‹ Un laboratoire dramaturgiqueChapitre 18 sur 112 · Scène XXIV. — Les deux propositions : « Tout va · texte numérisé non relu

Scène XXIV. — Les deux propositions : « Tout va

bien » et : « Poursuivons » étaient primitivement interverties sur le ms., qui, par un signe, les rétablit dans l'ordre suivi par l'édition. — Entre : « Soyons » et : « saint de hasard », il y a, sur le ms., une virgule importante, omise dans l'édition. — A la fin de ce second acte, on trouve, selon l'usage de l'auteur, le calcul des vers (1286, 1298) et la date : « 20 sept. 1826 ».

* Acte III. — Le titre, avec le sous-titre {Les fous et

le lit), figure sur le fol. 101. Au verso du fol. 102, l'on trouve des débris de vers. C'est la feuille d'appuimain, où l'auteur griffonne de brèves inspirations : « Tenez-vous à deux tirs d'arbalète... Le voilà, le fils écarlate de la prostituée de Babylone, etc. »

Sur le ms. : « un grand fauteuil golhvjue... » — Date initiale de l'acte ' : « 22 sept. 1826 » (Hugo a pris un jour de repos entre les deux actes, ) — « Pareil » , après bonnet, est dans l'interligne. — Orth. du ms. : bonnet quarré. La fin de cette mention initiale, « Trick a, en outre, une marotte à la main », est absente du manuscrit. — Après la chanson d'Elespuru, le nom de Giraff surcharge celui de Gramadoch, et, réciproquement, on lisait d'abord : « Giraff à Gramadoch ». — Plus loin, sur le ms. : « Gramadoch {le j)orte-queue) ». — « Ont fait » e.st dans l'interligne ; 1*"' jet: chantent. — Premier jet, biffé : « Je défends la vertu de dame Élizabeth [sic) ».

\. Dans une lettre écrite à son ami Saint-Valry, le il octobre 4S26, Victor Hugo disait : « Je travaille à ce que vous savez. J'ai fait deux actes, de 1 îiOO vers chacun, depuis votre départ. » Ces deux actes sont évidemment les actes 11! et IV de Ci-omwell, de son Protecteur, comme disait encore Hugo. Le chilTre de 1500 vers en fait foi. Le premier acte n'a pas tout à fait un millier de vers.

CKOMWELL. 97

La clianson de Gramatloch, avec ses rimes-échos monosyllabiques (« Pourquoi fais-tu tant de vacarme, Carme?... etc. ») est un morceau rapporté, un intermède rajouté, comme les chansons de Trick et d'Elespuru, qui suivent. On s'en douterait aisément, même avant d'avoir vu le manuscrit. Cette chanson, qui figure dans les marges des fol. 103 {verso) et 106 (recto), Hugo, sans nul" doute, la possédait en réserve dans ses cartons. Ces vers oflrent le même rythme poétique que la fameuse Chasse du Burgrave des Odes et Ballades, laquelle, s'il faut en croire l'édition, date de janvier 1828. C'est l'époque où le jeune poète se délectait encore à ces enfantins tours de force d'acrobate littéraire, qui, de la part d'un bouffon, ne semblent pas ici déplacés et donnent la note humoristique.

Le vers : « Rose t'aurait-elle trahi ? » surcharge : « L'époux de Rose est au château ». — « Oui te donne... » est dans l'interligne ; 1" jet : « D'où te vient cet air morose ? » Le vers, alors, n'avait que sept pieds. — Les deux couplets : « En vain le page.... Il les saisit... » ont été rajoutés au bas de la colonne marginale du fol. 106. — ■ Le ms., sans correction, porte : « — Livrez ces amants aux vautours.... Que leur corps de là dans la tombe.... » — « Elle en avait » est dans rinlerligne ; 1'' jet, non barré : « Mais ils étaient, quand il revint. Vingt. »

Chanson de Trick : autre intermède annexé dans la marge du verso du feuillet 106. Après les mots : « Écoute ma légende à ton tour, — » c'était primitivement Trick qui disait à Gramadoch(et non : Gramadoch à Trick) :

Ta clianson Msl mauvaise, et la rime y gène la raison.

