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Nicolas Pavillon, évèque d'Aleth, un des quatre prélats opposés à ulle contre Jansénius.
Cette Rétractation explique à merveille les sentiments de Quesnel l'Augustinus de Jansénius, lacensure d'Antoine Arnauld en Sorbonne a signature du formulaire, — les trois questions capitales qui
minent la querelle du jansénisme.
que parce que, me considérant uniquement, j'étais persuadé que mon nom était trop peu de chose pour pouvoir donner aucun poids aux deux censures qu'on m'avait obligé de signer.
Mais, considérant depuis qu'il pourrait naître un jour certaines conjonctures dans lesquelles on se servirait de cette signature contre les personnes ci-dessus nommées ou contre leur mémoire, et que je suis obligé
de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour empê-
cher le mauvais usage qu’on pourrait faire de mes souscriptions, je me suis résolu de les rétracter en la meilleure forme et manière que je le puis maintenant, et que la crainte de troubler la paix de lEglise m'empêche de rendre publique.
Je déclare donc, par ce présent écrit, que, quand j'ai souscrit la censure prétendue de la Faculté de théologie de Paris contre quelques propositions d’une lettre de M. Arnauld, je ne l’ai fait que parce qu'on l’a exigé de moi, comme une condition nécessaire pour pouvoir être admis à l'examen de bachelier en théologie auquel je me présentais alors; et que, bien loin que je fusse persuadé de [a justice de cette censure, au contraire j'étais convaincu qu'elle avait été entreprise par la cabale des ennemis de ce docteur, qu'elle avait été faite contre les formes usitées et nécessaires en telles occasions ; que la Faculté n'avait point eu la liberté ordinaire de ses suffrages, et que les propositions de droit, qui y sont condamnées d'erreur, étaient, en termes formels et dans leur propre sens, de saint Augustin et de saint Chrysostome, et ne contiennent autre chose que la doctrine de la nécessité de la grâce efficace pour toute bonne œuvre, comme j'en suis encore présentement {rès persuadé.
C'est pourquoi Je révoque, je rétracte et je veux être tenue pour nulle et de nulle valeur, la souscription que j'ai faite pour lors de ladite censure contre M, Arnauld.
Je désirerais de bon cœur ne l'avoir point faite et qu'il
fût en mon pouvoir de l’effacer, espérantque M. Arnauld
me pardonnera la faute que J'ai faite en cela contre lui, et m'obtiendra par ses prières le pardon que j'en demande très humblement à Dieu.
Quant à la souscription des bulles de nos Saints- Pères les papes Innocent X et Alexandre VIT, auxquelles étaient joints les mandements de MF l'archevèque de Paris, je ne la rétracte point pour ce qui regarde la question de droit! et la condamnation des cinq propositions qui y sont condamnées et que je condamne très sincèrement comme contenant des sens tout à fait hérétiques, mais pour ce qui regarde la question de fait, selon laquelle on attribue à feu MF l’évêque d’'Ypres ces cinq propositions dans leur sens hérétique et condamné.
J'ai une très grande douleur d’avoir souscrit le formulaire et d’avoir paru, en le souscrivant, reconnaitre et assurer que MS d’Ypres a soutenu la doctrine hérétique des cinq propositions. Il est vrai que je n'avais pas alors assez lu son ouvrage, intitulé Augustinus, dans lequel les auteurs du formulaire prétendent que les cinq propositions sont contenues, pou pouvoir assurer qu'elles n’y étaient pas; mais j'avais au moins un très grand sujet de douter qu'elles y fussent, sachant qu'on ne les y avait jamais pu montrer. Et, comme j'étais même persuadé par divers préjugés, par l'estime et la confiance que j'avais pour ceux qui assuraient que ces propositions n'étaient point dans l’Awqustinus, et par la lecture de divers écrits, que ces propositions n'y étaient point en effet, Je confesse que jai encore commis par ma souscription une très grande faute contre la sincérité chrétienne. C'est pourquoi je rétracte
1. Voici cette fameuse distinction du fait et du droit, qui a pesé si lourdement sur la destinée de Port-Royal.
et je révoque, autant qu il est en moi, ue sous tion touchant le fair. an:
(Archives d'Amersfoort.) à de
Quesnel à...
