XLVIII INTRODUCTION
Ce furent des années pleines d'enthousiasme, fécondes en projets généreux et grandioses, sinon en résultats durables.
Il ne suffisait pas h Lamennais d'avoir groupé à la Chênaie une élite d'esprits distingués : il voulait encore fonder h Malestroit, dans le Morbihan, une école de hautes études ecclésiastiques ^ . Denis Benoît, qu'aucune noble entreprise ne laissait indifférent, approuva fort cette idée, et, l'œuvre une fois en train, il l'encouragea même de ses libéralités.
Ces résultats déjà acquis et surtout ces magnifiques promesses auraient dû fixer l'activité inquiète de Lamennais. Mais, hélas ! la mobilité était le caractère dominant de cette nature fiévreuse.
Incapable de borner son horizon à ses œuvres de Bretagne, il prête bientôt de nouveau l'oreille aux rumeurs de la capitale. La marche des affaires publiques l'intéresse et l'attire ; les abus de pouvoir des hommes du gouvernement et surtout les servitudes imposées à l'Eglise l'impatientent et l'irritent ; il faut qu'il les dénonce à tout prix; il se croit une mission, une mission de libérateur. Cette conviction s'enracinera de plus en plus dans son esprit, et après sa séparation de l'Eglise, pour expliquer
1. V(Hr inos doux articles sur Lamennais et les études ecclésiastiques. - Revue du Clergé Jrancais^ 1*' juillet et V^ novembre 18W7.