Scène I. — Monologue de Ruy-Blas
Ccst (lit. Songe cclipsé! Visions disparues!... . Tout le jour au liasard j'ai marché dans les l'ues. J'espère nvthi tenant.. . .
... la maison Me paraît bien tranquille....
... Que vous m'aurez aidé....
Qu'elle n'a rien à craindre et plus rien à souffrir....
(Il pousse un i/rnnd (h^essoir, de façon à iiitcrccpler la porte.)
Qu'il n'entre pas du moins par cette sombre porte!... Nul cloute! il n'était pas huit heures du matin....
... Mon mal est sans remède....
Je ne sais pas. J'ai mal dans les tempes.... Sa lèvre qui toucha mon front....
vSiin pas qui fait k'embler mon Time.... Son œil où se ficaioit mes yeux irrésolus....
Arrive la reine," avec — dit la note — un pardessus de couleur sombre.
Scène II. — Le manuscrit indique seulement : « Ruy- Blas, se retournant. » Le reste de la note fut ajouté à l'édition*. En revanche, avant : « Dieu! mais à chaque instant... », le manuscrit porte : « Ruy-Blas, se tordant les mains. » Ces mots ont, d'ailleurs, été effacés.
Tout le début de cette scène est recopié, sans ratu-
1. De même, plus loin, les mots : <■ Ruy-Blas, levant les bras au ciel de désespoir. »
res, sans additions. Vers la fin, quelques rares variantes :
Vous courez, en effet, quelque dançier. — Je reste. Vous voulez me tromper. — Mais non! — Pourquoi mentir? Vour tirer (var. : ôtei') ton esprit de ce qu'il imagine.... ... Quelqu'un de masqué, caché dans la muraille....
Scène III. — Épisode émouvant, capital, qui n'est point venu d'un seul jet. On s'en aperçoit, dans la deuxième partie surtout. Rappelons, de plus, que le manuscrit n'est qu'une mise au net.
Variantes :
Seule avec mon cousin, dans sa chambre, la nuit.... Le Saint-Père en serait supplié promptement....
La mention : « désignant le dehors » manque au manuscrit.
... Que seul en ce moment je sais votre aventure.... Sinon, tout est public; vous vous frappez vous-même.... Le scandale et le cloître ! — 0, que faire? — 1/ vous aime.
Vous l'aimez, il vous aime; il est, sur mon honneur.
Digne de vous, bien né....
(( Ruy-Blas, o/an/ sa robe... » (La mention : a se retournant vers Don Sa Uns te » manque au manuscrit.)
Quoique tout garrotté dans vos replis hideux.... Ah! vous m'avez pour femme offert votre servante.... Le Roi se meurt....
DON SALLUSTE
Ciel!
N'allez point par là....
Ici commence, dans l'édition, une long^ue tirade de Ruy-Blas. La version primitive était plus courte, plus énergique peut-être. Elle se bornait à ceci ' :
Marquis, jusqu'à ce jour Satan te protégea, 1. Recueilli dans l'édition ne varielur.
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Mais, s'il veut larracher de mes mains, qu'il se montre ! Oli ! de nos deux démons c'est la grande rencontre ! Avant d'exécuter le jugement de Dieu, Voyons, lève ton fiunt, que Je le voie un peu! L'amant que tu donnais à cette reine (var. : femme), traître, C'est bien mieux qu' (var. : ce n'est pas) un laquais, c'est
fie bourreau, mon maître!...
A la place de ce cri de haine, relativement simple, Hugo transcrivit, dans la marge, tout le couplet et le fragment de dialogue jusqu'à : « C'est un assassinat f » Soit, :29 vers. Le lyrisme y gagne, sans nul doute, mais non la vraisemblance; car il est difficile d'admettre que Salluste, fier et orgueilleux comme l'auteur l'a dépeint, consente, même en danger de mort, à écouter, sans broncher, une pareille diatribe de la bouche de son valet. La situation esttrop tendue, dramatiquement parlant, pour comporter d'aussi longues phrases. — Mais quoi'? Nous avons dit que Biiy- Blas esl une œuvre de transition. Il faut bien laisser la parole à l'enfant du peuple qui, longtemps persécuté, va triompher'. Cette ultime mercuriale à l'adresse du traîlre près de périr est un des eifets les plus sûrs du drame, voire du mélodrame. Victor Hugo ne le dédaigne nullement, et, cette fois, la rhétorique eut le dernier mot. Et puis, l'acte était si court-!
1. Cette idée ne se Irouve-t-elle pas en germe dans le rôle de l'ouvrier Gilbert? (Marie Tudor, 1833.)