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être enfui au lieu de soutenir ceux qui défendaient Belgrade. Vous saurez, avant que ma lettre arrive, ce qu'on nous vient de dire en grandissime secret!, et qui sera public aujourd'hui, qui est la prise de cette ville et château de Belgrade?, par assaut. Il y a eu un grand carnage de part et d'autre, parce que la résistance a été étrangement opiniâtre, la garnison étant encore peu fatiguée d'un siège qui a été si court. Cela va donner encore une grande pente au pape pour favoriser le frère de l'électeur victorieux; mais il y à sujet de craindre une sanglante guerre, principalement si l’empereur fait la paix avec le Turc, comme on dit qu'il la veut faire, pour tourner ses armes contre la France, contre laquelle toute l'Allemagne est fort animée. Vous savez que M. d’Avaux, ambassadeur à la Haye, a fait et donné par écrit la déclaration, de la part du roi, où il déclare vouloir garder la trève et demande aux Etats le sujet de leur grand armement par mer et par terre. Et ensuite il déclare qu'il est résolu de soutenir le cardinal de Furstenberg et le chapitre de Cologne, c’est-àdire le plus grand nombre, qui est pour ce cardinal. Je ne puis comprendre comment cela se peut accorder avec la déclaration que ce cardinal a faite de se soumettre au Jugement du pape et avec le procès en forme qui se poursuit en son nom à Rome. Si le pape était bien conseillé, il casserait les deux élections et postulations, déclarerait les deux prétendants incapables d’être élus, à moins de quitter actuellement tout ce qu ils ont d’évêchés, et les mettrait en parité.
Ici on vit au jour la journée, on s’attend à tout, et à la protection de Dieu plus qu'à toute autre chose.
1. En note : « À cause qu'on est allé porter à Gand la nouvelle au gouverneur général. »
2. Belgrade est enlevée aux Turcs, le 5 septembre 1688, par les Impériaux, sous la conduite de Maximilien-Marie, électeur de Bavière, frère du prince Clément, dont il est question dans les lettres précédentes pour l'électorat de Cologne.
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L’internonce!, qui fait ses exercices chez les bons Pères, quand il veut en faire, n’est pas un homme à qui il faille faire confiance de rien. C’est un petit lanternier; ainsi il faut bien prendre garde comment on lui écrirait.
Quesnel à du Vaucel, à Rome
23 septembre 1688.
Nous avons enfin avis que le ballot est arrivé à Amsterdam, et j'espère que nous l’aurons bientôt, malgré la guerre qui est sur le point de s’allumer; mais les Pays-Bas espagnols n’ont rien à craindre, parce qu'il n'y aura point de rupture entre la France et l'Espagne. Tout sera, d’une part, entre les royaumes de France et d’Anglelerre, et Îles Etats hollandais, joints aux protestants d'Allemagne; et, d'un autre côté, entre la France pour Furstenberg et le cercle de Westphalie soutenu d’autres princes. Il est entré 3.000 hommes de ce cercle dans Cologne, et les troupes françaises sont à auprès.
Quesnel à du Vaucel, à Rome
8 octobre 1688.
Le paquet du dernier courrier à été reçu, riche à l’ordinaire des fruits de votre travail, Monsieur, et de vos soins infatigables. Je voudrais que tout ce qui a été envoyé le fût déjà, dans la crainte que J'ai que quelque courrier ne tombe dans les mains des Français qui sont maintenant en Allemagne; mais on na pas manqué de changer les routes de Ia poste.