INTRODUCTION IL
son attitude obstinément agressive, il répétera à satiété qu'il ne fait que remplir un rôle imposé par la Providence^
Les théories politiques et économiques de Lamennais sont demeurées longtemps dans l'oubli comme les rêves d'un cerveau malade. Depuis que les événements ont paru les justifier, du moins en partie, on les a étudiées avec une attention plus sympathique, et finalement on en est venu à saluer le philosophe comme un prophète des temps nouveaux et un des premiers agents de l'évolution sociale qui signale notre fin de siècle.
Deux publications récentes expriment bien ce revirement d'opinion. La première est l'étude consciencieuse, quoique trop passionnée, que M. SpuUcr a consacrée à Lamennais ^; la seconde est l'intéressant volume publié par le R. P. Lecanuet sur la jeunesse de Montalembert ^.
M. Spuller s'efforce d'établir que Lamennais, à travers les formes successives de sa pensée religieuse, a toujours prévu et voulu l'avènement de la démocratie. Longtemps il a espéré que l'Eglise se prêterait à cette transformation sociale, et c'est