‹ Un janséniste en exilChapitre 84 sur 146 · Le comte de Hornes, alors à Rome · texte numérisé non relu

Le comte de Hornes, alors à Rome

Re :

Quesnel à du Vaucel, à Rome

16 mai 1692.

Je m'en prends aux Romains de ce qu'ils souffrent que les jésuites fassent des articles de foi, parce que ce sont eux qui seuls le peuvent faire, et, puisqu'ils se mêlent de juger de tout ce qui regarde la foi, 1ls ne doivent pas omettre ce qui la blesse. Vous n’aurez pas de peine à me faire avouer que tout plie sous les jésuites en France, et c’est pour cela que ceux qui ne les craignent pas et qui ont moyen de les mettre à la raison doivent veiller sur leur conduite et les repousser vigoureusement, quand ils font de ces sortes d’avances. Il est vrai que le roi se repose sur deux personnes, et qu'il en est coiffé et que personne n'est écouté. Tout ce que vous prouverez par là est que ces deux personnes abusent de leur crédit; mais cela ne prouve pas que ceux qui sont dans l'impuissance de leur résister n'aiment point la vérité. Quand la Sorbonne serait composée de Gersons et d’Arnaulds, une lettre de cachet, ou un ordre de vive voix de ne se point mêler de cette affaire, les arrête tout court. Et ne sont-ce pas encore vos Romains qui leur ont fermé la bouche et leur ontôté le pouvoir de faire des censures ? Ainsi ce sont des canons encloués.

J'ai bien de la joie que le révérend P. de Noris? a accepté la charge de premier custos, et il me semble qu'il aurait fait très mal de la refuser. Il peut beaucoup

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