‹ Un laboratoire dramaturgiqueChapitre 94 sur 112 · Scène VIII. — Presque rien à noter · texte numérisé non relu

Scène VIII. — Presque rien à noter

... Je sauve tout en gagnant vingt-quatre heures.... Arrêtez ce voleur....

Vous en avez menti!...

Acte V {Le Tigre et le Lion). — La feuille de garde de l'acte V est garnie, selon l'usage, de quelques vers griiïonnés en une première inspiration.

Celui-ci, par exemple :

Elu n'aimait personne, et nous étions heuiru.r....

et (|uelques autres, à peine lisibles.

Le verso du f" G8 est également rem.pli de vers, barrés au fur et à mesure (ju'ils ont servi. Ce feuillet est des plus curieux. Car on y trouve, suivant le procédé décrit plus haut, des points de repère destinés à

guider l'auteur à travers les diverses étapes de son dénouement. Les scènes met iv de Facte Y y sont ainsi esquissées en quelques vers isolés, trouvés dès l'abord, et qui en résument les péripéties essentielles; l'auteur, ensuite, n'a eu qu'à les relier entre eux. Voici cette page, fort instructive :

... Il n'est plus temps.

Madame de Neuhourg n'est plus reine d'Espagne.... ... Vous pourrez, car cela m'est égal, Sans être inquiétés rjagner le Portugal....

... Je sufFoquais....

Je m'appelle Ruy-Blas, et je suis un laquais. • Que dit-il, Don César? — Je dis que je me nomme Ruy-Blas, et que je suis le valet de cet homme....

... Eh! bien oui, folle que vous êtes.... Et vous Vavez fait duc alin d'être duchesse.... Je crois que vous venez d'insulter votre Reine.... ... Xallez pas là, nen prenez pas la peine, J'ai poussé le verrou depuis longtemps déjà. A nous deux, nous faisons un assemblage infâme : J'ai l'habit d'un laquais, et vous en avez l'àme.... L'amour que vous donniez à la reine d'Espagne.... Ce n'est pas un laquais, c'est mieux (var. : Monsieur),

[c'est le bourreau.

En bas, se lit cette ébauche de la scène finale :

Pardonnez, — ayez pitié de moi! — Tout le jour comme un /"ou j'ai couru par la ville, Comme un fou. Bien souvent même on m'a regardé. En passant près du mail que vous avez fondé, etc.

et les quatre vers suivants.

Plus bas encore, en travers de la page, voici le dénouement (projet en vers et prose mêlés} :

Ayez pitié!...

Eh! bien oui, je pardonne, vis, j'ai besoin de toi, je t'aime....

Vous n'avez donc pas vu ce </uc je viens de faire?

KUY-BLAS. 345

N'esl-ce point là un raccourci saisissant? et n'assislc-l-on pas, pour ainsi parler, à l'éclosion de la catastrophe du drame dans le cerveau du poète?

Reprenons, à présent, l'acte V à son début, pour en noter les variantes :

Page 1