PRÉFACE XIII
volumes assez copieux, nous avons éliminé loutes les lettres trop exclusivement théologiques et retenu celles, plus vivantes et plus humaines, qui comportent un intérêt historique ou littéraire.
Lorsque, pendant de longues années, on a feuilleté, dans l'intimité des manuscrits, une correspondance qui s'étend sur une période de plus d’un demi-siècle, de 1667 à 1719, peut-être la juge-t-on avec des veux prévenus, avec l'enthousiasme d'une sorte d'affection rétrospective. Pourtant 1} nous semble ne pas nous abuser, en attribuant à ces lettres la valeur d’un document véridique, d’une contribution utile à l'histoire politique et religieuse. Elles éclairent d’un jour nouveau le règne de Louis XIV.
D'un style alerte et sobre, plein d'animation dans la jeunesse, de solidité dans l’âge mûretde grandeur sereine vers le déclin, cette correspondance se lit avec une sympathie et une admiration croissantes pour l’exilé stoïque, dont la vie se partageait à Amsterdam entre le travail, la prière et l'amitié.
« I suffit, dit Voltaire avec dédain, d’être novateur pour être austère. » Et par là il prétend ravaler le proserit qui, libre et hors de communauté, ne se départit pas un seul jour de la discipline sévère de l'Oratoire. Le sarcasme voltairien n’entame nt la noblesse de ce caractère ni l'intrépidité de cette conscience.
Quesnel aura eu la douleur de voir lultramontanisme envahir l'Église de France; il aura assisté à la revanche de Rome, atteinte dans son orgueil et son