Ces paroles sont raturées là, et recopiées au haut du feuillet 104, rajouté et collé au verso en haut, à gauchej du fol. 103. — Huit vers en marge : « Des pertuisanes.... Des courtisans. » Dans le texte, simplement, ces mots biffés: « Des loups, des ânes. Des courtisanes, Des courtisans ». — « Bourreaux '),dans rinterligne, a remplacé le premier jet, non barré: « Geôliers », et « Douces » surcharge : « Tendres (nonnains) ». — Dans la marge, « Voilà mon âge » et les trois vers suivants constituent une addition surajoutée à Tamplification marginale.

La chanson d'Elespuru fut rajoutée de même sur les fol. 104 et 105, collés au manuscrit. — Premier jet : u Quand le couple affreux chevauche... »

Dans le texte, le raccord se trouve sur le verso du fol. 103, où « Çà » (faisant suite au : « A moi ! » d'Elespuru) a remplacé Messires. On voit que cette première scène de lacté III fut fort remaniée, ou mieux, notablement grossie avec de vieux couplets serrés dans des tiroirs, et que lauteur juge à propos d'utiliser ici. — Gramadoch surcharge encore Giraff avant les mots : « Amis, que je vous conte », suivis de ceux-ci : « Voyons. — Vous connaissez tous dame Guggligoy », etc., jusqu'à : « Pour que je m'en fasse un squelette 1 » Ces vers, qu'on trouvera reproduits plus loin, sont biffés à cette place dans le texte. — A noter encore, ici, ces premiers jets, raturés : « Béf bien, Messires, moi, tout en tirant de l'arc,.... 7^m/s il s'est approché (des gardes?; sous prétexte... » — La mention : « battant des mains avec joie » fut rajoutée en marge. — « Riant », après <( Giraff », manque au ras. — Premier jet, non raturé: « De la poche du clerc est tombé dans ma main ». — Dans la mention : « Il jette un coup d'œil, etc., » les mots : « à qui le parchemin revient » (après :

« et Trick ») sont billes. — Depuis : « Par un diable joli... "jusqu'à la fin du quatrain, « Dont les rayons brûlent mon cœur ! » le texte primitif est corrigé en marge. Mais la première rédaction est, en somme, peu différente de la correction. Elle débutait ainsi :

TRICK, riant.

H(' bien! fiuV'ii dites-vous? •

GR.VMADOCH.

Étrange rituel!

TRICK, lisant ce qui est écrit sur le parchemin. « Quatrain à ma Vénm, Lady Francis Cromivell! »

— Variantes du ms. : « — Et moi, j'ai chanté ma chanson. . . . Beau capitaine. . . Je ne serai y>o/??< ingrate. . . . Une idole et son amulette.... » — Premier jet, non barré: «... Non pour sauver ses jours.... » — Dans l'interligne, correction projetée, puis rejetée : « Qu'on l'assomme ou l'étrangle.... » — Ici, deux vers biffés, que je n'ai pu restituer. Le début était : « Il lui faudra des fous; nous sommes là — » A la fin, on lit: « Que Charles Deux revienne,.... S'il tombe, hé bien!... » Le reste est illisible, indéchiffrable.

— Les deux vers : « Tusais, nous aurions beau... au bout d'une corde » sont une correction marginale. Le premier jet, non raturé, était moins ferme :

Nous n'avons aucun droit à ses miséricordes, Et l'on suspend toujours les pantins à des cordes!

