‹ Un laboratoire dramaturgiqueChapitre 51 sur 112 · I. Uimcs ]Htrasi/cs, ei)iiiiiie disait A. ClnMiior · texte numérisé non relu

I. Uimcs ]Htrasi/cs, ei)iiiiiie disait A. ClnMiior

MAFUON DE LORME. 205

[-(■ cardinal sera furieux; mais, ma foi, Tant pis! Cola fora plaisir à Bolleijardo.

l'angely.

On pout liion, une fois, être roi par mégarde!

LE ROI, se promenant à grands pas et se frottant les mains.

Monsieur le Cardinal ! Monsieur le Cardinal ! C'est le commencement! Et vous aurej du mal! C'est une trahison que de venir en face Au fils du roi Henri rayer son droit de grâce. Dans les plis de sa robe il me prend, l'Angely, Et comme en un linceul j'y suis enseveli. Cet homme est mon sépulcre, et mes peuples me pleu-

[rent '.

— Non, non! je ne veux pas que ces deux enfants

[meurent; Vivre est un don du ciel trop visible (?) et trop beau. Dieu, qui sait où l'on va, peut ouvrir un tombeau. C'est dit. Je vais tous deux les rendre à leur famille....

Le couplet est inachevé; car le feuillet où il se continuait a disparu. Le texte actuel est récrit dans la marge, au bas de laquelle on lit ce très bon vers de comédie, mis en réserve :

Quand on coupe une têle, il faut savoir pourquoi!

Acte V [Beaugency). — Le cinquième acte est, sans contredit, le plus remanié de tous. Non que nous ayons conservé partout les traces de ce remaniement. Mais il résulte de l'étude du manuscrit que ce dernier acte fut presque complètement refait en 1831, lorsque fut représentée la pièce. Nous sommes donc en présence de deux textes : celui de 1829, dont des

4. Voyez comme l'expression de cette idée est devenue plus nette et plus ferme dans le texte définitif.

parties sont demeurées intactes ; celui de 1831, avec des modifications importantes. Ces modifications ne se bornent pas à des corrections de détail. L'ordre de certaines scènes est changé. Le dénouement surtout a subi de fortes retouches, puisque, dans la pièce de 1829, Didier marchait à Téchafaud sans avoir pardonné à j\Iarion. Le public restait ainsi sur une impression pénible. Le drame était moins humain ; moins romantique aussi, puisqu'il ne consacrait pas absolument la réhabilitation de la courtisane par l'amour. Or, l'on sait à quel point cette thèse fut chère à Victor Hugo et à son époque.

Les difierences extérieures entre les feuillets de 1829 et ceux de 1830 ne sont pas très sensibles. Le papier est identique; l'écriture est un peu plus grosse sur le manuscrit le plus récent. Mais cela ne suffirait pas toujours à les distinguer si le poète qui, décidément, songeait à nous, n'avait pris soin de dater expressément les passages ajoutés ou refaits.

Les f°* 58 et 59 du manuscrit sont datés du 24 juin 1829 '. C'est la première version. L'acte s'ouvrait par la scène entre Marion et Laffemas (actuellement scène ii).

Page 1