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Quesnel à M"° de Fontpertuis
Bruxelles, 26 mai 1685.
J'écris à cette pauvre petite dame dont vous avez eu, Madame, la bonté de m'envoyer la lettre. Si elle était raisonnable, elle aurait dû être contente de celles que je lui avais écrites, car Je lui promettais tout ce que je lui pouvais promettre. Son voyage de Rome était résolu avant qu'elle sût rien du mien, et il a bien fallu qu’en s’y préparant elle se préparât aussi à se passer de moi. Je lui dis tout ce que je puis pour la consoler; car, pour la guérir, il faut autre chose que des paroles, à moins que ce ne soit une de ces paroles que dit au cœur celui qui en a la clé et qui seul peuë l'ouvrir sans que personne le puisse fermer, et le fermer sans que personne puisse l'ouvrir. Je souhaite de tout mon cœur qu'il plaise à Notre-Seigneur lui parler de cette manière et la réduire, par la puissance qu'il a sur son cœur, à se soumettre à sa volonté et à se donner à lui indépendamment des créatures.
Le malade [Arnauld|] qui vous a inquiété est, Dieu merci, parfaitement guéri, sinon quil se sent faible, ce qui n’est pas surprenant, après une maladie de trois semaines, à son âge. Vous vous alarmez un peu trop, et cependant Je vous avoue que je ne puis le trouver étrange; car je ne saurais vous dire toutes les pensées qui viennent d'abord dans l'esprit, quand on voit commencer ces sortes de maladies à ce bon abbé et quand on fait réflexion que c’est comme une rente annuelle, que la partie attaquée est faible et s’affaiblit avec l’âge tous les Jours. On se croit obligé de vous dire (mais pour vous, et sans que personne de son couvent d'ici le sache) que l’on s'aperçoit bien que ce bon abbé s'inquiète dans ces sortes de maladies et qu’il