— Sur le ms., sans correction : « Ils sont fous par instinct... » — Premiers jets : « Toujours de tout ??r/ufrage.... Pour vieillir dans ce monde.... (Les corrections sont dans l'interligne).... Mais il est bien le nôtre.... et ses pro;'ef. s profonds.... »

Scène If. — Les mots : « soutenu par un jeune page en livrée du Protecteur » ont été rajoutés dans l'interligne. Ceux-ci ont été retranchés : « à l'arrivée de Cromivell, les bouffons se prosternent en silence ». Pourquoi cette mention de jeu de scène fut-elle supprimée? Elle était assez comi(iue, cette attitude des quatre fous, venant immédiatement après les propos irrévérencieux que le spectateur les a entendus tenir sur le compte de leur maître. — Sur le ms., sans correction : « Qu'ils sont vilsl » — Premiers jets (le second non barré) : « Mais j'attends mon conseil.... dis-leur d'approfondir un texte... » Les corrections sont dans l'interligne. — Le changement d'interlocuteur (« Gramadoco, bas à Trick. ») est absent du m s. Par conséquent, le vers : « Dans le livre des Rois, par exemple! » prêté à Gramadoch et prononcé par lui tout bas, avec un ton blessant et ironique, prenait dans la bouche de Cromwell, selon la primitive division du manuscrit, une tout autre intention. — Le ras. donne : « Comme Cromwell te venge! » Le vers suivant est une correction, remplaçant ce vers, biffé dans le texte :

Est-on libre en enfer, compagnons de Satan !

— Sur le ms. : « Cromwell, ironiquement : « Le souvenir est neuf ». — « Vithers » est dans l'interligne; premier jet : W'aller. — Après le nom de Milton, la mention : « connue se parlant à lui-même » manque au ms. — « Travaille » est dans l'interligne; premier jet : « ... fer me ntrdan?' mon sein ». — Primitivement, llannibal Sesthead disait, à part (et non : « aux bouffons ») : « Risible enthousiaste I » — Au-dessus de : « autre Léviathan », on lit dans l'interligne : « à ce démon-sultan. » Le ms. porte ensuite : « 7?v?s mauvais! »

— Premiers jets : « Milton, à part, et regardant Crom-

well de travers : » — « Vous ne comprenez rien, • l'honneur, en poésie. » — Leçons, non corrigées, du manuscrit: « ... Satan nud el ses ailes {sic) roussies!... (cette orthographe inusitée était nécessaire pour éviter Ihiatus, dont on ne faisait pas alors bon marché comme aujourd'hui)... un casque à raijons d'or.... />avoir vu le soleil.... »

— Premier jet, non barré : « Il a mal entendu^ par bonheur ». La correction : « écouté » est dans l'interligne. — En marge, depuis : «( à part, etc. Comme Olivier me traite!... » jusqu'à : « Mijlord (et non : « Seigneur » surle ms., sans correction), excusezmoi ». La mention : « Pendant ce rolIo(jue, etc. » est dans le texte. — Sur le ms., la mention : « à part » se trouve api'ès : c- Je comprends! » (et non avant). — Sur le ms., ces mots, non barrés : « ... suivi de deux valets en livrée prolectorale.... » — Toute la mention : « Une pause. — Cromwell jJaralt livré à de douloureuses pensées, etc. « est absente du ms., lequel porte simplement : " aux bouffons ». — Avant : « mon quatrain!... » Dieu\ surcharge Ciel! — Au lieu de : « Mes vers mauvais! tu mens! » le ms., non modifié, porte : « 7/ ne respecte rien! » Plus loin, il porte, également sans correction : « Mylord, de tels quatrains les auteurs sont damnés'.... Trick, bas (mot rajouté) aux autres fous. — Premier jet : «... de défendre un quatrain... » — Sur le ms. (non barré) : « Lord Roches- TER, indigné. Pour toi! comment? etc. » — Dans l'interligne, cette correction, rejetée : « ... te fouettant comme le ciel te damne..., etc. » — Premier jet: « Mais voici lord Carlisle! il vient (surchargeant ya), etc. » La

I. Noter, en passant, l'incorrection nécessitée par la prosodie : <• Mais les vers en eux-méme (pour : mêmes) ont lair fort bien tournés. »

