L'ANGELY
Vous le saurez plus tard....
De la sorte, des deux interlocuteurs, c'est le bouffon qui est le plus triste.
Les vers :
Car avec moi, vois-tu, — tu perds ta [leinc,... etc.
(soit 1:2 vers) ont remplacé, en marge, le morceau suivant, qui fut plus tard éparpillé dans la scène vi du même acte fvoir plus haut», et <jue nous transcrivons tel qu'il se présentait ici :
Moi, le premifT de Franco, en tMrc le dernier! Je changerais mon sort au suri (t'un lu'acnnnier.
.MAKION IJE LORME. 201
I.e manant est du moins libre et rui dans son bouge. Mais toujours sous les yeux avoii" cet homme rouge, Toujours là, iVun ton sec (var. : pâle et froid) me disant
]à loisir :
— Sire! il faut (jue ceci soit votre bon idaisir! Cet homme rend la bon mauvais, le mauvais pire. Comme le Roi, l'Étal, déjà malade, empire. Cardinal au dehors, cardinal au dedans, Moi, jamais! — 11 déchire Autriche à belles dents, Laisse prendre à qui veut mes vaisseaux dans le golphe
[(sic) De Gascogne, me ligue avec Gustave-Adolphe. Que sais-je? II est partout comme l'àme du roi, Emi>lissant mon royaume, et ma famille, et moi. Ah! je suis bien à plaindre! — Et toujours de la pluie!
l'angely.
Vous souffrez donc bien, Sire?
LE Ror.
Ah! bien plus! je m'ennuie...
(Rêvant) Cardinal!
l'angelv.
Voyez-vous? Vos peuples dans la nuit Vont marchant, l'œil lîxé sur un llambeau qui luit. Il est le flambeau. Vous, vous êtes la lanterne Qui le sauve du vent sous sa vitre un peu terne '.
LE ROI
Tu ris, mais tu dis vrai. C'est un phare infernal. (Var. : un sanglant fanal...), etc.
On peut juger par cet exemple du procédé, constant chez V. Hugo, que l'on pourrait appeler l'art d'accommoder les restes. .\rt miraculeux! Car il n'est pas un de ces vers qui ne soit mieux à la place nouvelle que lauleur lui a assignée.
I. (les quatre vers ont été Iraiisporlés à l'acte 11, se. i (cf. plus haut).
— Suit roraison funèbre de la fauconnerie, avec ces variantes du premier texte :
— Moi mort, cet art scrapcrdu^ comme le reste!...
— Avecle cardinal je suis toujours trop doux....
— Ils mourront. — C'est cela. — J'en ai rame attendrie. Que vas-tu devenir, pauvre fauconnerie?
Ce dernier vers remplacé par celui-ci, de TAngely :
— Sire, il faut toii!> mourir. Qu'on... (illis.) ou que Voncrie, Qu'on soit difforme ou beau, qu'on soit grand ou petit, La mort dévore tout....
Ainsi, les treize vers épisodiques oîi le fou montre au roi, par la fenêtre, la garde qu'on relève, ont été ajoutés, en marge.
— Suite des variantes :
— Lorsque nous aurons fait, durant le temps voulu, Tous trois, moi le bouffon, vous le roi....
— J'en suis. — Alors, adieu....
— Deux hommes et mon fou, pour un jeu, pour un duel! 2"= texte : Deux personnes avec mon bouffon, pour un duel!
A la place du distique :
Va, va! console-toi,... etc.
on lit d'abord celui-ci, qui sera reporté plus bas :
Crois-tu, si je voulais, que je serais le maître?
— Montaigne eût dit : Que sais-je? el Rabelais : Peut-être.
Toute la suite de la scène a été considérablement modifiée. Nous transcrivons le texte original :
LE ROI
Ainsi, mon pauvre fou, tu crois qu'ils te pendront?
L'.VNGELV, à part.
Qu'ai-je fait là! j'en ai la sueur sur le front! (Haut.) Ils me pendront, à moins que le roi ne me signe .
LK ROI
Plus que jamais je faiinc. — Ah! comme il sa résif/ne!
(S'ajjprochant du bouH'on cl s'appuyant afl'ectueuscmcnt sur son é]iaulc.)
Voifi-tu? d'iHrc (var. : Écoute, êlrc) pendu, cela fait peu
[de mal; Et puis cela fera plaisir au Cardinal.
Jl me remercîra.
L AXGELV, s'éloignant bi-us(iueinent.
Grand merci!
LE ROI
Ton office Va donc vaquer! — Allons, je fais mon sacrifice •.
L'aNGELY, à part.
Diable! (barré.)
LE ROI. Après quelques pas agités et iiKjuiets, il se frappe le front.
L'aNGELY, à part.
Je ne fais pas le mien! par le mauvais côté Il a pris tout cela. (Haut.) Mais Votre Majesté N'aurait qu'à dire un mot....
LE ROI
Qui doue me fera rire?... etc.
Ainsi présentée, la scène était un peu traînante. Nous ne pouvons qu'approuver la correction . — Enfin, le Roi fait grâce :
Donne-moi du papier!
Marion remercie :
Grâce àmoi. — (Jucls genoux....
Le Roi veut ravoir le parchemin :
Cet écrit....
l'angelv.
Quoi?
1. C'esl déjà le mol de LafTemas, à l'acte II, — Signalons ici, dans le manuscrit, une erreur de reliure, qui intervertit, le verso et le reclo du folio 53.
MARION
Grand Dieu! — Sire, venez le prendre!
Et m'arrachez le cœur!
l'angelv.
Gardez le parchemin.
Gardez-le là. Jamais il n'y mettra la main.
Et, de fait, le Roi, embarassé [sic), se contente de demander :
— Quelle est cette sxjrcnc [sicjl l'angelv.
Il n'oserait le prendre au corset de la reine!
LE ROI
Eh! bien, Madame, allez!
MARION
Dieu conserve le Roi !
l'angelv.
Et son fou! — (au roi.) Cest la sœur de ce Didier, je croi!
Après celte péripétie, l'acte est, logiquement, terminé. Hugo l'a bien compris, et quelques vers seulement serviront de conclusion. Mais il ne l'a compris qu'après avoir cédé à son goût pour le développement. C'est pourquoi nous nous trouvons en pré- .sence d'une fin d'acte un peu longue et déclamatoire, sous forme de monologue. Tout cela fut coupé, et la chute est ainsi beaucoup plus heureuse. Voici, par curiosité, ce qu'était cette fin, depuis:
... Et Montfaucon peuplé rend le Louvre désert. — Je suis ravi d'avoir fait grâce à ces deux hommes, A ces deux fauconniers. C'est l'art des genVAshommes '. (Var. : Nangis est vénérable entre les gentilshommes.) Luynes le goùlait fort. Je m'en mêle (var. : l'estime)
[aussi, moi.