‹ Un janséniste en exilChapitre 88 sur 146 · Les Leltres provinciales en quatre langues · texte numérisé non relu

Les Leltres provinciales en quatre langues

2. Emprisonné, en 1683, à la suite de libelles injurieux et violents sur l'épiscopat et contre M. de Paris, il appartenait, dit Sainte-Beuve, à l’'extrème-gauche du parti.

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jusqu'à la fin. On mande qu’on n’a pas voulu souffrir qu'il fût enterré comme un ecclésiastique, mais comme un laïque. Il avait tant souffert dans sa prison de Brest que, quand il en sortit, il était incapable de se soutenir et de marcher.

Un évêque disait à la table d’un grand magistrat, le 3 Mal, quon en avait pendu en Grève qui étaient bien moins coupables que le faux Arnauld. Je sais le nom de l’évêque et du magistrat.

30 mai 1692.

On assure que M. l’archevèque, ayant entendu parler du Vain triomphe, a dit que, quoiqu'il s’y trouvât marqué en quelques endroits, on pouvait pourtant assurer M. Arnauld qu'il ne le trouverait point dans son chemin. Je crois vous l'avoir déjà mandé en d’autres termes, et cela vient de plus d’un endroit. Vous ferez vos réflexions sur cette générosité. Peut-être qu'elle est née du crédit de M. de Pomponne, qui peut aller plus loin, si les desseins de la campagne présente réussissent. Peut-être aussi quil craint qu'après que l’on paraît avoir rompu la digue à son égard un torrent d’écrits ne vienne fondre sur lui. Vous en jJugerez comme vous le trouverez bon.

Je ne vous dis point de nouvelles. Le siège de Namur! fait, je m’'assure, bien du bruit à Rome à l'heure qu'il est. [1 y aura là du sang répandu, car on ne les à point surpris ; la garnison est forte et ne manque de rien, et il y a de tout pour les alliés. Car de là à Liège 1] n’y à pas loin, et ces deux places rendront le roi maître de la Meuse.

1. Le siège de Namur, « affaire d’apparat et de royale conquête », dura huit jours.

Quesnel au P. du Breuil

Bruxelles (commencement de 1692).

I y a bien longtemps, mon très cher Père, que Je n'ai eu la consolation de vous écrire; j'avais demandé plusieurs fois si je le pouvais, et, comme on ne m'avait point répondu, je me persuadais qu'iln'y avait point de voie pour cela. Enfin J'ai appris, par le reproche qu'on m'a fait de mon silence, que je pouvais vous parler, et je le fais avec grande Joie.

Notre abbé [Arnauld] vous honore toujours, et sa communauté comme lui vous portent dans le cœur bien avant. Nous sommes fort retirés, et la guerre rompt quasi tout le commerce qu'il y avait de notre abbaye avec le voisinage. On ne sort guère au dehors, et il y a près de dix-huit mois que je ne suis sorti de l’abbaye. Je ne m'ennuie pas, etje dois aimerla solitude, puisque Dieu m’y à appelé en m'appelant à ce monastère.

IL y a toujours dans le monde de nouvelles histoires. Notre pays conquis à été depuis six ou sept mois le théâtre d’une action fort extraordinaire, qui est connue maintenant sous le nom de «fourberie de Douai» ou du «faux Arnauld ».

Cela vient de ce qu’ensuite des différends ordinaires entre les théologiens de Douai et d’autres théologiens de sentiments contraires, un inconnu, pour leur faire pièce et leur faire écrire leurs sentiments et au delà, s'il pouvait, s’est adressé à quelques-uns d’entre eux sous le nom de M. Arnauld, a lié commerce en leur témoignant beaucoup d'amitié durant un an environ, leur a fait signer une thèse équivoque, sous prétexte qu'il avait besoin de leur approbation pour empêcher qu’on ne la condamnât. Il a, au bout d’un an, fait éclater l'affaire par un livret, les accusant de dogmes hérétiques

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