Louis de Bourbon, prince de Condé, dit le grand Condé
qu'on le laissât uniquement penser à son salut. Et, peu de moments avant d'expirer, il commanda à un gentilhomme de faire souvenir, de sa part, les deux princes des paroles d’un prince qu’ils devaient croire et du temps où ils les avaient entendues.
Il mourut après cela avec une intrépidité incroyable. Dieu au moins fit connaître qu'il est le maître du cœur des princes, et il a arraché de celui-ci, que les esprits forts regardaient comme un héros, une confession bien glorieuse à sa grandeur divine. On dit que les seigneurs, et d’autres aussi à qui il parla, furent étourdis de cette confession. PIût à Dieu que ce trouble eût duré et leur fût devenu salutaire! Il y avait plus d’un an qu'il
avait fait une confession générale au P. Deschamps,
jésuite. Ce père n'arriva pas assez tôt pour le voir mourir et l’assister en ce passage. Un P. Berger s’y trouva, qui lui dit une fois qu'il fallait mourir aussi glorieusement qu'il avait vécu. Il rejeta cette exhortation, en lui répondant quil n’était plus question de penser à la gloire, qu'il n’y avait que trop pensé, et qu'il fallait tâcher de mourir humblement. Il écrivit au roi une lettre qui court, pour lui demander pardon de ce qui s'était passé autrefois et la grâce du prince de Conti. Le roi fondait en larmes en lisant cette lettre, et il avait déjà accordé la grâce que M. le Prince lui demandait. Q
Quesnel à M"° de Fontpertuis
22 janvier 1687.
Peut-être ai-je tort de n'avoir pas fait plus tôt réponse à votre lettre du 6 de l’an, ma très bonne mère et ma très chère sœur; mais aussi pourquoi la vôtre arriva-t-elle un moment après que notre paquet était parti, comme peut-être il arrivera encore aujourd’hui?
Il n’y a point d'autre inconvénient à tout ceci, sinon que vous aurez été en peine au sujet de la rupture. Mais je supposais que vous en aviez été informée dans le temps, parce que je croyais qu’on vous avait consultée sur le remède du roi; cependant je me suis trompé, on n'avait pas voulu vous alarmer.Vous jugez bien qu'on n’a pas attendu si tard à se pourvoir d’un bandage. Il y a ici un Italien qui les fait bien, et on en a eu un, dès le mois de juilletou d'août que l’on s’est aperçu du mal. [l n’aime pas trop qu’on lui en parle, et il ne veut pas aussi qu'on lui en paraisse alarmé. Ce qu'il y avait donc de particulier dans son dernier rhume, c'est que la toux, répondant là quand elle est violente, le mal s’en porte moins bien, et je crus devoir marquer cette circonstance afin qu'on y eût égard, si on délibérait sur sa maladie, qui ne me parait pas proprement un rhume ordinaire, mais un débordement d’humeurs qui samassent avec le temps et qui se déchargent environ tous les ans. Comme il ne crache ni ne mouche quasi point, la nature ne se décharge point jour à jour, mais de terme en terme.
Il n’a bougé de la chambre, depuis sa maladie, que pour aller une fois à Saint-Vast. On a diné pendant le froid dans sa chambre.
Quesnel à M*%° de Fontpertuis
5 février 1687.
J'ai fait part au P. abbé [Arnauld| de la proposition touchant le remède du sieur Ivan Roze, que vous dites que l’on serait tout près d'envoyer; mais on a cru qu'il y avait équivoque dans votre lettre aussi bien que dans celle-ci, et l’on a douté si vous voulez parler de l'envoi du médecin ou de celui de la médecine. Il serait, avant toutes choses, nécessaire de savoir si les éures qu'il a
LE hé dns Ed ve ve LS nr ot et
a met dés