‹ Un janséniste en exilChapitre 92 sur 146 · TN · texte numérisé non relu

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le monde et que, ces Jours passés, un domestique du ministre parla à Mons à un de nos amis de cette nouvelle comme certaine. Ce domestique était venu accompagner M°° la marquise de Vins, qui était venue pour voir son fils unique, le comte de Vins, âgé de seize à dix-sept ans, qu’elle trouva mort de sa blessure reçue au dernier combat. C’est la sœur de M°*° de Pomponne. On dit mille bien de ce jeune comte pour la piété, les qualités naturelles, les talents acquis et la sagesse. II faisait, plusieurs fois l’année, de petites retraites à Saint-Magloire, sous le P. de La Tour, qui est aussi directeur de l'abbé de Pomponne. Il y avait trois régiments devant le sien, et on fut surpris de le voir tomber; une balle le vint trouver et lui cassa le haut de la tête. Il était fort grand, il était capitaine dans le régiment de Bourgogne, dont le marquis de Pomponne est colonel. Ce dernier n’a point élé blessé. Deux jours après le combat, le chevalier de Pomponne, qui est général des carabiniers, fut commandé pour aller charger, avec trois escadrons et ses carabiniers, un corps de cavalerie ennemie qu'il battit, en tua nombre et ramena des prisonniers. [l se distingua fort, et le voilà à la tête d’un corps, à l’âge de vingt-quatre ou vingtcinq ans.

Quesnel à du Vaucel, à Rome 22 août 1692.

Je joins la copie qu'on m'avait écrite de la lettre du roi à M. l’archevèque sur le dernier combat qu’on appelle le combat de Steinkerque!, où l’on dit que

1. Le combat le plus sanglant de toute la guerre et le plus glorieux pour le maréchal de Luxembourg et les troupes francaises. «M. le Duc, le prince de Conti, MM. de Vendôme et leurs amis trouvaient, en s'en retournant, les chemins bordés de peuple. Les acclamations et la joie allaient jusqu’à la démence. »

(Voltaire, Siècle de Louis XIV.)

quatre des plus grands ennemis du roi Jacques sont péris, le lieutenant-général Macquay, milord Douglas, le chevalier Lanier, etc. On à imprimé la lettre de M. de Luxembourg au roi, qui contient tout le détail de l’action.

Il y a une lettre imprimée, écrite aux Etats par un des hauts officiers, parent du prince d'Orange, où il leur fait accroire que, dans le dernier combat, il était partout, donnait tous les ordres et combattait en tête de ses troupes. Et nous savons très certainement que cela est faux, qu'il se retira dès Le commencement, à la prière des généraux anglais, qu'il fut dans sa tente durant toute l’action, qu’on lui venait demander de temps en temps de nouveaux détachements, qu'il ne branlait pas pour cela, et que, une demi-heure avant la fin de l’action, il s’avisa de demander ses armes et de monter à cheval, et ce fut pour pourvoir à la retraite de son infanterie, poussée et poursuivie par les Francais. On ne peut pas dire cela des généraux et des princes français, car ils étaient tous à la tête de l’infanterie. M. le prince de Conti! y fut en grand capitaine. M. de Chartres ? fut blessé légèrement, ou plutôt reçut une contusion. Le pauvre prince de Turenne y fut tué. «Où étaient donc vos généraux? disait M. de Luxembourg à un officier anglais prisonnier et qui le redit ici à son retour, nous ne les avons point vus.»

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