102 THÉÂTRE DE VICTOft HLGO.

correction : « Au diable » est dans Tinterligne. — La mention : « Cromicell entraîne pn-cipitamment, etc. » est absente du ms. — Ms., sans correction : « Tout m'échappe ei non : « Tous m'échappent » . » C'est la vraie leçon, comme, plus loin : « Ai-je pas, Messieurs, dit qu'on s'amuse (et non : « ... qu'on m'amuse? »)? -> — La mention : « avec humeur '^ manque au ms. — « Saint > est une correction interlinéaire; premier jet : « ... que l'esprit même éclaire... » — Après : « Fais entrer », le ms. porte la mention mon barrée) : « Thurloe sort. » — Les mots : « avec solennilé » sont absents du ms. La fin de la scène s'est accrue d'assez importantes additions marginales. En marge du l'ol. 113 (verso), on lit vingt vers : depuis ces mots de Cromwell méditant : <' La question est grave... >• jusqu'à l'aparté de Rochester : « Il fait comme Pilate! » — « Un pécheur avec i>, correction interlinéaire, a remplacé le premier jet. non bilTé : « ... une âme avec son Dieu? » — Premier jet : « La flamme purifie.... » — Ms. (non raturé) : .« Cromwell, sans l'entendre. » — Sur le ms., sans correction : <( ... De la flamme au licol, du gibet au bùcherl » — Premier jet : « Obededom, pour nous prononcez la sentence 1 » — La mention : « avec autorité ') manque au ms. : premier jet : • çp-avement » ; ainsi surchargé : '■ aver solennité ». — Quatre vers en marge : « Pourquoi le gibet?... au moyen d'une échelle ». Ce dernier vers est ainsi libellé sur le manuscrit, non corrigé : « ... Messieurs, qu'on monte au ciel aussi par une échelle ». — Il y avait d'abord : « Le conseil privé vient pour un olijet (ces derniers mots sont raturés)... » — Variantes de la mention finale; le ms. porte : « ... devant un des tabourets en fer à cheval... et de la grande table... » Les. mots : « toujours conduit par son page » sont dans l'interligne.

Scène III. — Les trois premiers vers sont dans la marge. « Subissons » est dans l'interligne; i"^ jet : « écoutons ». — Jeu de scène; l*"" jet, barré : « Après i/n momenl de méditation... » — Premier jet, non biffé : << — pour être Roi j'ai bien peu de mérite! — >> — Lapsus du ms. : «... Et (pour En) m'accablant encor... » — Variante : « Que chacun à son tour... » — Premiers jets, non barrés : «... vos talents., votre grand caractère. Enfin., pour rehausser votre éclat personnel.... » L'édition porte : « état ». Mais le mot éclat n'a pas été changé sur le manuscrit, qui donne aussi, sans variante aucune : « Un Warwick peut régner... » — Premier jet, non corrigé, des deux vers : « Les Rich sonf ses aïeux... »

Sa race des Warwick sort dans la nuit des tems.

— Oui, nous sommes cousins, — depuis bientôt huitans!

11 est à remarquer que perpétuellement, dans Cromwell, la rédaction primitive subsiste ainsi maintenue, non barrée, au-dessous de la correction interlinéaire, l'auteur ayant remisa plus tard la réflexion et le choix définitif. — Premiers jets, non barrés :

Laissons Dieu seul porter au front un diadème.... Si vous lui proposiez votre plus jeune fille?

Les corrections sont dans l'interligne.

— Faites.,... êtes... surchargent ferez,... serez. — La mention : c< avec un rire de dédain » manque. — Premier jet, biiïé : « C'est un crime, pour lui, qu'il ne saurait comprendre.... N'y songez pas! » — Ms., sans correction : « Qu'est-ce pour un guerrier? » La mention suivante se réduit à ceci : « Il fait signe à Whilelocke de parler ». — Sur le ms. : « Wihtelocke, debout, à

part, etc. » — Le vers « Avant moi! Desborough!... » est une correction marginale. Premier jet, dans le texte : « {à pari) Un Desborough parler avant moi! — ce butor! » Leçon du manuscrit, sans correction : « Lator vient de latus, côté; d"où je relève..., etc. » et, plus loin : « Cromwell, à part et félicitant Whitelocke, etc. « — Premier jet, barré, du vers « Que Votre Altesse accepte... » : « Acceptez donc, mylord, ce nom qui vous afflige. » Dans la mention finale, les mots : « ramène son guide » remplacent, dans l'interligne, Tunique mot revient. Les mots : « descendu de son fauteuil » manquent au manuscrit.

