Camus de Pontcarré (ci-dessus, p
2. Cet arrêt du Conseil d'État est du 18 janvier et fut imprimé; on en trouvera le texte dans le manuscrit de Vallier, en appendice (ms. fr. 10275, fol. 570).
3. Allusion à la révolte, en 1647 et 1648, de Masaniello, puis de Gennaro Anese à Naples, contre la domination espagnole, révolte suivie de l'expédition malheureuse du duc de Guise.
Princes et des Parlements, lesquels, en qualité de ministre et de favori, il reconnoît être ses ennemis naturels ; de laquelle inimitié il ne pouvoit faire déclaration plus formelle que par la prise de M. Bitault et sa traduction ^ par tout le royaume ; que, à la vérité, l'état de la France étoit pitoyable et sa face tellement altérée, que l'on auroit peine d'y trouver des remèdes ; néanmoins, que l'on pouvoit encore tenter la douceur, suivant les conclusions des gens du Roi, et envoyer l'arrêt à tous les Parlements et les inviter d'en donner un pareil, en quoi la véritable union des effets seroit plus considérable que par écrit, cette dernière n'étant pas nécessaire, non plus que les lettres circulaires, mais seulement leur faire défense de recevoir le cardinal Mazarin, et, cependant, arrêter qu'il ne sera procédé à la réception d'aucun duc et pair nommé par le Roi depuis la guerre de Paris pendant que le Cardinal sera en France.
M. Le Goigneux : que les arrêts rendus en la compagnie contre le cardinal Mazarin étoient justes, même par la réponse de M. le garde des sceaux, mais que, à présent, la volonté du Roi nous étoit connue, en sorte qu'il dépendoit de la prudence de la compagnie de tenir tellement la balance, qu'elle ne penche d'un côté ni d'autre, en ne faisant rien de contraire à ce que le Roi nous avoit déclaré et aux arrêts rendus dans la compagnie contre le Cardinal ; que, pour parvenir à ce point, il n'étoit besoin de faire d'autre union que celle qui nous lieroit par les effets les uns avec les autres en souffrant la guerre plutôt qu'en la suscitant ; qu'aussi bien il falloit demeurer d'accord que les armes du cardinal Mazarin étoient celles du Roi, et que, en prenant parti, la compagnie s'exposoit trop dans un événement contraire à ses armes, et n'étoit pas assurée dans leur prospérité si le Parlement demeureroit le maître, parce qu'il étoit certain qu'il y avoit d'autres conseils aussi à craindre que celui du cardinal Mazarin.
M. de Mesmes : qu'il falloit prendre garde de n'apporter pas un remède pire que le mal, que nous avions fait tout ce qu'il se pouvoit faire, et, quant à l'union demandée, qu'elle étoit trop générale, ne pouvoit être autorisée de l'union de mai 1648 2, laquelle avoit
1. Action de traîner. — Mazarin, après avoir un moment songé à rendre la liberté à Bitault, s'était laissé persuader par son entourage de le garder comme otage, et de Pont-sur- Yonne l'avait amené avec lui jusqu'à Loches où, le 23 janvier, il le fit enfermer dans le donjon de cette ville (Roy, op. cit., p. 38-42).
2. Allusion au célèbre arrêt d'union du 13 mai 1648, qui avait abouti aux assemblées tenues à la chambre Saint-Louis par les représentants
été seulement faite pour les gages ; donc, qu'il n'étoit de notre devoir de passer plus outre ; qu'il n'appartient qu'au Roi de lever les armes.
M. de Novion : que l'union nous obligeroit à porter tout le faix de la guerre, ce qu'il falloit éviter, et demeurer en état de détourner tout ce que l'on pourroit faire au préjudice du royaume; donner satisfaction au Parlement de Bretagne.
M. de Nesmond : que le Parlement de Paris est le chef de tous les autres Parlements, auquel ils ont coutume de s'adresser dans toutes les occasions qui le requièrent, comme a fait le Parlement de Bretagne en celle-ci, dans laquelle il étoit à propos de lui donner toute satisfaction ; quant à la prison de M. Bitault, sa liberté étoit certaine par la réponse que M. le garde des sceaux avoit faite ; car, le Roi approuvant les arrêts rendus contre le Cardinal avant celui du 29, il ne pouvoit pas improuver la commission de M. Bitault pour leur exécution.