12 octobre 1616, Paris.
On se promet beaucoup de bien. du nouveau pap ne
A a t See
pas trompés et que le pontificat ne change rien dans $ s mœurs, COMME il fit dans la pots d’ Alexandre .
LS le Nouveau Testament de Mons. On dit que c'e l'ouvrage du sieur Mallet, docteur et grand-vicair
M. de Paris l'estiiue Cependant des gens d'esprit, qu en ont vu quelque chose, n'ont que du mépris pour ce livre et ne croient pas qu'il mérite qu'on y réponde. 5 On m'a assuré qu’il y a plus de huit ans que ces. illustres personnages y travaillent. |
1. Benoit Odescalchi, élu pape sous le nom d’Innocent XI, le ET sep tembre 1676.
2. Alderan Cibo, prince de Masse, né en 1613, promu au cardinalat! par le pape Innocent X, en 1645, et nommé ministre d'Etat par Inno cent XI, fut compromis avec le cardinal Petrucci, en 1687, dans Late du quiétisme. ë
3. Charles Mallet, docteur de Sorbonne, écrivit deux ou trois ouvra, à l'occasion de la publication du Nouveau Testament de Mons. Il acer a ee les traducteurs de morale corrompue, touchant la chasteté, et préte - ss dit que l’Ecriture Sainte ne devait pas être donnée au peuple en langue vulgaire. La réponse de M. Arnauld, parue en 1680, malgré menaces de la cour, « abîma le pauvre monsieur Mallet », selo l'expression de Bayle. 11 en mourut, comme foudroyé, le 20 août 1680
4. Le P. Maimbourg, jésuite, fut un des plus acharnés contre la première traduction janséniste de la Bible, connue sous le nom de N. VU veau Testament de Mons. 3
5. Jean Commire, jésuite et poète latin, célèbre parmi les gens e. ane lettres de son temps, mourut en 1702, à soixante-dix-sept ans, à
Quesnel à Étienne Le Camus!, évêque de Grenoble
28 novembre 1676.
MoxsEIGxEUR,
On m'a obligé de me donner l'honneur de vous écrire et de vous faire connaitre l’état où sont les affaires depuis que je suis de retour de Saint-Thierry. Je ne vous dirai rien, Monseigneur, que ce qui regarde la congrégation de l’Oratoire, par rapport à la cause commune de
l'Eglise.
Un des nôtres, seen en théologie dans notre
collège de Riom, y a fait soutenir se année une thèse sur la matière de la grâce, après l'avoir envoyée
à notre Père Général, qui, l’ayant examinée avec son conseil, n'y trouva rien que de conforme à la doctrine des thomistes les plus célèbres, dont les paroles mêmes sont transcrites en plusieurs endroits?. Cependant nos bons amis, qui ont jalousie de notre théologie de Riom qu'ils ont dessein de faire casser, s'ils peuvent, à cause
du voisinage de Clermont où de én ont une, Ont
envoyé la thèse en cour. Le roi en parla à M5 l’arche-
vêque de Paris, et ce prélat en avertit nos Pères, leur
montrant la thèse que le roi lui avait mise entre les
mains, en leur disant en même temps qu'il avait
assuré le roi que, s’il y avait quelque chose à blâmer dans cette thèse, c'était plutôt d’être semi-pélagienne
1. Etienne Le Camus, né en 1632, évêque de Grenoble en 1671 et cardi-
1 nal en 1686. « L'un des grands convertis du siècle », l'appelle Sainte-
Beuve, qui nous montre le contraste de ses années mondaines et débauchées, comme aumônier du roi, avec les admirables vertus de sa vie d'évèque et de pénitent,.
2. Le Camus répondait à Quesnel, le 15 février 1676 : « Je ne sais ce
qu'on peut trouver à redire dans la thèse que vous m'ayez envoyée, si
ce n’est qu’elle n’est pas à temps. Est ralio verum lacendi, » [Amers+ \ fgort, Lettres du cardinal Le Camus.)