Scène IV. — Discours de Milton. C'est le morceau que, selon le Témoin de sa vie*{Victor Hugo raconté^ chap. XLvi), Hugo lut — avec la scène où le Protecteur interroge Davenant sur son voyage — à l'acteur Talma, pour lui donner une idée de son drame. Toujours la belle copie nette que nous avons signalée. Peu de corrections.

" Sans doute, et tu diras » est une correction interlinéaire, substituée au premier jet, barré : « Tu vas me demander ». — Le vers : « Mais, aveugle et muet,... » est une correction absente du manuscrit, qui porte ce premier jet, biffé : « Mais je ne puis me taire, à voir ce que je vois », suppléé par cette correction inlerlinéaire, non raturée : -> Mais l'aveugle ne peut se taire, cette fois! » — Premier jet, non barré : -< pour loi, devant toi-même ». Au-dessus, on lit cette correction : u contre toi, pour toi-même! » — Leçon du manuscrit, sans rature : »< Vane.« (sic), Pym, qui d'un mol faisaient (au pluriel) marcher des villes ». — « Oui, ce martyr de nos droits » est dans l'interligne; 1" jet, non barré : <■ mort en défendant nos droits ». — Le ms., non modifié, porte : « Liste, Hollis, Fairfa.r,

Bradshaw, ce juge austère ». — Sur le ms. : « je a^us trouver mon rêve ». — Premiers jets : k Dans ses travaux profonds.... Au faîte de l'Etat.... » — Après : « voilà ce qu'il cherchait », on trouve, billes, deux vers qui reparaîtront plus loin, un peu changés : « Olivier, de Cromwell je te demande compte! » Variante : « De Cromwell à Cromwell je viens demander compte, Et de ta gloire enfin, etc. »

— Leçon du ms. : « Tu souris! dans ton astre... » — Premier jet, barré : « périr » (remplacé par « mourir »).

— « Ne recules-tu pas? — » est dans l'interligne; !*"■ jet, bifTé : « .le vois ton front pâlir... » — Premier jet, barré : < Maintiens nos droits en équilibre.... Fais sur Le inonde entier. » — L'hémistiche : « Sauve sa liberté » est dans l'interligne; 1"' jet : ;< Respecte ses vieux droits » (ce mot rimait avec /{ois). — Ms., non corrigé : « Mendiant h prix d'or... » — L'hémistiche : w Sois plus que roi. Remonte » est dans la marge; premières rédactions, barrées dans le texte : « Remonte, loin du trône..,. Ah ! rends ton âme auguste à sa beauté première! » — Premier jet, non barré : «... il voit mal ma fortune ». — Le<;on du ms. : « Les Rois comme Cromwell... »

Scène VI. — Les onze vers délicieux qui ouvrent la scène ont été annexés en marge, depuis : « Ah ! Francis! — ... » jusqu'à : « De grâce, dites-moi,... »

— Premier jet, bilTé : « Lady Francis, accourant. >>

— « J'ai souft'ert de nos maux » est le premier jet, maintenu. Dans l'interligne, cette correction, rejetée : « J'ai pleuré nos malheurs ». — Premier jet : «... en te parlant du roi ». La correction : « dans le procès » est dans l'interligne. — Les trois vers : « Je maudissais leur crime... jamais de moi? » ont été recopiés en marge. Le premier jet, encadré

dans le texte, oiïre un second vers (aparté) tout ditTérent :

CROMWELL, à part.

Tristes usurpateurs! à quel prix nous régnons!

