‹ Un janséniste en exilChapitre 72 sur 146 · Les quatre articles de l'assemblée du clergé de · texte numérisé non relu

Les quatre articles de l'assemblée du clergé de

21A Hièce.

3. Jean de Lugo, jésuite espagnol, cardinal en 1643, mort à Rome en 1660. « Ce fut lui qui donna le premier beaucoup de vogue au

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par les livres, thèses et écrits, selon l’ordre des temps. C’est à la tête de cet écrit latin que serait la lettre sur

laquelle nous attendons votre jugement dans quinze

ours.

Je vous rends grâces de la copie de la censure de

Salamanque; elle ne sera bonne que pour servir de

mémoire pour l'histoire de la naissance du molinisme. On mande que M. le Dauphin arriverait à Fontai-

nebleau le 15, le roi y allant. Voilà la campagne finie.

On dit l'électeur de Mayence ou mort, ou peu s’en faut,

Quesnel à du Vaucel, à Rome

Bruxelles, 3 novembre 1690.

Il est aisé de vous avoir la Vie de saint Louws, car elle est imprimée en petit en ce pays, en deux in-12. Mais la difficulté est de l'envoyer.

Je ne sais pourquoi vous dites que la mer est libre, car la Méditerranée le sera moins que jamais, les Français devant croiser avec plus de vaisseaux pour empêcher les secours que l’on voudrait faire passer en Piémont.

On mande de Paris que l’affaire de l’accommodement se traite présentement entre le pape et le roi immédiatement. Je n'en sais rien.

M. de Seignelay ! a reçu le viatique ; on croit qu'il n’en échappera pas. C’est une étisie. Tout ce que vous nous dites du cardinal Casanate en donne une bonne idée

quinquina, qu'on appela la poudre de Lugo. 11 la donnait gratuitement aux pauvres et la vendait chèrement aux riches. On l’accuse d'être l’auteur du Péché philosophique, découverte un peu moins utile que celle du quinquina. Les ouvrages de Lugo sont aujourd'hui confondus avec la foule trop nombreuse des scholastiques de son siècle et ne sont plus bons qu’à servir d’enveloppe à la poudre qu'il débitait. » (Diclionnaire hislorique.)

1. Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, ministre et secrétaire d'Etat de la marine, mourut le 30 novembre 1690, à trente-neuf ans.

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et ferait souhaiter qu'il fût un jour pape; et il y aurait à espérer que l’on pût voir en cette place le meilleur sujet. Dieu l’y peut mettre. Nous avons perdu M. Flémal, excellent curé à quatre lieues d'ici. Il mourut, il y a trois ou quatre Jours. Voilà bien des amis de la vérité qui s'en vont. [ls ne sont pas à plaindre; car, en vérité, la manière dont toutes choses vont ne donne guère d'amour pour la vie, et on ne voit de jour en jour que nouveaux sujets de douleur et de nouvelles raisons de gémir dans notre exil. Toute l'Europe en feu, et toute l'Eglise abandonnée en quelque facon à la malignité de ceux qui quærunt quæ sua sunt, non que Jesus Christi.

Quesnel à du Vaucel

Bruxelles, 1° décembre 1690.

Faut-il qu'un misérable comme Albizzi, et qui à fait tant de mal à l'Eglise, jouisse injustement d’une si grande réputation? Les jésuites, dans leur Cataloque, l’élèvent jusqu'aux nues, dans une observation avant la préface de la troisième édition. Vous savez bien la friponnerie qu'il fit à la bulle d'Urbain VIII, en y fourrant le nom de Jansénius contre la défense expresse du pape. Il ne tint qu’à l'abbé Hilarion de le perdre, et il ne le voulut pas. Combien de maux il eût peut-être arrêtés par une charité plus éclairée et plus attentive au bien véritable de l'Eglise qu’au faux honneur d’un particulier si indigne! Il le faut joindre au P. Mulard (P. Désirant) et à Desmarets!, pour faire un triumvirat complet.

1. Le poète Desmarets de Saint-Sorlin, après une vie de libertinage, se jeta dans une dévotion exaltée, furibonde, à la suite et peutêtre à la solde des jésuites. Il dénonce les jansénistes, incrimine

Le cardinal Casanate paraît bon esprit et bien équi table. Une douzaine comme lui dans le Sacré-Collège feraient beaucoup de bien à l'Eglise. Je plains, mais médiocrement, le bon P. Estiennot!. Il a perdu son protecteur, le cardinal Ranuzzi. Dom Jean de Saint- Laurens est donc à Rome; car c’est ainsi que s'appelle le petit dom Cosme, qui n’est pas si grand’chose qu'on pourrait croire pour la prédication. Il est fils d'un cabaretier ou hôtelier d'Orléans. Le cardinal de Bouillon est son patron et lui a procuré ce qu'il a pu de meilleures chaires. Dieu veuille qu'ils n aient eu ensemble que des liaisons d'intrigues! Il était, en effet, envoyé par ordre du roi, je ne sais où, avec ordre de lui faire bien faire pénitence. On avait mandé de Paris que celui qui seul était chargé de le voir et de lui porter à manger, étant allé à la campagne pour trois jours, oublia de laisser sa commission à un autre. On le trouva comme un homme qui avait été tout ce temps-là sans manger, sur son lit, sa croix entre les mains, fort faible et croyant qu'on le voulait laisser mourir de faim, à quoi il se préparait. On disait que le roi avait dit qu'il reconnaissait qu'il était pénitent, et qu'il avait des ordres pour le mettre au large. C’est peut-être ce qui Jui a donné occasion de s’y mettre davantage.

