roi me suit de pit'ij
Vous, porlez-lui ma tète, et vous rirez après.
DONA SOL
Il mi-nt! n'en croyez rien! •
IIERNANI.
L'occasion est belle!
.Je vous dis... etc.
[Le reste comme dans Védltion.)
Aucun valet ne bougeant, Hernani interpelle directement l'un d'eux et l'engage à devenir riche à ses dépens :
... De valet tu redeviendras liomme.
Curieuse indication, que l'auteur saura mettre à profit plus tard dans le rôle de Ruy-Blas. Qu'est-ce que Ruy-Blas, sinon un malheureux que l'état de valet faillit empêcher d'être un homme? — Après ces mots, Hernani prononçait primitivement, à l'adresse de Dona Sol, quatre vers que cite l'édition dans les notes finales.
Mais Don Ruy traite le proscrit de frère ei le nomme son hôte. En un vers de style comique, il prétend lui faire visiter sa demeure (c'est ravant-dernier vers) :
Faites à l'étranger les honneurs du château.
Scène IV. — Tout le début (douze verst, biffé sur le ms., a été remanié (cf. les variantes de l'édition i. Plusieurs vers, qui semblaient allonger outre mesure certaines tirades du rôle d'IIernani, ont élé raturés, puis rétablis itai' la menlion : hoti. (On sait que le poète se résigne malaisénionl ;ui\ su|ipressions.) (Juel(|U('s-
TH. I>K V. H. * It)
uns de ces vers sont déclamatoires; plusieurs sont fort remarquables. — Tels les passages suivants :
Ami! — >'on. je dois t'être odieux....
Croire que mon amour...
... Épouse le vieillard, te dis-je....
... Qu'on m'ait fait pour liaïr. Car je dois être seul....
... Où vais-je? je ne sais....
... Je voudrais aimer, je ne le sçai....
(A noter la vicieuse orthographe du xvif siècle, .vffl/, rimant avec insensé.)
Voici le premier jet de quatre des plus beaux vers de la scène. On constatera le goût détestable du dernier hémistiche. Les rimes ont changé, et le trait fâcheux est tombé du même coup :
Côte à côte endormis, tous sont dans la montagne! C'étaient les jdus vaillants de la vaillante Espagne! Mais, sur le dos coucliés, tous dorment sans affront. Face à face avec Dieu, dont (c ciel est le frontl
Plus loin, au cri de Doua Sol :
... Donc, ce n'était pas assez!
rimait ce vers, transformé depuis :
Au lieu de retirer le dard, vous l'enfoncez!
Le premier jet des quatre derniers vers de la scène figure dans les notes de l'édition.
Scène V. — Quelques corrections de mots, sans grande importance. Après cette réphquc de Ruy (jomez :
Avez-vous de vos jours vu rien de pareil? — Non.
suppression de quatre vers, qu'on trouvera dans l'édition.
HERNANI. 243
Au début, deux vers, moins que médiocres, ont été améliorés :
Saints du ciel! j'ai vécu soixante ans dans ma vie, J'ai vu bien des bandits compkis à faire envie....
Scène VI {dite: scène des Porlrails). — Beaucoup de noms propres ont été modifiés pour de simples raisons de sonorité ou d'euphonie. De même, retranchement d'indications scéniques.
Deux additions marginales ; de : << Cest s'y prendre un peu lard » à : « Seigneur... »; et de : « Si cous aviez coulu... » à : w Pourtant f obéirai. » — Deux ou trois vers remaniés en marge. Le manuscrit porte, sans correction :
l*ardieu! mon cousin, je t'admire!
Il y avait d "abord :
J'en passe.... — Ce seigneur, cest Gomez, mon aïeul. ... A moins de démolir le cbàleau pierre à jtierre, Le seigneur membre à membre....
.... Sois lidèle au rebelle, et rebelle à ton roi.
Les deux derniers vers (de Ruy Gomez) constituent une addition marginale.
Scène VIL — Hugo avait songé à pratiquer quel- ([ues coupures dans ce long dialogue entre Hernani et Uuy Gomez. C'est ainsi (ju'il a bille, puis déclaré /vo».s, une dizaine de vers (depuis : « Une dernière fois... » jusqu'à : « Je ne lui dirai rien »). Quelques mots corrigés. Notons encore cette variante :
Duc, c'est le dernier don que de toi je réclame. Mais, oh! qu'avec douceur s'envolerait mon àme. Si lu daignais vouloir.... de.
Plus loin, « Saints du ciel! » a remplacé l'exclamation triviale : << Eh! quai donc! »
Sur le l'euillel (|ui sépare le troisième acte du qua-
trième, on lit toute une collection de noms propres espagnols mis en réserve : Guzmd», Manriquc, Alencastre^ Sandoral, etc. Puis, des dates historiques : Jeanne la Folle, 1469, reine en 1504. — Bataille d'Obncdo, 1456. — Isabelle. — Enrique IV, 1425. — Juan II, 1405. — Doîia Elga de Aragon. — Perafan de Ribeira, duc d'Alcala. — Le comte de Silva se couvre en qualité de marquis de Mondejar. — [Silva) le duc de Hijar (?) a le privilège de dîner avec le roi d'Espagne le jour de r Epiphanie. Enfin, l'on trouve ce vers noté pour la scène i de l'acte V :
Pourpoint de comte, empli de conseils d'alguazil !
Relativement à ces notes historiques, où nous découvrons quelque chose du travail préparatoire qui a dû documenter le drame, il serait fort intéressant de pouvoir obtenir quelques renseignements sur les lectures de Victor Hugo. Dans les notes de ses pièces, lui-même affirme hautement, non sans fierté, l'exactitude absolue de ses assertions historiques. Les notes de Ihig-Blas sont particulièrement curieuses à cet égard. A-t-il puisé tout ce bagage dans les bibliothèques ? Est-il vrai, comme il l'avance quelque part, qu'il lisait surtout « les livres que personne ne lit »? A-t-il, au contraire, de par son imagination toute-puissante, vivifié et complété de simples précis, à peu près comme Alexandre Dumas voijait vivre Henri III et sa cour, à la lecture du sec résumé d'Anquetil? Nous sommes, là-dessus, réduits aux conjectures ; car, suivant une lignes de conduite à notre avis bien in(»})portune, la famille de Victor Hugo refuse <le donner la moindre indication sur le contenu de la bibliothèque (lu poète. On ne voit guère, pourtant, ce que sa gloire y pourrait perdre!
HEHNANI. 245