Charles-Maurice Le Tellier
2. Douze ecclésiastiques, qui avaient assisté à l'assemblée du clergé de 1682, ayant été nommés à des évêchés vacants, demandaient leur institution canonique. C'était là que Rome les attendait. Elle refusa les bulles, à moins de rétractation des quatre articles. Ce différend se régla, l’année suivante, sous la forme d'une lettre personnelle que Bossuet rédigea. Elle fut adressée par chacun des prélats au pape, mais elle laissait intacte la doctrine de l'assemblée de 1682.
de cette assemblée, et les choses pourront prendre un autre train en les tirant en longueur.
Quesnel à du Vaucel Aer février 1692.
Une lettre de Paris disait que l'affaire du P. Bouhours était accommodée. Une autre marquait que le P. de La Chaise avait dit qu'il sortirait de Ia compagnie. Je crois plutôt le premier. Un de ses amis a fait une fable en vers pour sa Justification, sous ce titre, /e Cygne et les Canards sauvages, fable au P. Bouhours. Les vers sont bons et imitent assez bien La Fontaine. Il y a un jésuite, ou ex-Jésuite, qui à fait l’Aré de prêcher, en vers, qui pourrait bien en être l’auteur.
[ y aurait bien du malheur si un jésuite demeurait embourbé, toute la société étant intéressée à sa réputation.
Nous ne trouvons point M. de Marseille! dans l’assemblée de 1682, et il y avait alors un évêque de Marseille qui est mort depuis?. C'est l'abbé de Saint-Luc qui yest, etnon pas du Luc.
On mande de Paris qu'il y a un ordre en Bretagne pour s'informer de tous ceux qui y sont relégués, pour savoir leurs noms, la cause de leur exil et le lieu où ils ont d’abord été envoyés, et Les secrétaires d'Etat qu ont signé les ordres pour les exiler.
Quesnel à du Vaucel, à Rome
8 février 1692.
On se servira de l'extrait du philosophe qui défend si bien l’art de filouter, pourvu que cet extrait soit fidèle et certain.
1. Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille du Luc. 2. Jean-Baptiste III d'Etampes, mort en janvier 1684.
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Je ne sais rien de nouveau du P. Bouhours. On a fait une chanson sur lui pour réfuter la fable du Cygne, et une autre encore plus maligne. Apparemment il en sera quitte pour la confusion qu'il repoussera le mieux qu'il lui sera possible, à force d’effronterie et de calomnies.
Le sieur Mauroy, qui était prisonnier au Châtelet, a été renvoyé à l’officialité. M. de Paris lui fera bonne composition.
Les Gazettes de Hollande disent, dans l’article de Paris, que l’on a trouvé, après la mort de M. Chéron, qu'il avait trois enfants d’une demoiselle qu'il disait sa parente et qui demeurait chez lui en cette qualité, et qu'elle est maintenant chez M°"° de .Miramion. On mande aussi, par lettres d'amis, qu'on dit de lui d'étranges choses, apparemment de cette nature. Les assemblées des curés se faisaient chez lui, durant son vivant. M. de Paris les fait tenir chez lui présentement, et, dans une de ces assemblées, il a obligé MM. de Saint-Sulpice, qui se servaient du bréviaire romain, de prendre Île sien.
Les calomnies contre M. de Saint-Cyran sont bien mal conçues. Tout Paris sait qu'il est mort au faubourg Saint-Michel, vis-à-vis des Chartreux, entre les mains de son curé, et qu'il est enterré à Saint-Jacques du Haut-Pas, avec un éloge magnifique sur sa tombe. Le premier grief des Jésuites contre ce saint prêtre fut l'ouvrage contre leur P. Garasse!, à la tête duquel était une longue Æpitre dédicatoire au cardinal de Richelieu, à qui il ne se fit pas connaitre. Ce cardinal déclara publiquement qu'il voudrait donner 10.000 écus pour en savoir l’auteur; mais il ne fut découvert que quand on trouva cette Epttre, écrite de sa main, parmi
1. François Garasse, jésuite et polémiste, s’est rendu célèbre par ses écrits satiriques, d’une violence grossière et bouffonne.
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ses papiers, lorsqu'on l’arrêta. Il y a une réponse ou réplique horrible au livre qu'on à fait contre Louis Benoit. C’est un front d’airain que celui de ces gens-là. Ils mettent en jeu la calomnie, c'est une impudence achevée. On y nomme le P. Quesnel, on dit que la Remontrance justificative ! est de sa plume infâme.
Quesnel à du Vaucel, à Rome
15 février 1692.
Je ne vois pas pourquoi les cardinaux zélés se sont tant échauffés pour empêcher qu’on ne donnût les bulles, puisque le pape défunt? les avait offertes et qu'il n’y a nulle raison de les refuser à ceux qui n'ont point été de l'assemblée. Je ne sais si le roi voudra se brouiller de nouveau. Et puis il restera encore assez de bulles où on le pourra arrêter. Enfin Je doute qu'après l'exemple de ce qui se passe les évêques qui aspirent à la translation se veulent faire des affaires avec Rome, dans la crainte de se faire refuser des bulles un jour. Le pape eût été bien plus en droit de demander qu'avant toutes choses on rétablit le chapitre de Pamiers et le gouvernement légitime dans ce diocèse. Je ne sais comment on débite à Rome des nouvelles comme celle du cordon bleu de M. de Pomponne. Au moins, si elle n'est pas fausse, elle n’est pas venue jusqu’à nous; ce qui pourtant est plus qu'une présomption de sa fausseté. S'il avait le cordon bleu, ce ne serait que comme officier de l’ordre, et il n’y a point d'office vacant. Il faudrait encore qu'il l’achetât; il est trop vieux pour faire cette dépense sans assurance d’être remboursé, et
1. Remontrance juslificative des prêtres de l'Oratoire, par P. Quesnel, ouvrage lacéré et brûlé à Mons par le bourreau, le 27 avril 1690.