‹ Un jeune homme presseChapitre 4 sur 41 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

forme ni de son rang, ni de son nom, ni de son sexe . . .

Pontbichet. Mais, monsieur . . .

Dardard, s’animant. On la suit. Si elle monte dans un fiacre, on galope, on traverse les ponts, on rejoint le sapin, on grimpe derrière ... 5

Pontbichet. Mais, monsieur . . .

Dardard, de même. On reçoit un coup de fouet, v’ian ! ça ne fait rien ... on tombe, on se relève, on arrive chez le père . . .

Pontbichet. Mais, monsieur ... io

Dardard, continuant. Un gros qui dort; on lui dit:

« Réveillez-vous, habillez-vous, mariez-nous ! »

Pontbichet. Est-ce que vous êtes tous comme ça à Bordeaux?

Dardard. Tous ! 15

Pontbichet. Eh bien, à Paris, c’est différent; quand on nous réveille . . . nous prenons un bâton, bien rond, que nous cassons, sans façon, sur le Gascon.

Dardard. Tiens, nous jouons au corbillon ! qu’y 20 met-on?

Pontbichet. Terminons . . .

Dardard. Ah !... le mot est bon.

Pontbichet. Vous désirez voir ma fille?

Dardard. Oui. 25

Pontbichet. Eh bien, vous ne la verrez pas . . .

Dardard. Très bien !

Pontbichet. Vous demandez à l’épouser?

Dardard. Oui.

Pontbichet. Eh bien, vous ne l’épouserez pas. 30

UN JEUNE HOMME PRESSÉ Dardard. Très bien !

Pontbichet. Maintenant, mon petit ami, je vais vous mettre à la porte.

Dardard. Non.

5 Pontbichet. Savez-vous que je suis plus gros que vous ... et par consé4uent plus . . .

Dardard. Gras?

Pontbichet. Non, plus fort.

Dardard. En entrant, j’ai fermé votre porte io à double tour, et j’ai mis la clef dans ma poche . . . la voici !

Pontbichet. Eh bien?

Dardard. Pour rester, il ne tiendrait qu’à moi de la lancer par la fenêtre !

15 Pontbichet. Oui, mais je vous ferai prendre le meme chemin.

Dardard. Non.

Pontbichet. Pourquoi?

Dardard. Parce que, casser un Gascon, c’est 20 très cher, c’est un grand luxe !... Ça se paye double.

Pontbichet, à part. Il a raison.

Dardard. Tenez, je suis bon diable, je sors de bonne volonté !... mais pour revenir . . . Dites donc, 25 je vais toujours acheter la corbeille?

Pontbichet. La corbeille?

Dardard. Oh ! soyez donc tranquille ! je ferai bien les choses.

Pontbichet. C’est trop fort !...

Dardard. Au revoir . . . beau-père !

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