Bibl. de l’Arsenal, ms
de, SL
est ce que l’on peut trouver de meilleur en ce monde. Ne serait-il point à la Trappe (car l'abbé est de ses amis) ou à Sept-Fonds, dont l’abbé est aussi de sa connaissance, où à Grenoble, à une lieue de laquelle il y a une petite solitude qu'on nomme MWiseré, qui est une vraie retraite pour un homme qui ne veut point s'enfroquer. Chacun devinera comme il pourra. Il sait bien où il est lui-même, et cela peut lui suffire.
Quesnet à M. Fromentin, à Orléans!
12 juin 1686.
Peut-être, Monsieur, que le bruit public vous aura déjà appris la perte que nous venons de faire du saint évêque de Castorie. Vous le connaissiez et vous l’aimiez ; cest assez pour me faire comprendre jusqu’à quel point cette nouvelle vous affligera, et pour vous faire concevoir combien nous en sommes touchés. Mais enfin Dieu l'avait donné à son Eglise comme un flambeau pour l’éclairer. Il s’est consumé en l’éclairant, et le voilà réuni pour jamais à sa source et heureusement perdu dans cette lumière inaccessible et éternelle. Qu'il est heureux, Monsieur, d’avoir consommé l’œuvre que Dieu lui avait donné à faire et d’avoir travaillé à son salut, en travaillant de toutes ses forces à celui des peuples que la Providence lui avait confiés ! Il est mort à Zwolle, dans l’Over-Yssel, achevant une visite pastoralé qu'il était allé faire dans un pays où la religion est plus persécutée et où 1l courait beaucoup de risque. Ïl a achevé de se consumer dans cette visite où l’on dit qu'il a confirmé près de trente mille âmes. Un tel évêque, après une vie toule remplie de travaux, de fatigues, de peines, de sollicitudes, sans aucun revenu
4, Bibl. de l’Arsenal, ms. 5782,
assuré, au milieu des traverses et des persécutions de
la part des faux frères et des ennemis déclarés, occupée …
outre cela à la défense de la vérité et consommée par M
une sainte mort; un tel évêque va paraître devant Dicu avec confiance, et c’est quelque chose de terrible pour
d'autres prélats, qui passent la plus grande partie de
leur vie éloignés de leur troupeau, dont ils se sont peut-être chargés sans vocation. chargés de bénéfices, au milieu des richesses, de l’estime et de la pompe du monde, et faisant peut-être peu de chose dans leur diocèse. C'est, dis-je, une chose terrible que de penser au dernier jour, où 1l faudra paraître devant un Juge qui est Dieu et qui opposera à ces évèques la vie des plus saints prélats de l'Eglise; mais cen’est pas notre affaire. Nous avons assez à craindre pour nous, el nous avons sujet de trembler chacun pour nos péchés. Profitons, mon cher Monsieur, de tant d'exemples qui nous persuadent que la vie est courte, et que cette vapeur que nous voyons disparaître si souvent en la personne de nos amis disparaîtra l’un de ces jours dans la nôtre.
Quesnel à M°° de Fontpertuis
5 juillet 1686.
Je ne vous dis rien, Madame, du pauvre P. du Breuil!. Je ne me suis guère attendu à aucun changement. Ce qu'on à fait pour lui n’a pas été inutile, puisqu’après que l'on à épuisé en vain tous les moyens humains pour sa délivrance on doit demeurer plus convaincu que jamais que Dieu s’est réservé cette affaire et qu'il en veut faire quelque chose de grand et de digne de sa bonté.
Ce serviteur de Jésus-Christ souffrira beaucoup ; ses infirmités augmenteront tous les jours ; ilsera peut-être