que la ptisane dont je vous envoie la composition, de l'invention de M. l'abbé Gendron, est admirable pour les poumons et pour les fluxions de poitrine, et qu'elle en a vu des effets surprenants. Elle ne peut faire de mal, et l'essai n'en coûtera pas beaucoup. Je vous l'envoie, Madame, telle que me l’a donnée M"° de Richemont, qui prend aussi beaucoup de part à la santé de notre cher convalescent.
L’hôtesse du second malade me manda sa maladie au commencement. Je n’en ai point su d’autres nouvelles que les vôtres depuis, et je crains les premières que Jen recevrai. J'aurais peine à lui pardonner sa mort; car, à son âge et par le temps qu'il faisait, d’entreprendre des courses de cette force, c’est vouloir mourir.
Une dame m'a mandé une aventure qui peut avoir des suites, et qui marque au moins que l’on n’est pas encore mort sur l'affaire dont le procès dure depuis si longtemps.
La maladie n’aura-t-elle point retardé la publication du livre du schisme!?
J'ai reçu la lettre? de l’auteur avec le mémoire; je lui en rendrai compte au premier jour.