— Premier jet : « Oui dit cela? J'appris à vous aimer, yesprre'? » Le mot : « j'espère », placé dans la bouche de Francis, fut biffé et rajouté au rôle de Cromwell. — Premiers jets, barrés : « Quoi! puni par ma propre famille! Trahi par mon fils yncmc et maudit par ma fille! » et : «... son doux regard, sa voix... » Au vers suivant, le ms. donne la leçon incorrecte : « Fait trembler ce Cromwell... » — « Que son cœur saurait avec effroi » est une correction interlinéaire, surmontant ce premier jet : « de quel front dire à son chaste effroi.... » — Premiers jets : « L'aspect de ma

Francis.... Àhf ne l'attrixtons pas » Le vers : «Ange

heureux! etc. » est une correction marginale; l'''jet, non raturé dans le texte : « Que mon souffle flétri (correction interlin. : empesta] n'approche pas du sien! »

Scène VI. Le ms. porte : septième.) — « Bah! » dans l'interligne, remplace Mais. — Premier jet, non barré :

A cet âge, on est fou! (soupirant) Ce nest donc plus mon tour!

Après ce vers, voici quel était le premier jet (^4 Hochester] :

Allons (correction interlin. : Monsieur), soyez discret! — Sur-

[ tout, quoi qu'il arrive, Ne me nommez jamais : on me brûlerait vive.

LORD ROCIIESTER,

Soyez tranquille : — Allez vous promener un peu!...

CKOMVVELL. 107

A partir d'ici, une partie de cette scène est enclavée sur le fol. 120, qui porte la mention: « in terc aller [sic) ceci ».

Tout cet épisode de l'argent donné à la duègne est un eflet burlesque que l'auteur reprendra dans Le Roi s'amuse. — Le ms. porte, sans correction : « Eh I la bourse était ronde.... » — Après levers : » Va-t-elle à ses côtés me faire ici moisir ? » tout l'aparté de dame Guggligoy (six vers: « Il a bon goût... sur les hanches ! ») fut rajouté dans la marge. Le premier jet, bifle dans le texte, était cette réflexion, faite à haute et intelligible voix par Lord Rochester : « {Haut.)

Jamais fille de Roi, pour suivante et pour dame, N'eut une Arsénia plus belle, sur mon àme!

DAME GUGGLIGOY.

Vous trouvez?... etc.

— Le ms. porte, sans corrections : « Vos yeux auraient rendu, même dans ce bel Age,... » et : « Je ne veux qu'un époux qui me parle de même. ... — Elle veut un épou.v 1 » — Après l'aparté de Rochester, « Encor ! le sang me bout », se termine le feuillet 120, enclavé. Les treize vers de dialogue qui suivent (« Qu'ont donc pour vous charmer.... — Surtout, quoi qu'il arrive,... ») figurent dans la marge de ce fol. 120. Le ms. porte : « Quel attrait trouvez-yon?> à l'air de ces minois? » — La mention : >< et la regardant sortir » est absente du ms. Et la scène se terminait par cette première rédaction :

DAME GLGGLIGOV, bas à Loid Rochester.

Je reste à deux pas. (Elle sort.)

LORD ROCHESTER à part.

Bon ! — hasardons l'aventure!

Scène VU. — Les mots : « et pensive » manquent. Le ms. j3orle : u à port ». — Dans le vers : «^ Elle ne voit en moi qu'un pédant tète-ronde 1 » le mot pédant est dans l'interligne, surmontant docteur (non raturé^. — Sur le ms., sans correction : « Vous voi/ez devant vous une de vos victimes >^. — « Vous me comblez de joie >> est une correction interlinéaire, remplaçant le premier jet (barré) : « Vous me rendez la vie ». — Sur le ms., sans correction : « Il veut prendre la main... » Les mots : « par la robe » manquent. — « Oue n'ai-je à vous olTrir.... », correction interlinéaire, remplace le

premier jet : <• Je dépose à vos pieds » — Sur le ms.,

sans corrections: « Serez-vous donc plusâuve... »et: " J'ai traversé l'Asie.... >> Le nom propre Ophis surcharge un autre nom. — « Cruelle ! » fut substitué au premier jet Imjrate ! et « Continuons » aux deux mots (barrés) : Mais poursuivons. — Après : « Mais, à défaut », du fer le surcharge d'épée un. — Point de corrections dans les vers précieux qui suivent, dignes de Cyrano de Bergerac : c'est du Scudéry tout pur, du Rostand anticipé : « Écoutez votre esclave, ù divine Mandane I etc. » — Premier jet, non raturé : « Vos discours insolents... »

