‹ Un janséniste en exilChapitre 71 sur 146 · SEP ER · texte numérisé non relu

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terait à lui donner des témoignages avantageux. Car, pour des réponses du sieur de Saint-Martin [/e pape], on n'en attend plus; mais c'est peut-être parce qu'il n'y pense plus et que personne ne l’en fait souvenir.

Quesnel à du Vaucel

Liège, 15 septembre 1690.

M. Ernest [Ruth d'Ans| partit lundi de Bruxelles, au bruit du canon, avec le nonce de Cologne. Nous n’avons pas de ses nouvelles depuis. Ceci va en droiture. M. Davy [Arnauld] vous salue. Votre avis sur tout cela? Le P. Le Drou est à Liège.

Puisque j'ai plus de temps que je ne pensais, vous en profiterez. Je tombe, en voyant votre dernière lettre, sur ce que vous dites que le P. Massoulié ne peut digérer qu'on se soit engagé à montrer que Jansénius n’à point eu d’autres sentiments que ceux des thomistes; mais pourquoi les thomistes et les dominicains mêmes l'ont-ils dit eux-mêmes avant l’auteur de la Tradition? Car on a rapporté un passage tiré de la conférence de M. Hallier, et on n’a fait que suivre leur professeur, qui y parla avec l'approbation du Général et de tous les théologiens principaux de l’ordre. Mais c'est que les.

vérités changent dans un froc, quand les intérêts sont

ou paraissent changés; mais, quand on n’a point de froc, on ne change pas si facilement. Je ne sais pourquoi ils disent que cela rompt leurs mesures, car ce n’est point une chose nouvelle; ce n’est point eux qui la disent, ils

la peuvent renoncer. Cependant les gens d'esprit voient

bien que tout cela n’est qu’un trigaudage. Enfin il fera telle sauce qu'il lui plaira à ce poisson.

Les moines d'ici ont eu l’insolence de venir faire une seconde visite au grand-vicaire, qui leur a dit qu'ils

eussent premièrement à lui prouver que M. Arnauld était à Liège, et deuxièmement qu'ils lui prouvassent qu'il y répandait une doctrine suspecte. Les honnêtes gens se soulèvent contre une conduite si insolente, et cependant ils ne laisseront pas d’être toujours les oracles du pays, si Dieu ny met la main.

Quesnel à du Vaucel, à Rome

Liège, 22 septembre 1690.

Nous en serons aujourd’hui comme il y a huit Jours, c’est-à-dire que vos lettres arrivées aujourd hui bien tard ne nous seront rendues que demain matin, après que nos lettres auront été portées à la poste.

J'aurais bien envie de vous gronder de n’avoir pas envoyé deux décrets!, l’un à nous, en droiture, dans la lettre que vous avez écrite à M. David [Arnauld]|. On en aurait payé le port de bon cœur, car bien d'honnètes gens l’attendent en impatience.

Je crois vous avoir mandé que les moines ont eu l'insolence de faire une seconde monition à M. le vicaire général, qui les renvoya bien loin, en leur demandant qu'ils prouvassent : 1° que cet Arnauld était dans le diocèse, ou 2° qu'ils prouvassent qu’il répandait de mauvaises doctrines. Ils lui avouèrent que ce docteur avait fort bien écrit contre les hérétiques. Ce furent encore les deux dominicains. Le vicaire est un fort honnête homme et qui aurait plutôt quitté cette charge que de rien faire contre la personne dont ils lui parlaient.

Les réjouissances qui se sont faites à Paris sur la mort du prince d'Orange ne sont pas de commande, mais volontaires.

1. Décret du pape contre le Péché philosophique, du 14 août 1690.

On x envoyé à Paris la réponse à l’insolente préface, appelée Bouhourade ; on verra ce qu’on en fera. Comme la préface n'a été vue qu’à Paris, il serait inutile de la faire imprimer en deçà, d'où on ne la pourrait pas faire passer à Paris.

Je ne sais sur quoi vous fondez ce que vous dites que les jésuites ont abandonné l’infaillibilité du pape dans le droit, car ils n’ont rien fait qui en fasse foi. Ils ont été assez adroits pour se dispenser d'enseigner ni de signer les quatre articles !. Ils jouent les deux, et ils ont trouvé moyen de conserver leur liberté pendant qu’on a assujetti tous les autres aux quatre articles.

Quesnel à du Vaucel, à Rome

Bruxelles, 13 octobre 1690.

Nous aurions pu demeurer là? comme ici; mais nous n'y avions pas les mêmes commodités, livres, papiers, etc. Il n’y à pas ici à craindre de violence de la part du gouverneur, et là on est exposé aux insultes d’un conseil de guerre étourdi, qui fait souvent des coups sans l’ordre et contre l’ordre du prince, qui n’est pas trop le maître chez lui. Et de plus le bruit public de notre séjour était là fort répandu, et les nroines en quête, ce qui n’est pas ici. Enfin cela est fait, et nous sommes sous la garde de Dieu.

Si on avait pu avoir les extraits et les dates des quatorze thèses de Rome, on les aurait mis en leur rang dans l'écrit {si on le fait), qui pourra contenir une espèce de « tradition du philosophisme des Jésuites », à commencer par le cardinal de Lugo*, à continuer

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