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faites sont de jeunes gens ou sur toutes sortes de per-
sonnes indifféremment; car on dit que les enfants gué-
rissent aisément de ce mal et qu’il n'en est pas de même des vieillards. Mais, supposé que le remède soit bon à tous et que M. Le Doux [Hamon]! approuve que le R. P. abbé s’en serve, il n’y a point de répugnance ; on pourra l'envoyer avec une bonne instruction. Que s'il est nécessaire que le médecin vienne lui-même et que vous aÿez voulu parler de lui, c’est une autre
affaire, et il faut voir s'il y a assez de fondement à faire
sur ce remède pour donner lieu à ce voyage, ets'il n'y a point d’inconvénient qu'il le fasse. Vous en jugerez mieux par delà que personne et vous prendrez le parti que vous croirezle meilleur.
Je crois maintenant M. de Bethincourt [Nicole] à son nouveau gîte. Dieu veuille qu'il trouve une nouvelle vie et de nouvelles forces dans ce lieu! Je souhaiterais bien que le bon Dieu nous le voulûtencore prêter pour quelques années et Île mettre en état d'achever sa besogne et d'en commencer d'autres. Nous sommes entre la crainte et l'espérance touchant M. de la Viémur [Port-Royal] et sa petite famille. Voilà le bon P. Desmares ? retourné à Dieu. Iln’aura pas manqué de donner ordre à tout.
1. Jean Hamon, une des figures charmantes du jansénisme, ce médecin de Port-Royal qui, vers l'âge de trente et un ans, s'était senti « violemment poussé vers Dieu » et devint, depuis lors, la consolation des religieux du grand monastère. Mystique et doux, presque le seul de Port- Royal, dit Sainte-Beuve, « qui ait des fibres tendres ».
9, Le P. Desmares, de l'Oratoire, fut accusé de doctrines calvinistes, Il avait fait un voyage à Rome pour défendre le livre de Jansénius et fut interdit comme prédicateur. II mourut à Liancourt, le 19 janvier 1C8T, à quatre-vingt-sept ans.
Quesnel à M" de Fontpertuis !
Il est vrai que cette pauvre petite femme* est morte, et d'une manière assurément consolante. Le théologal qui l’a assistée m'a écrit le détail; mais j'avais recu d'elle une lettre immédiatement avant sa maladie, et du 26 janvier, où elle semblait prédire sa mort, en me répondant sur ce chapitre dont je lui avais écrit, et elle m'y paraissait pénétrée de très bons sentiments, comme elle l'a toujours été. Il se passait en elle quelque chose de fort extraordinaire et dont elle n'était pas la maîtresse, et surtout quand elle se voulait confesser. Elle n'avait pu le faire depuis qu'elle était éloignée de son confesseur ordinaire, quelque chose que j'aie pu lui dire, et, lui en ayant écrit quelque temps avant sa maladie, elle prit enfin la résolution de le faire, ce qu'elle n’avait pu faire auparavant. Elle me le manda donc en ces termes : «Eh bien, mon Père, Je veux faire tout ce que je pourrai pour me confesser, mais, si vous saviez ce que je souffre ! La seule pensée de me confesser me fait venir la palpitalion de cœur; J'en suis à la mort, ce sont des répugnances terribles, un trouble dans les sens et dans l'esprit, des douleurs intérieures si violentes que je n'ai presque pas la force d'y résister. Je crains de mourir à la peine. On se moque de moi ici quand, je veux parler de cela. On croit que J'ai quelques attachements au monde, que Je ne veux pas quitter. Il me