Scène' VIII. — Mots rajoutés : " puis Dame Gug- GLIGOY » . — Premier jet du premier hémistiche : « Cromwell ! Je suis perdu ! » La correction est dans l'interligne. — Premiers jets, non barrés ou barrés: << Que ne parliez-vous donc tout de suite, mon cher?... un vieux monstre à damner !... Un spectre à faire fuir les bêles carnassières !... » Les corrections sont dans l'interligne.

Scène IX. — La division manque au ms., ainsi que la réflexion de Rochester : i< Ah! la transition est imprévue et rude! » qui est un aparté rajouté. —

GROMWELL. 109

Après la remarque de Cromwcll, " Elle l'ait la prude ! » le manuscrit, non raturé, porte :

DAME GUGGLIGUY, so trainant sur les genoux.

Vrai, comme j'ai IreiiU; ans à la, SaiiUe-(J»'rLrude! Non....

CROMWKLL, la lolovant.

Maître Obededom est de nos bons amis....

Les trente ans ont disparu, comme trop burlesques; la duègne, si coquette qu'on la suppose, ne pouvait se rajeunir aussi scandaleusement. — Le vers de la Guggligoy : « Peut-il donc aspirer à la beauté qu'il aime ? » est une correction marginale remplaçant ce vers, que prononçait Cromwcll : « Ne criez point. Il peut avoir celle qu'il aime. » Le dialogue continuait ainsi (les corrections sont en marge) :

DAME GUGGLIGOY.

Et qui donc aime-t-il ?

GROMWELL.

Gomment? Vous!

DAME GUGGLIGOY.

Moi!

GROMWELL.

Vous-même.

Toute cette scène comique fut fortement remaniée, amplifiée. Les allongements figurent dans la marge du fol. 124, verso (depuis : « C'est donc pour cela?... » jusqu'à: « Sachez Oue l'honneur... »). A partir deces derniers mots jusqu'à : » Il faut vous marier... — » le dialogue est écrit sur un petit papier rajouté (fol. 125), collé entre les deux grands feuillets 124 et 120, au haut de la page. Nous observerons, pour Cronuccll comme pour beaucoup d'autres drames, Rwj-Blas

UO THÉÂTRE DE VICTOrx HLGO.

notamment, que c'est de préférence l'élément comique qiie l'on trouve ainsi, comme systématiquement et de parti pris, appliqué postérieurement, enclavé après coup dans la rédaction primitive , trop sérieuse et d'allures trop classiques au gré de l'auteur relisant son œuvre. — A signaler, au cours de cet intermède plaisant, les variantes que voici. Après ce vers (barré), adressé par Dame Guggligoy à Rochester : « C'est donc possible?... Viens, bijou, que je t'embrasse ' ! » on lit : « Elle s'avance vers Rochester, qui recule iVabord, et se résig^ie enfin. »

LORD ROCHESTER, à part.

Je suis prêt, à mon tour, à lui demander grùce.

DAME GUGGLIGOY, à part.

Au fait, je ne suis pas si digne de dédain -,

Quand j'ai ma mante noire et mon vertugadin,

Mes nœuds d'amour, les bras bien couverts par mes manches,

Et mes deux tonnelets ajustés sur les hanches.

Je commence à comprendre : il m'aura vue ainsi!

Après ces mots de Rochester : « Je ne puis vous dire le contraire », on lisait : « {à part.) Ouel embarras! »

DA.VIE GUGGLIGOY, feignant de le repousser.

Tout beau! de votre passion L'emportement ternit ma imputation !

(a part.) Il a bon goût. Je vaux d'être encor regardée, etc.

Et, après les mots : « ... sur les hanches », suivait l'exclamation de Rochester : w 0 Wilmot, etc. » Hugo fut donc assez embarrassé pour loger l'aparté grotesque de la vieille coquette se jugeant encore désirable.

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