‹ Un janséniste en exilChapitre 30 sur 146 · LUC · texte numérisé non relu

LUC

nes hat DE al té

US Ge

Dé AN

; an Éd ee AY " address de tt le D té à)

id Si A beats \

L'Se

te

Rd ch de

Luc

vous en dois, au contraire, un très grand remerciement, .puisqu'en différant vous m'avez épargné une des plus grandes peines où je puisse me trouver jamais, en ne me mandant point, comme vous auriez dû le faire, le danger où nous étions de perdre une personne! qui nous est si chère et qui est si utile à l'Eglise, pour ne rien dire davantage. Mais il est vrai

aussi que, si Dieu en eût disposé et que j’eusse appris

une si triste nouvelle sans y être préparé, c’eût été un terrible coup pour moi, quoiqu'après ce que nous avons vu cette année, et dans l’état où est ce qui nous reste, il faille se préparer et s'attendre à tout. Cependant ces événements me font voir que, s’il y a de la consolation à vivre avec ses amis, on a au moins cet avantage, quand on en est éloigné, que l’on sait quelquefois plus tôt leur guérison que leurs maladies, et que l’on se trouve au port sans avoir ni entendu le bruit des tempêtes de la mer ni aperçu le danger du naufrage. Pour vous, Madame, vous l’avez vu de près et vous ne l’avez pas vu d’une manière oisive, puisque vous avez secouru le vaisseau avec tant de soin et tant desuccès. Le plaisir que l’on a de rendre service à ses amis dans cet état est presque le seul avantage que l’on ait quand on est auprès d'eux. Et, si ce n'était une injustice d’envier cette joie et cette satisfaction à ceux qui l’achètent si cher par leurs fatigues et par la douleur de les. voir souffrir et par la crainte de les perdre, je vous envierais, Madame, cet avantage. Jouissez encore du plaisir de voir revenir notre cher malade et de le voir pour ainsi dire ressuscité, et ne trouvez pas mauvais que je partage avec vous ce plaisir, quoique je n'aie pas eu part à votre crainte.

1, Nicole,

Quesnel à M°° de Fontpertuis

Bruxelles, 31 juillet 1685.

Un billet seulement, Madame, pour vous dire qu’une abbesse qui était ma voisine de quatre lieues, il y a six mois, me mande qu’elle m’a envoyé une lettre d'un insulaire [P. du Breuil] que je n'ai point reçue. Peutôtre ne vous a-t-elle point été adressée, peut-être

sera-t-elle demeurée par mégarde. Cet insulaire est

probablement celui dontje vous montrai Les lettres chez vous, à la campagne, et Je donnerais beaucoup d’autres lettres pour les siennes.

Il me prend grande envie de vous gronder terriblement. À quoi songez-vous donc de vous faire arracher les dents et de vous livrer à un bourreau? Attendez au moins l’occasion de le faire pour la foi ou pour la justice. Vos fluxions demanderaient un remède plus doux et qui serait plus efficace. Ce serait de ne vous pas tant échauffer le sang par vos veilles, vos courses, vos jeûnes, vos fatigues et vos autres fredaines, par lesquelles vous vous poussez à bout. Ne serez-vous jamais raisonnable sur ce chapitre, et ne vous résoudrez-vous jamais à faire à vos amis le plaisir de vivre un peu plus humainement que vous ne faites? Bien vous en prend que j'aie pris un papier si petit et où J'ai encore d’autres choses à mettre. Je vous en dirais bien davantage, quelque expérience que l’on ait que vous ne vous épouvantez pas du bruit.

Hélas! que deviendra notre pauvre ami au milieu de ces nouveaux mariés? Je le plains bien, mais plus encore celui qui lui donne à ses dépens cette pitoyable occasion de dégoût. Je ne vous dis point que j'écrivis hier à M°° la marquise et à la petite abhesse, et que

ce. dt.

Dre

Page 1