‹ Un janséniste en exilChapitre 3 sur 146 · ST EE · texte numérisé non relu

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PRÉFACE XI mois à peine avant la destruction de Port-Royal, il proclame l'influence croissante de la Compagnie de Jésus, d’abord sur les décisions du pape, puis sur les actes du roi.

Entre temps, le P. Quesnel est arrêté à Bruxelles, le 30 mai 1703, en vertu d’un ordre arraché à Philippe V, roi d'Espagne, par la toute-puissance des jésuites. Ses papiers sont saisis, examinés, copiés, expédiés en France, où la cabale s'applique à le perdre dans l'esprit de Louis XIV. Ses amis s’'émeuvent, son frère Guillaume accourt à Bruxelles avec l'avocat Brunet. Le pauvre Quesnel risquait fort de terminer dans les prisons d'église une existence languissante, comme le P. du Breuil et tant d'autres innocents inculpés de jansénisme, lorsque avec l’aide de deux aventuriers hardis et dévoués il réussit à s'évader. Nous donnerons une relation de cette délivrance, qui met en scène le digne oratorien, sortant en chemise par un trou percé dans la muraille et parcourant les rues de Bruxelles sous un déguisement féminin. Réfugié à Amsterdam, il demeura seize années à la tête d'un petit monastère domestique, où viendront prendre place de fidèles amis, exilés à leur tour, les docteurs de Sorbonne Petitpied et Fouillou.

Cependant, les deux évêques de Luçon et de la Rochelle , parfaits molinistes, vont pousser l'audace jusqu'à faire afficher à Paris, sur les murs mêmes de l’archevêché, la censure du livre de Quesnel. Noailles, dans un mandement publié le 28 avril 1711,

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s'élève hautement contre cet outrage infligé à ses

droits et à sa personne. Loin d'être soutenu, il est

désavoué par Louis XIV. Un arrêt du conseil, en

date du 11 novembre 1711, révoque le privilège des se nn: Réflexions morales, en défend le débit et la réim-

pression. L'année suivante, le parlement condamne l'ouvrage au feu, et, pour l’anéantir, la cour de France demande à la cour de Rome la flétrissure. suprême d'une bulle pontificale.

Tandis que l’archevèque de Paris perd son ré î É

et la bienveillance du roi, Quesnel combat pied à pied, fait front à toutes les attaques, entasse mémoires et justifications, écrit et correspond sans trève. Lorsque la bulle Unigenitus vient, en 1713, le noter d'hérésie, abandonné pour un temps par le faible Noailles, il retrouve, à près de quatre-vingts ans, une vigueur de plume presque juvénile. Passant de la défensive à l'offensive, il organise, au seuil même du tombeau, le parti de l'Appel, qui va lui

survivre en la personne des quatre évêques, Colbert

de Croissy, Soanen, de Langle et La Broue. Ceux-là, k 7e Je plus fermes qu'un cardinal de cour, protesteront

jusqu'à leur dernier souffle contre l’injuste condam-

nalion qui frappe l’oratorien janséniste. Dans la volumineuse correspondance de Quesnel, que renferment les archives du séminaire ancien-

catholique d'Amersfoort et dont nous avons ‘dû la | Ne 1 FT CET RERE DER pre "te communicalion à l'inépuisable obligeance de M. le

président J.-J. van Thiel, il était indispensable de

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