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Un jour

Une salle à manger campagnarde dont une porte et deux fenêtres donnent sur un jardin qui a des fleurs d'Eté. En face de la porte, un buffet modeste sur lequel il y a des fruits et des pots de confiture. Suspendus au mur, aux côtés du buffet, deux vieux plats peinturlurés. Près de l'un d'eux, une petite carabine est accrochée. ..

Sur la table à manger recouverte d'une vieille toile cirée, des capucines.

Près d'une des fenêtres ouvertes la mère du poète coud du linge blanc. A côté d'elle, la fiancée du poète brode.

L'âme du poète reçoit, au bas du perron usé qui conduit du jardin à la salle à manger, le poète qui revient de la chasse avec sa chienne.

LE POÈTE — Où est ma mère ?

L'AME DU POÈTE

Dans la salle à manger où sentent bon les fruits, elle coud le linge blanc près des capucines qui font penser à Mademoiselle Linné.

C'est la mère douce aux cheveux gris dont tu es né. Il y a un grand calme qui tombî de la vigne. La chatte sur la pierre chaude s'étire en baillant, ou roule au soleil son ventre blanc. Ta chienne allongée allonge un museau pointant sur ses pattes allongées, courtes et frisées. Le ciel clair comme l'air entre par les croisées. Dieu te rendra bon comme les hommes et doux comme le miel, la méture et les pommes où se collent les guêpes en or tout empêtrées. Ta mère douce coud dans la salle à manger où sentent bon les fruits, près de ta fiancée.

LE POÈTE (Ayant gravi le perron, il entre dans la salle à manger.)

Tu avais mis tes bas à sécher sur la haie...

La vache en passant tout à l'heure les a mangés.

LA FIANCEE

Oh ! que c'est ennuyeux. . . C'est la seconde fois. . . Ça m'était arrivé il y a deux ou trois mois.

LE POÈTE

Tu pourrais les mettre à sécher près de la grange où la génisse et la vache ne passent pas... Il y a une corde en osier à des échalas...

LA FIANCÉE

Près de la grange l'ombre est trop épaisse à cause du noyer.

L'AME DU POÈTE (au poète qu'elle a suivi.)

Ton cœur en ce moment est dans l'ombre du noyer.

Ton bonheur est comme le soleil qui glisse

sur le perron usé, les poules et les glycines

au bois tordu et dur. Là bas, sur la haie,

séchaient les bas légers de ta fiancée

et la vache qui passait les a mangés

parce qu'ils éclairaient le soleil comme l'herbe bleue.

parce que la vache était contente sous le. ciel en feu,

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