‹ Un janséniste en exilChapitre 94 sur 146 · GAL · texte numérisé non relu

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son diocèse la Fréquente Communion. les Lettres de M. de Saint-Cyran et la Morale sur le Pater. L'abbé Peletier, fils du ministre d'Etal!, est nommé à l'évêché d'Angers, où il a l’abbaye de Saint-Aubin. On dit qu’il est fort des amis de M. de Chartres et grand sulpicien comme lui ; car c’est de Saint-Sulpice que vient cet entètement. M. de Pomponne avait demandé l'évêché d'Angers pour un abbé de Feuquières, chanoine d'Angers, et de sa famille. Vous voyez qu'il ne l’a pas obtenu.

On ne peut pas dire absolument que le P. Tellier, dans sa déclaration, désigne le P. Quesnel, car il peut désigner le P. Gerberon. Je ne sais comment vous voulez qu'on réponde à tout; c'est faire trop d'honneur à ces gens-là. Il faut être sot au superlatif pour ne pas voir que c’est une gasconnade. Si on le trouve en son chemin ailleurs, on pourra lui donner un coup de fouet ; mais de mettre exprès la main à la plume, il n’en vaut pas la peine. On est las de tout cela. [1 faut se réduire au nécessaire, et, pour ce nécessaire, on a peine à trouver unimprimeur, à moins qu'on n'en fasse la dépense.

On triomphera bien à Rome de la prise d'Embrun, Vous en aurez su les nouvelles plus tôt que nous. Elles sont plus faciles à croire que celles de la prise ou de la levée de Namur.

Quesnel à du Vaucel, à Rome

19 septembre 1692.

Je ne sais sur quoi vous fondez les pronostics que vous avez, que cette guerre ne soit, à la fin, funeste à la France. Il me semble que tout dit le contraire, si on juge de l’avenir par le présent et par le passé. On enlève des provinces aux alliés; on les bat partout;

À. Michel Le Peletier.

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CORRESPONDANCE DE PASQUIER QUESNEL DA Th

partout ils ne font rien. Car, assurément, ils ont été battus en Brabant; ils viennent de l'être vers le pays de Limbourg ou de Luxembourg par le marquis d'Harcourt ; ils viennent de l'être sur le Rhin par M. de Lorgest, Ils ont perdu Namur. Les progrès du Dauphiné sont une bagatelle; on rechassera bientôt ces canailles-là dans leurs montagnes. Ils ont trouvé dix hommes dans Gap. Ils s’attendaient, par leurs mouvements, ‘de faire éloigner les troupes de Pignerol qu'ils n'ont osé atta

quer. On les a laissés courir, parce qu’on savait qu'ils n'iraient pas loin. Le gain qu'ils ont fait, à Embrun, ne vaut pas les deux mille hommes qu'ils y ont perdus

la Gazette de France dit trois. Rassurez-vous donc, à moins que vous n'ayez quelque prophétie de Nostradamus.

On dit qu'il y a quelque temps que l’on fit rapport au roi qu'il y avait des hérésies dans le Caféchisme des trois évéques?, qu'il chargea MF de Reims de l’examiner et de lui en faire rapport; que ce prélat, n’y ayant trouvé que deux ou trois mots à changer, il en écrivit aux trois évêques, après quoi il l’a fait réimprimer pour l’usage de son diocèse et a défendu qu'on s’en servit d'autre.

On dit que le P. Bouhours devient infirme, et que sa tête s'affaiblit, et qu'il ne sera plus guère en état de donner rien au public. |

M. de Brienne a eu permission de quitter Saint- Lazare pour aller au séminaire des Missions étrangères, où il à la liberté de voir tous ses amis. Il se plaint fort des mauvais traitements qu'il a reçus chez les lazaristes. On dit qu’il est dans son bon sens autant

1. Le maréchal de Lorges bat le prince de Wirtemberg, au commencement de septembre, près de Spire-Bach.

2. Connu sous le nom de Catéchisme des trois Henri. Il est l'œuvre d'Henri de Laval, évèque de la Rochelle; Henri Arnauld, évêque d’Angers, et Henri Barillon, évêque de Lucon.

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