Quesnel à du Vaucel

Bruxelles, 15 décembre 1690.

Vous nous faites bien rire, et surtout c'est un grand régal pour M. D. | Arnauld| de vous voir plaindre l’armée

Saint-Cyran, soulève le fameux débat où Jean Racine se conduisit en enfant prodigue et en fils ingrat. Il sonne le glas anticipé de la révocation de l’Edit de Nantes et de la ruine de Port-Royal. Cependant est-ce bien de lui qu'il s'agit, puisqu'il mourut en 1676?

1. Dom Claude Estiennot de La Serre (1639-1699), procureur général

de la congrégation de Saint-Maur à Rome, principal agent de Bossuet dans l'affaire du quiétisme.

de M. de Catinat comme enfermée. Il est vrai qu'il a laissé enfermer une partie de son armée dans Suze, mais c'est en chassant de là les Savoyards. Je m'étonne comment M. l’ambassadeur ne dément pas ces faux bruits en communiquant ses nouvelles.

La lettre du P. Rapin contre M. de Paris n’est point dans l’Index de 1683 que vous m'avez envoyé. Je ne sais si c’est que la défense serait postérieure, ou que l’auteur de l’/ndex n'a pas eu d’assez bonne mémoire.

Je ne puis vous rien dire du ballot. Je n’entends rien à tout cela. Vous vous flattez trop de croire que la mer soit plus sûre, présentement que la France croise incessamment sur la Méditerranée pour empêcher les secours qu'on porte en Savoie.

Quesnel à du Vaucel

Bruxelles, 29 décembre 1690.

Je suis déjà tout consolé par avance, pour ce qui concerne mon intérêt particulier, de ce que l’on pourra faire contre l’Abrégé de la morale ; mais la Part que j'y ai ne n'empêche pas que je ne doive gémir des principes sur lesquels on fonde ces condamnations et de l'esprit avec lequel on les sollicite. Vous ne me dites point positivement qu'on l'ait désirée, mais vous le supposez. Il me semble qu’un des due usages que M. le cardinal Le Camus pouvait faire de son crédit à Rome, en vertu de sa dignité et de sa réputation, serait de s'opposer à ces sortes de condamnations en représentant aux congrégations combien cela les décrie parmi les personnes pieuses et parmi les savants. Si j étais assuré que le livre fût menacé, je tâcherais de faire passer jusqu'à cette Eminence une lettre pour le prier d'agir pour sauver ce livre, qui a été imprimé à Grenoble et qu'il connaît bien; mais peut-être que le

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coup est déjà donné. Comme ma personne, à cause du

Saint Léon, n’est pas trop agréable à ces MM. les censeurs, je ne sais s’il est à propos qu'ils sachent de qui est a Morale. Je vois bien que l’on ne gagne rien à les ménager. J'ai un long écrit tout prèt, il y a huit ou dix ans, contre la condamnation du Saint Léon. Je ne l’ai pas voulu faire imprimer, et j'ai cru qu'il était bon de ne les pas irriter; mais, puisqu'ils sont si intraitables, je pourrais le rendre public avec le temps, non par esprit de vengeance, mais pour faire connaitre que ce sont des ignorants. Je ne sais si le nom de M. Du Pin, qui est parmi les approbateurs, n’y nuira point. C'est le libraire qui a fait tout cela, et l’auteur ne s’en est mêlé d'aucune manière. Sion pouvait avoir un mémoire des motifs, ce serait une bonne chose.

Priez pour de pauvres gens qui sont menacés d’être bombardés par les Français. Ils font des expéditions terribles et mettent le feu partout. On dit qu’on a senti ici quelque petite secousse de tremblement de terre.

Ce. signe et celui de la guerre universelle pourraient.

faire croire que la fin du monde approche.

Quesnel au P. du Breuil

Bruxelles, mai 1691.

J'ai grand tort, mon très cher Père, d'être si longtemps sans vous écrire. Ce n’est pourtant pas faute de penser à vous, cariln’y a point de Jour que vous ne vous présentiez à mon esprit et que cet esprit ne vous rende

visite, à peu près comme un impertinent livre, appelé

le Voyage du monde de Descartes!, feint que ce philosophe ou son esprit prenait quelquefois l'essor et s’en allait faire des découvertes philosophiques par le monde.

Depuis que je ne vous ai écrit, il est bien arrivé du

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