A EE
ve (1
02 CORRÉSPONDANCE DE PASQUIER QUESNEÏ
bilité au concile, et non pas au pape, n’est pas tout à fait hérétique, mais erronée et approchante de l’hérésie.
Il me semble que, dans un temps où les esprits sont si échauffés, il ne faut pas donner des occasions d'écrire, car il est sûr qu'ils perdront toujours leur cause par
les livres qui ne servent qu'à faire voir l’injustice de ces prétentions et la pauvreté de leurs défenseurs, qui sont si méprisables.
Il faut finir. J'aurais bien des choses à dire sur l’usurpation prétendue. Mais je me contenterai de dire que je ne regarde cette affaire ! que comme une affaire temporelle. Telle qu’elle est, c’est une affaire de prince à prince, et qui ne se doit vider que par arbitrage, médiation ou par les armes temporelles. Si le pape était Le plus fort, peut-être aurait-il pris ce parti, etiln a pris l’autre que parce qu'il est le plus faible. Mais la puissance des clefs ne lui a pas été donnée pour cela; c'est en abuser, et si, parce qu'il est évêque, il peut défendre un droit temporel avec les armes spirituelles, il faudra que le roi, qui est prince temporel, emploie toute sa puissance pour maintenir ses droits. Bref, c'est un procès, et c'est une fort vilaine chose de se faire justice à soi-même en sa propre cause. Outre que la bulle n'a jamais été notifiée à l'ambassadeur, ni la peine dont on le menagçait. C’est brutum fulmen. On ignore toujours, dans le barreau, les choses les plus connues, si elles ne sont signifiées dans les formes.
Quesnel à du Vaucel, à Rome
9 avril 1688.
J'abandonne à la Providence le succès de vos soins pour des attestations en faveur de MM. de Louvain et de