Après ces différentes opinions, l'arrêt a été rendue — Nota que M. de Gourcelles, insistant à son avis contre M. de la Meilleraye, a dit qu'il étoit étrange que ce maréchal soit l'ennemi de la robe, lui qui est fils de la Porte, avocat ou notaire^.
Ce jourd'hui, 6 février 16523, toutes les Chambres assemblées, sur la demande des Enquêtes, pour aviser à la liberté de M. Bitault, les gens du Roi sont entrés et ont dit que le procureur général avoit ordre exprès de la part du Roi et réitéré de s'opposer à la vente de la bibliothèque du cardinal Mazarin* et a laissé
des quatre cours souveraines : le prétexte en avait été la déclaration royale du 30 avril sur le droit annuel, qui lésait les intérêts du Grand Conseil, de la Chambre des comptes et de la Cour des aides.
1. On en trouvera le texte dans le Journal cbi Parlement, p. 180-181, dans le manuscrit de Vallier (ms. fr. 10275, p. 574) dans le registre U 334 des Archives nationales, fol. 450 v°. — Cet arrêt, conforme aux conclusions des gens du roi, était beaucoup plus modéré que ne l'avait espéré le duc d'Orléans, qui, dit Retz (t. IV, p. 92), i en fut atterré, ce qui le détermina à joindre ses troupes à celles de Monsieur le Prince, i
2. Le grand-père du maréchal de la Meilleraye, François de la Porte, sieur de la Lunardière, avait été avocat au Parlement.
3. D'après le Journal du Parlement (p. 181-182), il n'y eut pas séance le 6, mais seulement le mercredi 7 ; Dubuisson-Aubenay en indique avec raison deux, les 6 et 7 (t. II, p. 159). — Ni Talon ni Vallier ne parlent de cette séance.
4. Dans sa lettre au procureur général, le roi disait avoir l'intention de faire de la bibliothèque de Mazarin une bibliothèque publique (Dubuisson-Aubenay, t. II, p. 160).
son opposition sur le bureau : sur quoi la compagnie ayant témoigné que cette opposition venoit à tard, la bibliothèque étant presque toute vendue, mais que, cessant cela, l'on n'eût eu aucun égard à cette opposition, il a été jugé à propos de prier M. le duc d'Orléans de venir en la compagnie pour y être délibéré, tant sur l'affaire de M. Bitault que sur cette opposition. — Nota que l'on a cru que cette opposition n'avoit été faite qu'afin de sonder les intentions de la compagnie; mais elles se sont trouvées conformes aux premiers arrêts.
Ce jourd'hui, 8* février 1652, toutes les Chambres assemblées, M. le duc d'Orléans y étant, MM. les ducs de Beaufort et de Brissac, MM. les maréchaux de l'Hospital et d'Estampes et le Goadjuteur, lecture a été faite des lettres des Parlements de Toulouse et de Bordeaux, des arrêts rendus par ces Parlements contre le cardinal Mazarin, conformes à celui du 29 décembre dernier, des Parlements de Rennes et de Grenoble, par lesquelles ils donnoient des causes de leur délai à délibérer sur les lettres que le Parlement de Paris leur avoit envoyées, et du Parlement d'Aix, lequel mandoit précisément qu'il avoit envoyé vers le Roi pour savoir sa volonté sur l'entrée du Gardinal en France. Après ces lettres, l'on a pareillement fait lecture du procès-verbal de M. de Geniers^, et les gens du Roi, ouïs en leurs conclusions, ont dit qu'ils voyoient bien que le temps, lequel avoit coutume d'adoucir les maux, les faisoit croître présentement; néanmoins, qu'ils avoient pensé à se résoudre sur l'affaire de M. Bitault, dans laquelle il restoit encore quelque chose à faire, puisque l'on n'avoit pu encore avoir réponse de la cour sur ce sujet, non pas même de Monsieur son filsS, lequel on ne pouvoit pas accuser de négligence en ce rencontre; cependant, qu'il étoit important de