Talon ne dit rien de cette fin de la séance du
4. Sur la séance du vendredi 19, dont Talon ne parle pas, cf. Journal du Parlement, p. 171-172.
5. Le Parlement de Toulouse n'avait pas attendu d'y être invité par celui de Paris pour prendre un arrêt contre Mazarin ; dès le 14, on en avait avis à Paris (ms. fr. 25026, fol 8 r°).
6. Sur la séance du mercredi 24, cf. Journal du Parlement, p. 172- 178, Talon, p. 462, Retz, t. IV, p. 88-90, Vallier, t. III, p. 137-138.
7. Il était rentré de Poitiers, avec les autres membres de la députation, le 21 (ras. fr. 25026, fol. 12 x").
s'en falloit étonner, parce qu'elle contenoit le discours d'un garde des sceaux et d'un premier président ensemble ^.
Après cette narration, M. le duc d'Orléans a dit que le sieur de Ruvigny2 l'étoit venu trouver, de la part du Roi et de la Reine, avec lettre de créance qui portoit que Sa Majesté avoit ci-devant donné l'ordre au cardinal Mazarin pour lever des troupes et les amener à son service, et d'employer le maréchal d'Hocquincourt pour leur conduite, suivant la prière que ledit Cardinal en avoit faite à Sa Majesté par sa lettre, laquelle lui fut rendue à Bourges : de quoi Sadite Majesté n'avoit pas trouvé à propos de donner aucune part à lui, duc d'Orléans, crainte qu'il n'y fît naître d'obstacle pour l'empêcher; que, outre cela, Sa Majesté avoit avis que l'on faisoit des levées sous son nom, ce qui l'obligeoit à le prier de les faire cesser et d'envoyer ses troupes es quartiers d'hiver qui leuravoient été marqués^. Ce discours de M. le duc d'Orléans a été suivi de la lecture des lettres du Parlement de Toulouse, qui donne avis de l'arrêt qu'il a rendu, conforme à celui du 29 du passé, du Parlement de Bretagne, lequel, dans la contestation qu'il a contre le maréchal de la Meilleraye-^, demande l'union du Parlement de Paris et le prie d'arrêter tous titres et prérogatives de duc et pair que l'on pouvoit accorder audit maréchal, et, pour
1. Le texte de la relation faite par Bellièvre, de son discours au roi et de la réponse de Mathieu Mole, si agréablement raillée ici, se trouve notamment dans le registre U 334 des Archives nationales, fol. 445 v- 448 v° et dans l'appendice de Jean Vallier (ms. fr. 10275, fol. 571-573).
2. Henri de Massues, sieur de Ruvigny (1610-1689), premier fauconnier du duc d'Orléans, lieutenant général en 1652 ; il appartenait à la religion réformée et fut chargé de nombreuses missions diplomatiques. Il était beau-frère de Tallemant des Réaux.
3. Le nouvelliste du ms. fr. 25026 (fol. 10 r°) rapporte que, « S. A. R. ayant lu ces lettres, M. de Ruvigny commença à débiter des raisons pour l'exhorter à se conformer aux intentions du Roi ; mais elle l'interrompit, et après lui avoir dit qu'elle ne pouvoit faire de réponse assez respectueuse à Leurs Majestés sur ce sujet, elle le pria de les assurer qu'elle ne s'éloigneroit jamais du respect qu'elle leur doit, mais qu'elle étoit résolue de périr avec Monsieur le Prince, M. de Lorraine et tous ses amis plutôt que souffrir qu'un étranger proscrit par tant d'actes de justice leur vînt faire la loi; que toutes les raisons du monde ne le feroient jamais démordre de cette résolution et que, s'il n'étoit venu que pour cela, sa négociation étoit achevée : de sorte que Ruvigny, voyant qu'il ne pouvoit faire autre chose, prit congé de S. A. R. dès hier soir et s'en est retourné dès aujourd'hui [19 janvier] ». Sur l'entrevue de Ruvigny et du duc d'Orléans, voy. aussi les Rapports polUiques hollandais, p. 159.