En blanc dans le manuscrit
M. de Gourcelles : en exécution du dernier arrêt, saisir le bien de M. le surintendant^.
M. le président de Longueil^ : que l'arrêt du Conseil du 8 janvier avoit tout gâté, et que ceux qui l'avoient rendu avoient fait tout le péché et ne savoient rien des règles. Il proposa ensuite beaucoup d'expédients et a le plus contribué à dresser l'arrêt.
M. le président de Nesmond : qu'il ne falloit s'étonner de l'arrêt qui a été rendu en cour, où il nuiroit plus que l'on n'avoit prévu ; qu'il y avoit plusieurs moyens de se faire payer puisque le fonds des recettes de Paris étoitplus que suffisant pour payer les présents, mais que, dans l'assemblée des compagnies, l'on discuteroit ces moyens, et que l'on en viendroit à tous les expédients proposés. Il s'est encore fort étendu sur l'ingratitude des trésoriers de France et élus, après avoir reçu la protection qu'ils avoient demandée de la compagnie, qu'ils dévoient savoir qu'ils dépendoient absolument d'icelle et que, s'ils la fâchoient, on les abandonneroit au bras séculier (ce mot a fait rire), c'est-à-dire à la cour, qui ne demandoit autre chose que de faire des taxes sur eux, ou supprimer leurs offices, conformément à l'avis qui en avoit été donné par l'assemblée des notables, que le Parlement seul avoit arrêté. Après que toute la compagnie a ainsi opiné, l'on a été fort longtemps à rédiger l'arrêt 3, ainsi qu'il est dans le registre : à quoi M. le président de Longueil a beaucoup contribué.
Ce jourd'hui, 19 février 1652-', toutes les Chambres assemblées, le prévôt des marchands et écbevins, présents les gens du Roi, ont présenté deux arrêts du Conseil du Roi^ pour le rétablissement des rentes et gages des cours souveraines, et ont dit que le surintendant les vouloit persuader que ce rétablissement avoit été accordé à sa sollicitation : de quoi l'on s'est moqué ; et sur ce qu'ils ont dit que, au moyen de ce rétablissement des rentes, l'exécution
1. D'après Vallier (t. III, p. 158), cet avis fut émis par le conseiller Dorât.